Band 
Tome second. L - Z.
Seite
117
JPEG-Download
 

MOE

MOE '

MOELLE, s. f. Substance molle et grasse,contenue dans la concavité des os. Moelle debœuf. Tourte de moelle, ou à la moelle. Sucerla moelle d’un os. Le froid t’a pénétré jusqu àla moelle des os.

On appelle Moelle allongée, Moelle épinière ,Moelle de Vépine, Cette continuation du cer-vcÿi qui se prolonge dans la cavité de toutesles vertèbres, depuis le cervelet jusqu’à l’ossacrum.

On appelle aussi Moelle, Le dedans de cer-tains arbres, comme le figuier, le sureau. Delàmoelle de sureau . De la moelle de figuier.

11 se dit encore du dedans d’un bâton decasse. De la moelle de eusse.

On dit figurén.ent et familièrement d’Unhomme qui. par adresse ou par quelque autrevoie, en ruine un autre, en tirant de lui peu àpeu tout ce qu’il en peut tirer, qu’/l le tirejusqu à la moelle des? os, qu’il le suce jusqu'àla moelle des os.

MOELLEUSEMENT, adv. Au.fignré, d’Unemanière moelleuse.

MOELLEUX, EUSE. ad}. Rempli de moelle.Un os moelleux. Un bois moelleux.

On appelle Vin moelleux , Un vin qui abeaucoup de corps, et qui flatte agréablementle goût.

On appelle aussi Voix moelleuse , Une voixpleine, douce, et qui n’a rien d’aigre ni de dur.

On dit ûgurément,.qu Une étoffe est moel-leuse , pour aire, qu’Elle a du corps-, et qu'cllest douce quand on la manie.

On dit aussi figurément, qu’Un discours estmoelleux , pour dire, qu’il est plein de sens etde bonnes choses.

Moelleux, en Peinture, signifie Doux etagréable. Le moelleux dans le dessin , exprimeL’a douceur et le liant.des contours qu’on re-marque dans les formes. Le moelleux dans latouche, dans là ouleur, signifie Une touche,line couleur-fondue. Dans ces phrases, il estsubstantif.

MOELLON, s. m. Sorte de pierre à bâtir,dont on se sert ordinairement pour les mursde clôture, et dont on fait du remplage auxmurs de pierre de taille. Tirer du moellon de lacarrière. Une toise de moellon. Un mur cons-truit en moellon.

MOEUF. Terme de Grammaire . V. Mode.

MOEURS, s. f. plur. Habitudes naturellesou acquises pour le bien-ou pour le mal-, danstout ce qui regarde la conduite delà vie. Bonnesmoeurs. Mauvaises mœurs. Mœurs douces ethonnêtes. Mœurs corrompues. Mœurs dép'a-vees. La science des moeurs. La doctrine desmœurs. Former les mœurs de quelqu'un. Réglerses mœurs. Changer de mœurs. Rien ne cor-°*npt plus les mœurs que la mauvaise compa-3 ,,le - La réformation des mœurs. L’innocencede s *s mœurs.

.„ n C ^ t ’ suivant une formule reçue, Un. cer-tificat de iq e et ^

ië vie et de. mœurs.

mœm's. Faire information

MOI

On dit, qu'Un homme a des mœurs, pourdire, qu’il a de bonnes mœurs; et qu’/l n’apoint de mœurs , pour dire, qu’il en a de mau-vaises.

On dit proverbialement, Les honneurs chan-qent les mœurs , pour dire, qu’On s’oublied’ordinaire dans la prospérité.

Moeubs , se prend aussi pour La manière devivre, pour les inclinations, les coutumes,*lesfaçons de faire, et les lois particulières de cha-que Nation. Les mœurs d'une Nation , d’unPeuple , d'un Pays. Chaque Nation a sesmœurs . Ces peuples-là ont des mœurs bien diffé-rentes des nôtres. Moeurs barbares. Mœurs civi-lisées.

En termes de Poésie, on dit, que Les moeurssont bien observées dans une Tragédie , dansun Poème , pour dire, qu’On y a bien observéce qui concerne les coutumes du Pays et dutemps dont il est question, ou le caractère despersonnages qui sont introduits dans le Poème,i Dans l’I liade et dans l'Odyssée , les mœurs sont■ parfaitement observées. On dit, Cet écrivainpeint bien les mœurs.

On dit aussi en Peinture, que Les mœurssont bien.observêesdans un tableau , pour dire,que Les figures y sont représentées de la ma-i nière qui. convient au temps de /Histoire quien est le sujet. Et dans un sens contraire, ondit, qu’-EJles n'y sont pas observées.

