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Tome second. L - Z.
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pour principe ]es seules lumières de la raison.Il ne suffit pas d'avoir les vertus morales, ilfaut encore avoir les vertus chrétiennes .

On dit, Cela est fort moral , pour dire? Celarenferme une morale fort saine.

On dit d’Un Prédicateur, qu’/ï est fort mo-ral , pour dire, qu'il traite bien ce qui regardeles mœurs*, et que c’est à quoi il s attache da-vantage.

On dit, Certitude morale, pour dire, Certi-tude fondée sur de fortes probabilités, tellequ’on peut l’avoir‘dans les choses ordinaires dela \ie. Et dans celte acception, Certitude mo-rale s’oppose ordinairement à Certitude physi-que. On n’en a point de démonstration rigou-reuse, mais seulement une cei'titudc morale.

On dit substantivement et au masculin, Lemoral, pour dire, La disposition morale. Lephysique influe beaucoup sur le moral , et lemoral sur le physique.

MORALE. subsl. f. La doctrine des mœurs.Bonne morale. Méchante morale. Morale cor-rompue. Morale dépravée. Morale dangereuse.Morale relâchée. La morale des Païens. La mo-rale chrétienne. La morale de Jésus-Christ .La morale de l'Evangile . Il renverse toute lamorale. Traité de morale. Il s'est fait tin étrangesystème de morale.

Morale , se prend quelquefois pour Untraité de Morale. La Morale d'Aristote. Aristote dans ses Morales .

MORALEMENT, adv. Suivant les seules lu-mières de la raison. En ce sens il ne se jointguère qu’avec le verbe Vivre, comme en cesphrases, On peut trouver des gens qui viventmoralement bien, quoiqu’ils ne soient paséclairés des lumières de la foi. C'est un hommequi ne fait tort à personne, et qui vit morale-ment bien.

• On dit, Moralement parlant, pour dire,Vraisemblablement et selon toutes les appa-rences. Cela est vrai moralement parlant.

Ou dit dans le même sens, Cela esi morale-ment impossible.

MORALISER, v. n. Faire des réflexions mo-rales. Il y a bien de quoi moraliser sur fous lesévènemens qui arrivent tous les jours dans lemonde.

MOR A LISEUR . s. m. Celui qui affecte deparler morale. Il ne se dit guère qu’en plaisan-terie. C'esf «n grand moraliseur, un morali-seur éternel.

MORALISTE, s. m. Écrivain qui traite desmœurs. Un bon moraliste.

MORALITÉ, s. f. Réflexion morale. U y t ade belles moralités à tirer de cette histoire.

Il sc prend aussi pour Le sens moral qui estenveloppé sous quelque discours fabuleux. Il ya une belle moralité cachée sous celte fable.

On donnoit autrefois le nom He Moralités à^rtaincs pièces de théâtre.

On appelle Moralité des actions humaines,I.e rapport de ces actions avec les principes de

morale. La moralité d’une action suppose la’ibcrté,

Mohauté chrétienne , se dit Des réflexionsTome IL

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conformes aux principes et à l’esprit de la Re-ligion chrétienne.

MORBIDE, adj. des 2 genr. Terme de Pein-ture. Il se dit particulièrement Des chairs mol-lement et délicatement exprimées.

MORBIDESSE. s. fém. Terme de Peinture .emprunté de l’Italien Morbidezza. Mollesse etdélicatesse des chairs dans une figure.

MORBIFIQUE, adj. des 2 genres. Terme deMédecine. Qui cause la maladie. Humeur mor-bifique.

MORCEAU, s. m. Partie séparée d’un corpssolide et continu. Un morceau d'étoffe, un mor-ceau de bois, de pain, etc. Couper par mor-ceaux. Mettre en morceaux. Cela n'est fait quede pièces et de morceaux.

Il désigne particulièrement une portion sé-parée d’une chose solide et bonne à manger.Gros morceau. Petit morceau. Bon morceau.Morceau délicat, friand. Morceau de pain.Morceau de viande. Manger, mâcher, avalerun morceau. Couper un morceau. Couper unaloyau par morceaux. Vous faites les morceauxtrop gros. Faire de Vexcrcice après le repaspùur abattre les morceaux, c’est-à-dire, Pourmieux faire la digestion. Il est du style familier.

, On dit, qu’Uu homme aime les bons mor-ceaux, pour dire, qu’il aime la bonne chère.

On dit, Doubler les morceaux , doubler sesmorceaux, mettre les morceaux en double.pour dire, Se hâter de manger.

On appelle Le morceau honteux , Le mor- iceau qui reste le dernier au plat. Il est familier.

