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Tome second. L - Z.
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MOU

froid après avoir eu chaud- Ce cheval jette desnaseaux , mais ce n'est qu'une morfondure.

MORGELÏNE ou USINE. s.f. Plaute dontil y a un grand nombre d’espèces. La plus usitéeen Médecine ressemble beaucoup au mouron.

MORGUE, s. f. Mine, contenance grave etsérieuse, où il paroit quelque fierté , quelqueorgueil. Avoir de la morgue.

Ou:'dit d’Un homme qui failles fonctionspubliques de sa Charge avec une gravité affec-tée, que C’est un homme qui sait bien tenirsa morgue.

MORGUE, s. f. Endroit h l’entrée d’uneprison, ou 1 on tient quelque temps ceux queIon écroue, afin que les Guichetiers puissentles regarder fixement pour les reconnoitre en-suite. On la tenu long-temps à la morgue.

On appelle aussi Morgue , ou plutôt BasseGeôle, Un endroit au Châtelet, où les corpsmorts dont la Justice se saisit, sont, exposes àla vue du Public, afin qu’on les puisse rccon-noître. On a porté ce corps à la morgue.

MORGUER. v. a. Braver quelqu’un en leregardant d’un air fier et menaçant. Tl le mor-gue partout. Est-ce pour me morguer ce quevous en faites?

Moiïsué , ÉE. participe.

MORIBOND, ONDE. adj. Qui va mourir.Il étoit moribond. Elle est moribonde.

On dit, qu’Un homme est tout moribond,pour dire,, qu’il est dans un état de langueur,comme s’il alloit mourir.

MORICÀUD, AUDE . adj. Qui a le teint découleur brune. Il est moricaud.

On s'en sert plus ordinairement au substan-tif. C'est un moricaud, un gros moricaud . Unepetite moricaude qui ne déplaît pas.

Tl n’est que du style familier, dans les 'deuxeas.

MORIGÉNER, v. act. Former les mœurs,Instruire aux bonnes mœurs. Un père est biencondamnable , quand il 7Ïa pas soin de bienmorigéner ses enfans.

U signifie aussi, Corriger, remettre dans1 ordie et dans le devoir. Si vous manquez àvotre devoir , je saurai bien vous morigéner.

Morigéné, ée. participe.

MORILLE, s. f. ( On mouille les L. ) Sortede champignon qui vient au Printemps, et quia de petites cavités comme une éponge, ouoomiqp un rayon de miel. Les mondes sont plusrares et plus délicates que les champignons.Morille jaune. Morille fraîche. Un ragoût demorilles.

MORILLON, s. m. Sorte de raisin noir.

MORILLONS, s. m. pl. Émeraudes brutes,qui se vendent au marc.

MOR1NE. s.f. Planta ainsi nommée du nomde Morin, célèbre Médecin de Paris .

MORION. subst. m. Sorte d'armure de tèteplus légère que le casque.il n'avoit qu'un sim-ple morion. Ce mot nùst guère en usage qu’euparlant de l'armure de l’ancienne chevalerie.

Morion, est aussi une espèce de punitiondont on se servoit autrefois à l'égard d 'S sol-dats, en les frappant sur le derrière avec îa

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hampëd’une hallebarde, ou avec la crosse d'unmousquet. Donner le morion.

MORNE, adj. des 2 genres. Triste, sombreet abattu. Il a le visage morne . Il est pensif etmorne.

On dit figurément d'Un temps obscur etcouvert, que C'est un temps triste et morne.

On dit aussi, Une couleur morne ; un mornesilence.

MORNE, s. m. On donne ce nom en Améri-que aux petites montagnes. Le morne au Bœuf .Le morne de la Calebasse.

MORNÉ, ÉE. adj. Terme de Blason . I! sc ditDes lions et autres animaux, sans dents, bec,langue, griffe et queue. En termes de Cheva-lerie, il se dit Des armes dont le fer étoitémousse', qu’on appeîoit aussi Armes courto.ses.

MORNIFLE. s. f. Coup de la main sur levisage. Il lui a donné une momifie. Il est po-pulaire.

MOROSE, adj. des 2 genres. Chagrin, diffi-cile, bizarre. C’est un homme très-morose. Uncaractère morose.

MOROSITÉ, s. f. Caractère morose. C’estun homme d’une morosité insupportable.

MORPION, s. m. Sorte d’insecte, de ver-mine, qui s’attache d’ordinaire aux endroitsdu corps où l’on a du poil. On fait périr lesmorpions avec de Vonguent mercuriel.

MORS, subst. m. Assortiment de toutes lespièces de fer qui servent à brider un cheval,comme les branches, la gourmette, etc.