On dit qu 'Une chose.est ou.quelle n'sst pasdans les mœurs de quelqu'un, d’une Nation ,' pour dire, qu'EUe est ou qu elle n’est pas con-forme à ses usage»; Cela n'est pas tout-à-faitdans nos mœurs, dans les mœurs de ce Pays-ci.

Dans le didactique, on dit, Les mœurs desanimaux, pour dire, Les inclinations des diffé-rentes espèces d’animaux, et tout-ce qui regardeleur économie.

MO F

MOFETTE. Voyez Moufette .

MO H

MOHATRA. adject. Qui ne se dit que d’uncontrat ou d’un marché usuraire, par lequel unmarchand vend très-cher k crédit, ce qu’il ra-chète aussitôt k très-vil prix, mais argentcomptant.

mo r

MOI. s. des a genres; Pronom de la premièrepersonne, et dout Nous est le pluriel. On voitpar cette.définition, que Moi est un synonymeréel de Je et de Me ; mais ce n’est pas un sy-nonyme grammatical, puisqu’il s’emploie diffé-remment , et que dans aucun cas il ne peut êtreremplacé ni par Je ni par Me, C’est ce qui seraéclairci par le détail suivant.

Moi, se joint à Je., par apposition et redu.-plicalion , pour donner plus d'énergie à laphrase-, soit qu’il vienne après le verbe, commedons ces phrases, Je dis moi , je.prétends moi ;soit qu'il précède Je et le verbe, comme dansces phrases : Moi je dis. Moi je p-étends. Mot,dont U déchire la réputation, je ne. lui aija-

MOI 117

mais rendu que de bons offices. Moi, à qui ilfait tant de mal , je cherche toutes les occasionsde le servir. Moi, ne songeant à rien , j’allaibonnement lui dire .

Quelquefois Je, ne paroît point:, mais il estsous-entendu. Moi, trahir le meilleur de mesamis! Faire une lâcheté, moi! Phrases ellipti-ques, où il est aisé de suppléer, Je voudrois!Je pourrois!

Moi , se met de même par apposition devantou après Me. Voudriez-vous me perdre , moivotre allié? Moi , nous me soupçonneriez de....'.

Il se met aussi j>ar apposition avec Nous etVous , lorsqu’il est accompagné d’un autre nomou pronom. Vous et moi nouf sommes contensde notre sort. Nous irons à la campagne lui etmoi. Il est venu nous' voir mon frère et moi.Dans ccs phrases, Moi, et le nom ou pronomqui lui est joint, sont tout ensemble l’apposi-tion et l’explication de Nous. Et il faut obser-ver que Moi , étant joint à un autre nom oupronom, ne doitparoître quel*second, Vouset moi, un tel et moi; k- moins que le nom au-quel il est joint, 11 e soit celui d une personnetrès-inférieure. Ainsi un père dira, Moi et monfilsy un maître, Moi et mon laquais.

Moi, est encore une sorte d’apposition quidétermine les pronoms indéfinis-Ce et U. C’estmoi qui vous en réponds. Qui fut bien aise? cefut moi. U n'y ont que lui et moi d'un tel avis.■Que vous resterai!? Moi.

Après une préposition, il n’y a que le pro-nom Moi qui puisse exprimer la première per-sonne. Vous servirez-vous de moi? Pense-t-onà moi? Ils auront affaire de moi. Ils aurontaffaire à moi. Cela vient de moi. Cela est à moLCela est pour moi. Je prends cela pour moi.Selon moi , vous avez raison. Vous serez rem-boursé par moi. Cela roulera sur moi. Tout estcontre moi.

Il en est de même après une conjonction.-Mon frère et moi. Mon frère ou moi. Monfrère aussi-bien que moL Ni mon frère ni moi-.

* Personne que moi. JVul autre que moi.

Quand le verbe est k l’impératif, et que lepronom qu’il régit n’est point suivi de la parti-cule En , c’est Moi qu'il faut employer après leverbe, soit comme régime simple, Louez-moi,lécompensez-moi - soit comme-régime composé,oii la préposition À est sous-entendue. Rendcz-moi compte. Dites-moi la vérité. Et alors Moise joint au verbe par un tiret.

Quelquefois, mais dans-le discours familierseulement, il se met par redondance, et pourdonner plus de force k ce qu’on dit. Faites-moitaire ces qens-lû, Donnes-leur-moi sur lesoreilles.

Dans le même cas , le pronom Moi semet après l’adverbe de lieu Y , soit comme-régime simple du verbe, soit comme régimecomposé. Vous allez à l’Opéra , menez-y~fnoi.Vous allez en voiture , donnez-y-moi uneplace ..Voyez Me. Au contraire, /adverbe Y , dans le-même cas, se met après-le.pronom Nous. Mc -nez-nous-y. Donnez~nous-y une place.

À .moi. Sorte d exclamation, pour faim ve*-