On dit proverbialement, que Les premiersmorceaux nuisent aux derniers, pour dire,que l’on ne peut plus manger à la fin du repas, iquand on a bien mangé au commencement. {

On dit, que Quelqu’un s'endort le morceaudans le bec, le morceau ù la bouche, pourdire, qu’il s’endort , qu’il va se coucher aussi- •tôt après le repas. U est familier.

On dit figifïément et familièrement, S'ôterle morceau, les morceaux de la bouche, pourdire, Se priverdu nécessaire pour secourir ouobliger quelqu’un.

On dit, Manger un morceau, pour dire,Faire un repas fort léger. il’ai mangé un mor- [ceau avant que de partir. 1

On dit hgurcment, Tailler les morceaux « :quelqutin, pour dire, Régler, prescrire la dé-pense qu’il doit faire. U est du style familier.

On dit, Rogner les morceaux à quelqu’unpour dire, Diminuer ses profits, ses revenus ; !et Compter les morceaux à quelqu’un, pourdire, Ne lui donner que le juste nécessaire.

On dit aussi, Tailler les morceaux biencourts à quelqu’un , pour dire, Lui faire sa ;part bien petite. Il est du style familier.

On dit <TUn homme qui vk de son revenu,et qui n’en a précisément qu autant qu’il lui enfaut, qu’Jl a ses morceaux tailles, que sesmorceaux sont taillés. U n’est que de la con-versation.

On dit aussi figurément, qu’Un homme ases morceaux taillés, pour dire, qu’On lui aprescrit précisément ce qu’il avoH a faire, et

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qu’il ne peut rien faire de plus. Vous voulezqu'il vous accorde telle chose, il ne le peut pas,il a ses morceaux tailles. Il est familier.

On dit proverbialement, Morceau avalé n'aplus de goût, pour dire, qu’Un service estbientôt oublie.

On appelle Le morceau d’Adam , Cette pe-tite éminence qui paroit au gosier des hommes.Il est populaire.

Morceau , signifie aussi, Portion, partienon séparée d’un corps solide et continu. Mor-ceau de terre. Voilà un beau morceau d'héri-tage. Tout son bien est en petits morceaux.

En parlant d’Une succession, l’on dit, qu 'Unhomme en a attrape tm bon morceau , pourdire, qu’il en a eu ho 11 ne partie.

Il se dit aussi Des parties d’un ouvrage dWprit. Il y a de beaux movceaux_ dans ce Pané-gyrique, dans ce Poème.

Morceau , se prend quelquefois pour unepièce entière qui ne fait point partie d’un tout ;et alors il ne sc dit que des ouvrages de la mainou des productions de l’esprit. Le Panthéon estun beau morceau d’Architecture. La colonnadedu Louvre est un beau morceau. Voilà un beaumorceau de Sculpture, de Peinture, d'Orfèvre *rie, etc. Ce sermon, cette harangue est un mor-ceau achevé. Cetle élégie, cette églogue, sont debeaux morceaux de Poésie. Ce motet est unbeau morceau de Musique.

On dit familièrement, Cette acquisition estun morceau trop cher, ou, C est un morceau dsPrince. Vous ne tâterez pas de ce morceau-îà.-

On dit figurément et familièrement d’Unechose qu’on ne regrette p?s. Ce n'étoit pas mamorceau bien friand • et d’uue jolie personne,C’est un friand morceau , un morceau de Roi .

MORCELER, v. a. Diviser par morceaux. Ilne se dit guère qu’en ces phrases : Morcelerune terre. Morceler un héritage. Il ne fautpoint morceler cette terre, il faut qu’un dejious Vait toute entière.

Morcelé, ée. participe.

On dit figurément, Un style morcelé, Coupépar petites phrases, par opposition à un stylepériodique et nombreux.

MOKDÀCITÉ. s. f. Terme didactique. Qua-lité corrosive, par laquelle un corps agit surun autre, et le dissout en tout ou en partie. Lamordacitê de Veau-forte vient de son acidité.

Il signifie au figure', Médisance aigre et pi.»quaute. Dans ses épigrammes , dans ses écrits,il y a une grande mordacitê, une mordacitêrévoltante.

MORDANT, ANTE. a'dj. Qui mord. En ter-mes de chasse, on appelle Bêtes mordantes , Leblaireau , le renard, l’ours, le loup, la lou-tre j etc.

Ii s’emploie aussi au figuré. Un acide mor-dant. C'est un esprit mordant. Il a l’humeurmordante. Style mordant.

MORDANT, s. m. Chez les Doreurs, c'estun vernis qui sert à retenir l’or en feuilles quel’on applique sur du cuivre, du bronze, etc.Mordant, en Teinture, est une liqueur qui fixela couleur sur la toile.

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