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Tome second. L - Z.
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13a MO R

On dit, Eri vouloir à la mort à quelqu'un,pour dire, Lui vouloir beaucoup de mai.

On dit familièrement, en termes de Jeu,Jouer à la mort de telle somme, pour dire)Jouer jusqu’à ce que telle somme soit perdue.

On dit, qu’0?i ne pardonnera ni à la vie,ni à la mort, pour dire, que L’on conserveratoujours son ressentiment.

On dit, Je suis votre ami à la vie et à lamort , je suis à vous à la vie et à la mort , pourdire. Je suis votre ami pour jamais, je suis àvous pour jamais.

On dit, dans le meme sens,d’Une amitié in-dissoluble, que C’est ù la mort et à la vie.

On dit familièrement et proverbial. d’Unhomme, qu’ft a la mort entre les dents, pourdire, qu’il est fort vieux ou fort malade, qu’ilne sauroit vivre long-temps. Il a la mort entretes dents, il songe encore ci bâtir.

On dit aussi, qu’Un homme a la mort surles lèvres, pour dire, qu’il a le visage d’unmourant.

On dit proverbialement et figurcment, .Tprèsla mort, le Médecin, pour dire, Un remède,un secours tardif.

On dit poétiquement et dans le style sou-tenu, Appeler la mort à son aide, pour dire,Désirer la mort vivement.

On dit proverbialement, Il ya remède àtout, fors à la mort.

On dit encore proverbialement, que Lamort n*a pas faim , en parlant De quelqu’unqui paroit très-infirme, et qui ne meurt point.

On dit de même d‘Un malade très-maigre,et presque consumé, La mort fera un pauvrerepas.

On dit d’Un valet qui est long à revenir desendroits où on l’envoie, qn'Il scroit bon à allerquérir la mort. Il est populaire.

Mort , se dit, par exagération, Des grandesdouleurs, La goutte lui fait souffrir mille morts.

On le dit aussi Des grands chagrins. Ce.filsdénature lui donne la mort. La disgrâce de sonami lui a mis la mort dans le cœur. Il souffremort et passion. On dit aussi, Ce Prédicateurhésitoit ci chaque moment, ses amis souffi oientj mort et passion de l’entendre.

On dit figurément, C’est 'une mort' qued’avoir affaire à un tel homme, que de pour-suivre une telle affaire, pour dire, que C’estune grande peine, une grande misère.

On dît en jurant, et par forme de menace,Par la mort.

Les Poètes et les Orateurs personnifient lamort, et les Peintres la peignent sous la formed’un squelette armé d’une faux.

On appelle Mort aux rats, Une drogue dont«n se sert pour faire mourir les rats.

MORTADELLE, s. f. Espèce de gros sau-cisson qui vient d’Italie. Mortadelle de Bologne .Mortadelle de Florence .

MORTAILLABLE. adj. des 2 genres. Quise dit <Je ceux qui sont serfs de leur Seigneur,et desquels il hérite.

MORTAISE, s. f. Entaillure faite dans unepièce de bois de menuiserie ou de charpenterie,

MOR

pour y recevoir le tenon d’une antre piècequand on les veut assembler. Petite mortaise.Grande mortaise. Faire une mortaise. Ouvrageassemblé ci tenons et mortaises. Plusieurs disentMortaise.

MORTALITÉ, s. f. Condition de ce qui estsujet à la mort. Il ne se dit que dans le dogma-tique. Epicure croyoit la mortalité de Vdme.Le fils de Dieu s’est revêtu de notre mortalité.

Mortalité, se prend plus ordinairementpour la mort de quantité' d’hommes ou d’ani-maux qui meurent d’une môme maladie. Lamortalité se mit dans les troupes. La mortalitéa été grande en ce Pays-là. La mortalité estsur le bétail , s’est mise sur le bétail, dans lebétail, sur les bestiaux. Il y a dans cette villeune grande mortalité.

MORT-BOIS, Voyez Bois.

MORTE-EAU. s. f. Terme de Marine. Bassemarée entre la nouvelle et la pleine lune.

MORTEL, ELLE. adj. Qui cause la mort,ou qui paroit la devoir causer. Maladie mor-telle. Coup mortel. Plaie mortelle. Blessuremortelle. Poison mortel.

On appelle Péché mortel, Le péché qui ôlela grâce de Dieu , et qui donne une espèce demort à l’Ame . Il faut se garder avec grand soindes péchés véniels , parce qu’ils disposent aupéché mortel.

Mortel, signifie quelquefois, Extrême, ex-cessif dans son genre; et il ne sc dit jamaisqu’en mal, comme dans ces phrases, Hainemortelle ; inimitié mortelle ; déplaisir mortel ;douleur mortelle ‘ un froid moi'tel.

