PEA
PEAGE R. subst. masc. Celui qui reçoit le
péage.
PEAU. s.f.La partie extérieure de l'animal,qui enveloppe et couvre toutes les autres par-ties. La peau de Vhomme. Avoir la peau dure,la peau épaisse , la peau tendre , lu peau déli-cate, déliée, la peau noire, la peau bise, lapeau blanche, la peau belle, la peau vilaine, lapeau ridée, la peau sèche, la peau rude, lapeau douce, la peau unie. Ce coup n'a faitqu'effleurer la peau. Il a la peau éraflée, égra-tignée, la peau emportée. Il a de grandespeaux gui lui pendent au menton. La peaud'un animal. Les serpens changent de peaujdépouillent leur vieille peau. Les serpens ont lapeau mouchetée, la peau tavelée.
On dit proverbialement d’Une personne fortmaigre, que Les os lui percent la peau, qu’ellen’a gue la peau et les os, qu’elle a la peaucollée sur les os.
On dit d’Un cheval extrêmement gras, qn’Ilest gras à pleine peau; et on le dit aussi d’Unhomme dans le style familier.
On appelle aussi Feau , La partie extérieurela plus déliée de la peau de l’homme, que lesMédecins nomment Épiderme. Cette femmes'est servie d'une drogue gui lui a efilevé lapeau. Cette maladie lui a fait faire peau neuve.
On appelle Maladies de peau , Celles qui al-tèrent la peau. L'humeur s'est portée à la peau.Cette boisson porte légèrement, fortement ù lapeau.
On dit figurément et familièrement d’Untomme inquiet, qu’il ne sauroit durer danssa peau.
On dit aussi librement et familièrementd’Un homme qui a quelque grand dépit qu i]ne veut pas témoigner , qu’il crève dans sapeau.
On dit encore figurément et familièrement,Vous avez beau faire, il ne changea jamais depeau, il mourra dans sa peau, pour dire, Il nechangera point de mœurs , il ne se corrigerapoint. Et proverbialement, en parlant d’Unméchant homme, et pour faire entendre qu’ilne se corrigera pas, on d'.t, Dans sa peaumourra le renard.
On dit aussi figurément et proverbialementd'Un homme qui, sans aucune nécessité, s ex-pose à se faire battre, que La peau lui démange.II est du style familier.
On se sert figurément du mot de Peau , enplusieurs phrases, pour signifier La personnemême dont on parle. Ainsi on dit : Je ne veuxpoint me charge*' de votre peau, pour dire, Jene veux point me charger de vous, je ne veuxpoint avoir l’embarras de vous mener : Je mvoudras pas cire dans sa peau, pour dire, Je
voudrois pas être à sa place : qu'Un hommef a it bon marché de sa peau , pour dire, qu’ilprodigue sa vie, qu’il s’expose aux coups sansnécessité : qu’il craint pour sa peau , qu/Z mé-na ge sa peau, pour dire, qu’il craint les coups,3 u, il e'vite de s’y exposer; et, qu'7/n homme'vend bien cher sa peau , pour dire, qu’il se dé-fcnd bien contre ceux qui l'attaquent. On ditTome II.
PEC
aussi, qu’Une femme a envie de la peau (Tunhomme, pour dire, qu’EUe voudroit se marieravec lui. Ces phrases ne sont que du style fami-lier : la dernière est très-populaire.
Eu termes d’Anatomie , on appelle Peau ,Tout corps composé de fibres tendineuses difle-remment entrelacées les unes dans les autres.
Peau, se considère aussi comme Une choseséparée du corps de l’animal. Ainsi on dit :Peau corroyée. Peau crue. Corroyer, apprête r,appareiller une peau. Passer une peau. Parfu-mer une peau. Peau musquée. Peau de senteur.Peau d'Espagne. Peau de mouton. Peau debouc. Peau de maroguin.
On dit proverbialement et figurément, Cou-dre la peau du renard avec celle du lion, pourdire, Joindre la finesse à la force. Et on ditaussi figurément ? qu7l ne faut pas vencb'e hpeau de Vours avant gue de l'avoir pris, pourdire, qu’il ne faut pas songer à partager lesdépouilles d’un ennemi, avant que de l’avoirvaincu.
On appelle Contes de peau d'dne, De petitscontes inventés pour l’amusement des enfans :et cela se dit à cause d’un vieux conte où l’onintroduit une fille habillée de la peau d’unà ne.
Peau, se dit aussi De l’enveloppe qui cou-vre les fruits, les ognons de fleurs, etc. Lapeau des pêches, des fruits à noyau, est fortdéliée. Le raisin muscat a la peau dure. Lapeau d’un ognon. Couleur de peau d'ognon.Confire des abricots, et les confire sans peau.
