i38 MOU
les sables , ils y meurent tous. J’avois plantedes poiriers , des pommiers , qui sont morts. Lefroid, la sécheresse les a fait mourir.
Il se dit encore De certaines choses dont lemouvement finit peu à peu. Ce jeu mourra, siVon n'y met du bois. Laisser mourir le feu.Laisser mouiir un sabot. Le boulet de canonvint mourir là. La boule est allée mourir aubut.
Il se dit pareillement De plusieurs chosesqui finissent par une gradation insensible ,comme les sons, les couleurs, etc. îl faut, lors-que Von peint, que les couleurs se perdent enmourant les unes dans les autres.
Mourir , s’emploie aussi avec le pronompersonnel, et alors il signifie, Être sur le pointde mourir ; mais en ce sens il ne se dit guèrequ’au présent et à l’imparfait de l’indicatif. Jeme meurs. II se mouroit. Votre feu se meurt.Votre chandelle, votre lampe se meurt.
On dit aussi figurément, Se mourir d'amour,se mourir de peur.
Mort, orte. participe. Il est mort. Il aordre de le prendre mort ou vif. Il est aussiadjectif.
On dit d’Un malade ou d’un moribond, deb guérison duquel on désespère , C'est unhomme mort.
On dit qu Une personne a le teint mort, lesyeux morts , les lèvres mortes, pour dire qu’Eilea le teint décoloré, les lèvres pâles, les yeuxéteints.
On appelle Chair morte, Une cb?ir insen-sible, qui est dans les escarres des plaies, ouqui tient encore au corps de l’animal.
On dit d’Un médisant, d’un fanfaron, d’ungrand parleur, à qui il est arrivé quelque mor-tification qui l’empêche de parler aussi libre-ment qu’à l’ordinaire, qu’ Il a la gueule morte.Il est populaire.
On dit familièrement, Frapper sur quelqu'uncomme sur bête moite , pour dire, Le frapperoutrageusement.
On dit, en parlant de Certaines choses queTon n épargné point, parce qu’on en retrouvefacilement de semblables, La mère n'en est pasmorte. Il est populaire.
On dit proverbialement, Morte la bête,mort le venin , pour dire, que Quand un en-nemi est mort, il ne peut plus nuire.
On dit proverbialement, qu’I/?i chien vi-vant vaut mieux qu'un Lion mort.
Ou dit, Cote morte, pour dire, Les meublesquun Religieux laisse en mourant, et tout ceqm est provenu de ses épargnes. Il y a un pro-cès pour la cote morte d'un tel Religieux .
On appelle en termes de Pratique et de Ju-risprudence, Gens de mainmorte , Les genscl Église, les Communautés séculières ou régu-lières, les Hôpitaux, les Couvens, etc. Et l’ondit, qu 'Une terre est en mainmorte, pour dire,qu’Elle est possédée par des gens d’Église, àraison de leurs bénéfices.
On appelle aussi absolument, Mainmortes ,Le* gens d'Eglise qui possèdent des Domainestn France . Les Mainmortes ne peuvent acquê-
MOU
rir aucun Domaine sans la permission duPtoi.
On dit familièrement d’Un homme qui frapperudement, qu7l n'y va pas de main morte. Onle dit aussi figurément d’Ün homme qui seporte à quelque chose avec ardeur.
On appelle F.au morte, De l’eau qui necoule point, telle que celle des étangs; et,Morte eau, La saison des marées les plusbasses : ce que l’on dit par opposition au Vifde Veau , qui se dit Des martes quand elles sontr es plus hautes. Nous sommes en morte eau.
On appelle aussi Argent mort , De l’argentdont on ne tire aucun profit.
On dit, Saison morte, en parlant de Cer-tains temps de l’année où le commerce, lesaffaires, le débit, ne sont, pas si vifs que dansun autre temps. Le temps des Vacations est unesaison moite pour les affaires du Palais. On ditplus communément dans ce sens, Morte saison.
On appelle, en termes de Gruerie, Mort-bois , Les épines, les ronces et le bois blanc,qui ne peuvent servir aux ouvrages; et, Boismort, Tout le Lois qui est effectivement séchésur pied, et qui ne tire plus aucune nourriturede la tenre.
Mort, est quelquefois substantif. Enterrerles morts. Ensevelir les morts. Il a eu la chargedu mort. Prier Dieu pour les morts. Le servicedçp morts. Oraison pour les morts. QuandDieuviendra juger les vivans et les morts. Le jourdes morts. L'Office des morts. Il ne faut pointinsulter aux morts. Après le combat , il futtrouvé parmi les morts. Les ennemis envoyèrentun trompette demander leurs morts. Tête demort. Il est pule comme un mort.