On dit, U y a dix mortelles lieues de cetteVille-là ci l'autre, pour dire, Dix lieues lon-gues et ennuyeuses. J’ai attendu deux mortellesheures dans une antichambre.

On dit, qu 'Un homme est Vennemi morteld’un autre, pour dire, qu’il le hait à la mort.

Mortel, signifie aussi, Qui est sujet à lamort. Tous les hommes sont mortels. Le corpsest mortel. Cette vie mortelle est pleine de mi-sères. Epicure a cru Vdme mortelle.

On dit, qu'Un homme a quitté sa dépouillemortelle, pour dire, qu'il est mort.

Mortel, est aussi substantif, et signifie,Homme. C’est un heureux mortel. Les pauvresmortels. Les misérables mortels. Elle n’a pasVair d’une mortelle.

MORTELLEMENT, adv. A mort. Il estblessé mortellement, malade mortellement.

On dit, Pêcher mortellement, pour dire,Commettre un péché mortel.

Il signifie aussi Grièvement. Offenser mor-tellement quelqu’un.

On dit,J/aïr n^'rtellemcnt, pour dire, Ex-cessivement. Cet homme est mortellement en-nuyeux.

MORTE-PAYE. Voyez Paye.

MORTE-SAISON, s. f. Temps où VArtisanne travaille pas, parce qu’il manque d’ouvrage.

MORT-GAGE. s. m. Terme de Jurispru-dence . Gage dont on laisse jouir le créancierengagiste, sans que les fruits dont il jouit soientimputés sur la dette.

MOR

MORTIER, s. m. Mélange de terre, de sableou de ciment, avec de l’eau, ou avec de lachaux éteinte dans 1 eau. Faire du mortier. Dumortier de terre. Mortier de ciment. Mortier cichaux et et sable, à chaux et à ciment.

MoRTrEn, est aussi une sorte de vr.se qui estfait de métal, de pierre, de bois, etc. et dont onse sert pour y piler certaines choses. Un mor-tier de fonte. Un mortier de marbre. Un mor-tier de bois. Le pilon d’un mortier.

Ôn appelle Mortier , dans l’Artillerie, Unecertaine pièce de fonte qui est faite à peu prèscomme un mortier à piler, et dont on se sertpour jeter des bombes. Mettre la bombe dans lemortier. Charger le mortier. Mettre le feu a:imortier. Batterie de mortiers.

On appelle aussi Mortier , Une espèce debonnet rond de velours noir, bordé par en hautd’un large galon d’or, et que le Chancelier deFrance et les Présidens des Parlemens portentaux jours de cérémonie pour marque de leurdignité. C’est de là qu’est dérivé le nom qu’onleur donne de Présidens à mortier. Le mortier,du Premier Président est bordé de deux galonsd’or, l’un en haut, Vautre en bas. Une chargede Président à mortier. Les Chanceliers deFrance ont aussi un mortier qu\ est d'étoffe d'oravec un bord d'hermine.

On appelle encore Mortier , ou Mortier deveille , Un morceau de cire qu’on met dans unvase de terre ou de métal, et dans lequel il y aune mèche qu’on allume pour avoir de la lu-mière toute la nuit.

MORTIFÈRE, adj. des 2 genres. Qui causela mort. Un poison , un suc mortifère. Il u’estguère en usage que dans le didactique.

MORTIFIANT,ÂNTE. adject. Qui mortifieen causant un chagrin, de la confusion. C’est,une chose bien mortifiante que de se voir préfé-rer un inférieur. Il est bien mortifiant d’essuyerdes reproches non mérités. Y a-t-il rien déplusmortifiant?Des humiliations mortifiantes.

MORTIFICATION. s. f. Action par laquelleon mortifie son corps, ses sens, ses passions.La mortification est necessaire à un Chrétien.On ne va au ciel que par la voie des mortifica-tions. La mortification de la chair, des sens ,des passions.

Il signifie aussi Le chagrin, J’aflliction qu’vadonne à quelqu'un par quelque réprimande,ou par quelque procédé dur et fâcheux. Il areçu une grande , une cruelle mortification. Onlui a donné de grandes mortifications.

Lorsqu’on parle chrétiennement des accidensfâcheux qui arrivent dans la vie, on dit, queCe sont des mortifications que Dieu nous en-voie.

En termes de Chirurgie , on appelle Marti -f cation des chairs, L’état des ch airs qui 11e par-ticipent plus à la vie de l’animal, et qui sontprès de se gangrener.

MORTIFIER, v. a. Faire que de la viandedevienne plus tendre. Mettre de la viande àl’air pour la mortifier. Le grand air mortife laviande. Celte perdrix n’est pas encore usiezmortifiée.