OUB
d’une injure, d’une offense. Il faut vous ré-concilier ensemble , et oublier tout ce qui s'estpassé. J’oublie tout, et je lui pardonne.
On dit, qn’Un homme a oublié à chanter ,a danse;*, etc. pour dire, qu’il en 3 P 6rc * ul’usage, l’habitude.
On dit proverbialement, qu’Z7n homme ;i ou-blie rien pour dormir , pour dire, qu U se sou-vient fort bien de tout ce qui regarde ses interets.
On dit dans la conversation, Oublier sesparens, ses amis , pour dire, Négliger de leurrendre les devoirs de la parenté, de l’amitié.
On dit familièrement et proverbialement, Ila oublié la commission , pour dire, Il a négligédelà faire, et a gardé l'argent.
Oublier , signifie aussi, Laisser quelquechose en quelque endroit par inadvertance. Ila oublié ses gants , son epèc , sa bourse , etc.
Il signifie aussi, Omettre, ne se pas souve-nir de faire quelque chose, manquer à fairemention de quelque chose dans un écrit, dansun discours. Il a oublié cela dans son cata-logue, -dans sa liste. Il a oublié dans son dis-cours de parler de telie ou telle chose. J’ai ou-blié d’aller en tel endroit. Il n’a rien oubliépour réussir 1 dans cette affaire.
Il signifie aussi. Manquer à faire du bien àquelqu’un dans une occasion qui se présente.On a-donné des Charges, des Emplois à tousles autres, mais on vous a oublie. On ne nousoubliera pas en temps et lieu. Il a été oubliédttns le testament d’un tel.
On dit, Oublier son devoir , oublier le res-pect qu’on doit à quelqu’un , pour dire, Man-quer à son devoir, manquer au respect qu’ondoit à quelqu’un.
On dit. Oublier qui l’on est, pour dire, Seméconnoître; et cela se dit d’Un homme quiveut s’élever par orgueil au-dessus de sa condi-tion. On dit aussi avec le pronom personnel.S’oublier , dans le même sens. Vousoubliez quivous êtes. Vous vous oubliez. La prospérité estsouvent cause que l’on s’oublie, ll-s’est oubliéCn parlant à ses supérieurs , pour dire, Il luiest échappé des expressions, des mouvemensqui ne conviennent pas à un inférieur.
On dit aussi, S’oublier, pour dire, Manquerà son devoir. 5e sevott-il si fort oublie que detous manquer de respect? Vous êtes-vous oubliejusqu’à ce point-là ? Ce domestique s est oubliéau point de dire des injures.
On dit encore, S’oublier , pour dire, Négli-ger ses intérêts, ne se pas servir de l’occasion.,n’en pas profiter. Il paye les autres , il ne s’ou-bliera pas. En ce sens on dit proverbialement,£st bien fou qui s'oublie.
On dit par une espèce de formule, dans lesquêtes qui se font à l’Église. N?oubhez pas les.Puuvres, n’oubliez pas VŒuvre, n’oubliez pasle Prédicateur , etc. pour dire, Donnez pourles Pauvres, pour l’OEuvre, pour le Prédica-teur, etc.
Oublié , ée. participe.
On dit proverbialement, qu’Unc personne ,qu’une chose est mise au rang des pèches ou-bliés, pour dire, qu’On n’y songe plus.
Tome H-
OUI
| OUBLIETTES, s. f. plur. Ori appeloit ainsiautrefois Un cachot couvert d’une fausse trappe,dans lequel, à ce qu’on dit, on faisoit tomberceux dont on vouloit se défaire secrètement. Ilfut mis aux ; oubliettes. On l’a fait passer parles oubliettes. '
OUBLIEUR. s. m. ( On prononce Oublieux. )On appeloit ainsi un garçon Pâtissier qui alloitle soir par les rues crier des oublies. Appelezl’oublieur. La chanson de l’oubVeur. Aujour-d’hui c’est simplement le nom d’un marchandd’oublies.
OUBLIEUX, EUSE. adj. Sujet'à oublier.Les vieillards sont ordinairement oublieux.Celte femme est extrêmement oublieuse. Vousêtes bien oublieux. Il est familier.
j OUE
OUEST, s. ni. La partie du monde qui estau soleil couchant. Cette Province a tant delieues de l’Est à l’Ouest. Tirant à l’Ouest, versl'Ouest. Vn vent â’Ouest.
Ou dit, Le vent est à l’Ouest • il est Ouest ,pour dire, qu’il vient du Couchant.
OUF
OUF. Interjection dont on se sert pourmarquer une douleur subite. U sert aussi àmarquer letoulfement, l’oppression,
OUI
OUI. Particule d’affirmation. Il est opposé hNon. Avez-vous fait cela ? oui. Cela est-il vrai?oui. On l’obligea de repondre par oui.ou parnon. Il faut opiner par oui ou par non.