Il se dit en particulier De la pièce gui seplace dans la bouche du cheval pour le gouver-ner. Mors rude. Mors doux. Mors à ùossettes.Les branches , les bosseites d’un mors. Ce morsblesse la bouche de ce cheval. Il lui faut unmors plus doux. Il faut un mors plus fort , plusrude , ce cheval. Un cheval qui joue , qui sejoue, qui badine avec son mors, qui mâche sonmors.

On dit, q u'Un cheval prend le mors auxdents , pour dire, que Sa bouche est tellementéchaufiée, qu’elle est absolument insensible, etqu’il s’emporte, sans que le cavalier ou le co-cher puisse le retenir, le mors n’opérant pasplus d’effet sur les barres, que si le cheval letenoit serré entre les dents. Ces chevauxprirent le mors aux dents, el entraînèrent lecarrosse.

Il se dit aussi figurément et familièrementDe ceux qui, ayant été dans l’indolence oudans le désordre, prennent tout d’un coup larésolution de se corriger, et qui l’effectuent.Ce jeune homme étoit paresseux , il a pris lemors aux dents, il travaille fort bien . Il se ditaussi en mal.

MORSURE, subst. fém. Plaie, meurtrissure,marque faite en mordant. Grande morsure.Morsure dangereuse. Morsure envenimée. Lamorsure d'un chien enragé. Guérir une mor-sure.Guérir d’une morsure. Morsure de cheval.Morsure de puce.

Il se dit aussi de l’impression que font surla peau certains insectes.

MORT. s. f. La fin, îa cessation de la vie.

MO R :lot

Mort îïaiurelle. Mort douce. Mort violente.Mort tragique , funeste , déplorable. Mort glo-rieuse. Sainte mort. Mort ignominieuse , hon-teuse, infume, malheureuse. Mort subite, sou-daine. Mort précipitée. Mort prématurée. Mortavancée. Tl est mort de la mort des Justes. Lamoi't des Saints est précieuse devant Dieu . Il along-temps combattu contre la mort. Craindrela mort. Souhaiter, désirer la mort. Coui-ir àîa mort. Attendre la mort en patience. Affron-ter, braver la mort. Avoir toujours la mort de-vant les yeux. Envisager la mort avec fermeté.Le jour de sa mort. À Vheure de la mort. Lesapproches, les transes, les frayeurs de la mort.Le hoquet de la mort. Condamner « mort. Con-damner à la mort. Toutes les voix allaient hla mort , ont été à la mort. Le Procureur Géné-ral a conclu à la mort. On l’a jugé à moi f.Souffrir la mort.

On l’emploie figurément. Les réquisitionsforcées sont la mort du commerce. Le mono-pole est la mort de Vindustrie.

On dit, Mourir de sa beÜe mort , pour dire,Mourir de sa mort naturelle. Il est du style fa-milier.

On dit, Faire une belle mort, faire une moii.chrétienne, pour dire, Mourir avec tous les sen-timens d’un véritable Chrétien.

On appelle Sentence de mort, Ait et de mort ,Une condamnation qui porte la peine de mortIl est appelant d'une Sentence de mort.

On dit, Celte affaire va à la mort , pourdire, Elle doit finir par un arrêt de mort.

On dit, qu’l/n homme est à l’article de lamort, pour dire, qu’il est h l’agonie.

On dit, qui lest entre la vie et la moit,pour dire, qu’il est dans un fort grand péril,par maladie ou par accident. Pendant cette tem-pête, nous fumes deux jours entre la vie et lamort.

On dît, Être malade à la mort, ou simple-ment. Être « la mort, pour dire,Etre fort ma-lade et près de mourir.

On appelle La mort de l’âme, L’état où l’âmetombe par le péché.

On appelle Mort civile, La privation desdroits et des avantages de la société civile. Lebannissement à perpétuité est une mort civile.

À Mon t. Façon de parler adverbiale. Mettreà mort , combattre à mort. Blesser ù mort. Hfut frappé à mort.

On dit, Mettre à mort , pour dire, Fairemourir.

On appelle , Combat n mort , Un -combatqui ne doit se terminer que par la mort d’undes combattans.

On dit de quelqu’un, qnTÎ est frappé àmort , pour dire, qu’il est attaqué d’une mala-die dont les symptômes annoncent une mortcertaine.

On dit aussi, Haïr à mort,et haïr. a la mort,pour dire, Ha'ir extrêmement.

On ditaussi,qu ’ U ne chose déplaît àla-morl,qu’on s’ennuie à la mort , pour dire, qu’Unechose déplaît beaucoup, et qu’on s’ennuie ex-cessivement.

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