On dit proverbialement, Plus de morts ,moins d’ennemis.
On dit aussi proverbialement, que Lesmorts ont toujours tort, pour dire, qu’On ex-cuse toujours les vivans aux dépens des morts.
On dit proverbialement, Les morts ne mor-dent plus, pour dire, qu’ils ne sont plus enétat de faire du mal.
On dit en termes de Jurisprudence , que Lemort saisit le vif, pour dire, qu’Un homme enmourant laisse son héritier possesseur de sonbien, sans qu’il suit besoin d’un acte de Jus-tice,
MOURON ou ANAGALLïS. s. m. Petiteplante qui sert principalement à la nourrituredes oiseaux.
MOURON, s. m. Espèce de lézard jaune,marqueté de taches noires. Le mouron est uneespèce de salamandre. Le venin du mouron estfroid. Le mouron pique de sa queue.
MOUSQUET, s. m. Ancienne arme à feu,que l’on tiroit par le moyen d’une mèche allu-mée mise sur le serpentin. Gros mousquet. Pe-tit mousquet. Mousquet léger. Charger unmousquet. Tirer un mousquet. Recevoir uncoup de mousquet , c’est-à-dire, Un coup de laballe sortie du mousquet. Il a eu un coup de ,mousquet dans le bras. Le mousquet creva , secreva entre ses mains. L'exercice du mousquet.Porter le mousquet sur l'épaule. Depuis bien
MOU
des années on ne se sert plus de mousquets demil’Infanterie Françoise.
On dit, Porter le mousquet dans une Com-~pagnie d’Ilifanlerie, pour dire, Y être simplesoldat.
On dit proverbialement, qu'Un homme crè-vera comme un vieux mousquet, qu’il a crevécomme un vietix mousquet, pour dire, qu’ilmourra ou qu’il est mort de trop boire, detrop manger, ou eD général d’excès et de dé-bauche.
MOUSQUETÀDE. s. f. Coup de mousquet.Il fut blessé d'une mousquetade. Il essuya quel-ques mousquetades. Il vieillit en ce sens.
Il se dit plus ordinairement De plusieurscoups de mousquet tirés à la fois ou continû-ment par un corps de gens armés. On a entenduune vive mousquetade. Nous avons essuyé unemousquetade de quelques Braconniers.
MOUSQUETAIRE, s. m. On appeloit ainsiun soldat à pied qui portoit le mousquet. Met-tre un Mousquetaire en sentinelle. Border unehaie de Mousquetaires. On dit aujourd’hui Fu-siliers.
On a depuis appelé exclusivement, Mous-quetaires, Ceux qui formoient les deux Com-pagnies à cheval, connues sous ce nom dans laMaison du Roi. Les Mousquetaires de la pre-mière Compagnie. Les Mousquetaires de la se-conde Compagnie, ou les Mousquetaires gris,les Mousquetaires noirs, ainsi nommés delàcouleur de leurs chevaux.
MOUSQUETERIE. s. f. collectif. Déchargede plusieurs mousquets ou fusils tirés en mêmatemps par un corps de troupes. Il a essuyétoute la mousqueterie de l'ennemi , tout le jeude la mousquetei'ie.
MOUSQUETON, s. masc. Espèce du fusil,dont le canon est plus court que celui des fusilsordinaires, et le calibre gros comme celui d’unmousquet. Charger , tirer un mousqueton. Il areçu un coup de mousqueton.
MOUSSE.adj. des 2 genres. lise dit Des fer*remens dont la pointe et le tranchant sont usés.Cette cognée est mousse. Il vieillit.
MOUSSE, s. masc. Petit garçon servant dan*l’équipage d’un vaisseau, d’une galère. On Vavu mousse de vaisseau. Mousse de proue. Moussede poupe.
MOUSSE, s. f. Espèce de petite herbe fortépaisse et fort menue, qui naît sur les terressablonneuses, sur les toits, sur des pierres etsur des arbres. Se coucher sur la mousse. Unlit de mousse. Mousse de chêne.
Il se dit aitssi De ce qui vient sur la tête desvieilles carpes. On pêcha une carpe qui avoitun doigt de mousse sur la tête.
On dit proverbialement et figurément,Pierre qui roule n'amasse poiitt de mousse ,pour dire, qu’Un homme qui change souventde condition et de profession, n’acquiert pointde bien.
Mousse, signifie aussi, Certaine e'eume quise forme sur l’eau et sur quelques liqueurs,comme la bière, les sirops, le chocolat, l’eaude savon, le vin , etc. quand on les bat ou qu’on