On dit, qu’Un homme ne dit ni oui, ninon , pour marquer, qu’il ne veut pas s’expli-quer sur quelque chose.' Il ne m’a répondu nioui, ni non.
Oui, s’emploie quelquefois d’une manièresimplement affirmative, sans opposition di-recte h Non ; et .alors il ne se met guère qu’aucommencement d’un discours . .d’une phrase.Oui, je veux que tout le monde sache ce quej’en pense. Oui, puisque vous me promettezvotre secours, je commence à bien augurer demon affaire. Il se redouble quelquefois pourune plus grande marque d’affirmation. Oui,oui, je le ferai. Oui, oui, je m’en souviens.
Oui, sc prend quelquefois substantivementet se prononce comme s’il éloit aspiré. Le ouiet le non. fl a dit ce oui-là à regret. Il a dit ceoui-Ui de bon cœur. Il ne faut point tant dediscours , on ne vous demande qu’un oui ouun\ non.
On dit, qu’On veut savoir le oui ou le nond’une proposition qu’on a faite, pour dire,qu’On veut savoir précisément si celui à quion l’a faite, veut l’accepter ou la refuser.
Oui, marque quelquefois la surprise, et si-gnifie, Quoi, cela est vrai ? Il a dit telle chose?Oui? En ce sens, il se prononce long, et il estsuivi d’un point d’interrogation.
Oui, se joint quelquefois avec les adverbesCertes, vraiment, certainement, sam doute, etc.,
OUÏ 20g.
pour affirmer davantage. Oui certes. Oui vrai-ment, vraiment oui ; Eh! mais ôui. Ces deuxsont familiers.
Il se joint aussi à la particule Dà • et l’ondit communément dans le style familier. Oui-dà,pour dire, Ee bon cœur, volontiers, oui.
OUICOL. s. m. Boisson dont se servent lesSauvages de l’Amérique , et même les Euro-péens, quand le vin manque. Elle est faite demanioc, de patates, de bananes, et de cannesde sucre.
OUÏ-DIRE. s. m. indéclinable. Ce qu’on n’ani vu ni entendu soi-même, et qu’on ne saitque par .le rapport d’une autre personne oupar le bruit public. Je lien sais rien que paroui-dire. Il ne faut pas s’airêtcr aux ouï-dire.Ce n’est qu’un ouï-dire.
OUÏE. s. f. Celui des cinq-sens par lequelon reçoit les sons. Il ne se dit qu’au, singulier.Avoir Vouïe bonne. Avoir mauvaise ouïe. Avoirl’ouïe fine , l’ouïe subtile, Vouïe délicate, Vouïedure. Les sons trop forts , trop aigus , blessentl’ouïe, offensent Vouïe.
OUÏES, s. f. pl. IL ne se dit qu’en parlantdes poissons, et signifie, Certaines parties de latête qui leur servent à -la respiration. Prendreune carpe par les ouïes. Ce maquereau est frais,il a les ouïes toutes vermeilles.
On dit figurément et proverbialement d’Unhomme qui est abattu de maladie, ou qui areçu quelque mortification, qu’Zl a les ouïespâles.
OUÏR. v. a. J’ois, lu ois, il oit; nous oyons,vous oyez, ils oient. Mais ni ce temps, ni l’im-parfait j’oyois, ni le futur foirai, ne sont plusd’usage, non plus que les temps qui en sontformés. On ne se sert même aujourd’hui pres-que jamais de ce verbe qu’au prétérit de l’indi-catif, j’ouïs, ù celui du subjonctif, que j’ouïsse,à l’infinitif, et dans les temps formés du par-ticipe ouï , et du verbe avoir. Entendre. , rece-voir les sons par l’oreille. Avez-vous ouï cegrand bruit? Je l’ai ouï prêcher. J'ai ouï tousles bons Prédicateurs. Si on l’eut ouï parler.Avez-vous ouï dire cette nouvelle? Il est las devous ouïr causer , d’ouïr tous ces caquets. Ouïren confession. On dit, Ouïr la Messe, pourdire, Assister à la Messe.
Il signifie aussi, Donner audience, écouter,prêter attention. Le Prince n’a pas voulu ouïrleurs députés. Un juge doit ouïr les deux Par-ties. Il se fera bien ouïr. On Va condamné sansl’ouïr.
Il signifie aussi quelquefois , Écouter favo-rablement, exaucer. Seigneur, daignez ouïrnos vœux. Daignez auir les prières de voirepeuple .
On dit en termes de Pratique, Ouïr des té-moins, pour dire, Recevoir leur déposition.On a fait ouïr tant de témoins. Il s'est fait ouïren Justice. Les témoins ont été ouïs.
On dit d’Un accusé qui est assigné pour ré-pondre en personne devant le Juge, qu’il estassigné pour être ouï.
Ouï, 0¥ïe. .participe. On dit cn termes dePratique : Ouï le rappoi't d’un tel. Ouï sur ce
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