Peau , se dit aussi d’Une espèce de croûteplus ou moins déliée qui se fait sur du fro-mage, sur de la bouillie, sur des confitures, etautres choses de môme sorte.
PEAUSSERIE, s. f. Commercé, marchan-dise de peaux. Les Marchands Merciers deParis ont le droit de faire la peausserie.
PEAUSSIER', s. m. Artisan qui prépare lespeaux, pour en faire des cuirs propres à cer-tains usages, comme gants, bourses, reliuresde Livres, etc.
On appelle Muscle peaussier , Un musclequi sert à quelques animaux pour remuer leurpeau ; et eu ce sens il est adjectif, r
PEAUTRE. s. m. Vieux mot qui n’est plusen usage qu'en cette phrase populaire, En-voyer guelgiïun au peautre, pour dire, Lechasser. )
PEAUTRE, ÉE. adj. Terme de Blason . Ilse dit Des poissons dont la queue est d’unémail différent de celui du corps. Dauphind'azur peautré d'or. j
PEC !
PEC. adj. m. Il n’est d’usage dans la langue, '
quêtant joint avec le mot substantif Hareng .Ainsi ou dit, Hareng pec, pour dire, Un ha-reng en caque fraîchement salé. Manger unhareng pec.
PEGCABLE. adj. des 2 genres. (On pro-nonce dans ce mot et dans les suivons les CC.)Qui est capable de pécher. Tout homme estpeccable.
PEC
PECCADILLE, s. î . Ce mot ne se dit guèrequ’en plaisanterie, pour signifier , Un péchéléger, une faute légère.
PECCÀiVÏ, ANTE. adj. Qui pèche. Il n’estdusage qu’au féminin, et dans ccttc phrase,Humeur peccante, qui signifie, en termes deMédecine, L'humeur qiu pèche en quantité ouen qualité. 71 faut évacuer l'humeur peccante.Les humeurs peccantes.
PEGCÀTÀ. s. masc. Terme populaire, parlequel on désigne Un âne dans les combats pu-blics d’animaux.
PECGÀVI. s. m. Terme Latin , dont on sesert pour signifier, L’aveu qu’un pécheur faitde sa faute devant Dieu , et le regret qu’il en a;l\ n’est d’usage qu’on cette phrase, Un bonpeccavi, pour dire, Une bonne conirition, unvéritable repentir de scs péchés. Il ne se ditguère que d’Un pécheur qui ne sc repent qu’àl'extrémité. Il ne faut à lu mort gu 1 un bon pec-cavi. Il est populaire.
PÉCHÉ, s. m. Transgression de la loi divine.Péché originel. Péché actuel. Péché morte?.Péché véniel, l éché d'habitude. Péché contrele Saint-Esprit. L'orgueil a été le péché desAnges révoltés. La désobéissance a été le péchédu premier homme. Le péché de ht chair. Pècheconti'e nature. Péché de fragilité. Péché grave.Péchés secrets. Le péché solitaire, ou de pollu-tion. Péché de commission. Péché d'omissiorà,La rémission des péchés. Faire un péché. Com4mettre un péché. Être en péché. Tomber en p&ché. Croupir dans le péché , dans son péché ..Être obstiné dans le péché. Mourir, dans soirpéché. Confesser ses pêchés. Pleurer ses péchés.Absoudre les péchés. Donner l'absolution despéchés. Ce péché ne peut être absous par unpouvoir ordinaire. Remettre les péchés. Par-donner les péchés. Il n'y a gue Dieu gui puisseremettre les péchés. Les circonstances aggra-vent les péchés. La charité efface les péchés.Jésüs-Chuist est mort pour nos péchés. Rache-ter ses péchés par l’aumône. Cela ne lui a pointété imputé à péché. La multitude des péchés.Le péché d’orgueil, d'avarice. Les sept péchéscapitaux. Faire pénitence de ses péchés.
On dit familièrement De deux personnesqui se sont dit de grandes injures l’une à l’au-tre, qu 'Elles se sont dit les sept péchés mortels.
Dans le style familier, on appelle Peche mi-gnon, Quelque mauvaise habitude à laquelleon est sujet, et dont on ne veut pas se défaire.La paresse est son péché mignon.
On dit proverbialement, Péché caclic est àdemi pardonné, pour dire, que Quand on asoin d’éviter le scandale, le mal en est moindre:
On dit proverbialement, Mettre quelqu'un,mettre quelque chose au rang âespéchés oubliés,pour dire, Ne plus s’en soucier, ne vouloirplus y songer.
Lorsqu’on veut diminuer quelqu'une desfautes légères qui regardent le commerce de lavie civile, on dit, que Ce n'est pas un grandpêché, ce n'est pas,un péché irrémissible.
On dit proverbialement, A tout pêché imsé~r.corde, pour dire, qu’il faut avoir de l’indul-
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