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Tome second. L - Z.
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On dit aussi, Payer de sa personne, pourdire, Agir par soi-même dans les occasions quile demandent. Cette compagnie a un chef guisait au besoin payer de sa personne .

Et en parlant d’Un homme-de peu d’esprit,mais bien fait, on dit, que C’est un hommeçui paye de bonne mine , gui ne paye gue demine.

Payer , se construit encore avec la préposi-tion Par. L'amitié ne se paye gue par Vamitié.Un tel service ne saurait se payer gue par unereconnaissance éternelle.

On dit par menace à Un homme de qui ona reçu quelque déplaisir, quelque injure, qu’Zîle payera , pour dire, qu’On trouvera moyende s’cn venger. Il m’a fait un mauvais tour, ilma rendu un mauvais office, mais il me lepayera. Et daus le même sens on dit familière-ment, Il le payera plus cher gu'au marché.j ilme le payera au double.

On dit aussi proverbialement d’Un hommequi a causé quelque dommage, qu’Zî en payerales pots cassés , pour dire, qu’On .fera .retomberla perte sur lui, qu’on s’en vengera sur lui.

On dit, qu’Un ntutid de vin paye tant d’en -trec , qu’un Bénéfice paye tant de Bulles , pourdire, qu’On paye tant par chaque muid de vinpour droit d’entrée, qu’on paye tant pour l’ex-pédition des Bulles d’un tel Bénéfice.

Payé, ée. participe. Il a été bien payé desa peine.

O11 dit ügurémenl et familièrement., qui'Unhomme a été bien payé de guelgue injure gu'ila dite d un autre , ou de guelgue insulte gu illui a faite , pour dire, qu’il en a été bien puni,qu’on s’en est bien vengé sur lui.

On dit proverbialement, Tant tenu , tantpayé , pour dire, qu’On ne doit de salaire à unouvrier qu’à proportion du temps qu’on l’afait travailler. Et pour signifier, qu’On n’estpas obligé à faire quelque .chose, .on dit aussiproverbialement, qu’Ou nest pas payé pourcela ; et poumdîre, qu’On a lieu de se repentird’avoir rendu service, J‘'en suis plaisammentpayé. On Hit absolument, Il est payé, pourdire, U a ce qu’il mérite.

On dit aussi, Cela est bien payé, cela n'estpas payé , pour dire, qu’On donne d’une choselout ce qu’elle vaut, ou qu’on n’en offre pasla valeur,

PAYEUR, s. m. Celui qui paj-e. .C’est unbon payeur, un fort bon payeur , im méchantpayeur.

C’est aussi un titre de Charge. Ainsi on ap-pelle Payeur des rentes, Un Officier qui acharge de payer les rentes de l’Hôtel de Ville ;et Payeur des gages du Parlement, L’Oflicicrqui paye les gages du Parlement.

PAYS. s. m. Région, contrée. Bon pays.Pays de chasse. Pays de bois. Pays gras. Paysmaigre, riche. Pays montueux, montagneux.Pays.ouvert. Pays marécageux. Méchant pays.Beau pays. Les pays étrangers. Dans les payslointains. Pays ruiné. Pays désolé. Je n’aijamais été cji ce pays-là. Je lui ferai vider lepays. Je le ferai sortir du pays. Il a bien vu

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du pays, bien fait du pays , bien battu dupays. Courir le pays. Aller par le pays. Re-connoilre le pays. S'habituer dans un pays.Il a fait cette carte ci vue de pays. Haut pays.Bas pays.

On appelle La campagne, Plat-pays , paropposition aux lieux fortifiés; et l’on dit, Paysplat, par opposition à Pays montueux.

Pays, veut dire encore Patrie, lieu de lanaissance. U-s'entend quelquefois De tout l’Elafdans lequel on est ne ; quelquefois de la Pro-vince, de la contrée,-ou de la Ville. Pays na-tal. Pays étranger. La France est mon pays.Mourir pour le salut de son pays, pour lagloire de son pays. Aimer son pays. L’amourdu pays. Défendre son pays. Il n’est jamaissorti de sou pays. Il a encore l’accent de sonpays. De guel pays êtes-vous? Ils sont dumême pays.

Pays, dans cette acception, se dit quelque-fois sans pronom. Ainsi on dit, Écrivez aupays j recevoir des nouvelles du pays • retour-ner au pays : ce qui pourtant ne se dit guèreque dans le style populaire. Mais dans le stylefamilier, en parlant d’Un homme qui, étanthors de son pays, meurt d’envie d’y retourner,on dit, qu’Zî a la maladie du pays.

On dit à Paris, Le pays Latin , pour dire,Le quartier de l’Université.

On dit proverbialement, que Nul nest Pro-phète en son pays, pour dire, que Quelquemérite qu’on ait, on est moins .considéré parceux de sa nation et de sa famille, que par lesétrangers.

On dit proverbialement, C'est un pays deCocagne , pour dire, Un pays où l’on fait bonnechère, et où tout abonde.

On dit proverbialement, qu’Un homme estbien de son pays., pour dire, qu’il est biensimple. Vraiment vous êtes bien de votre pays ,

: de croire ......

On dit proverbialement, en parlant à quel-qu’un, Accommodez-vous , le pays est large,pour dire, qu’il y a lieu de s'accommoder sansincommoder un autre.

En France , on appelle Pays d’Etats, LesProvinces où les impositions se font par ras-semblée des États; Pays d’Election , Celles ouil y a des Généralités et des Élections établies;et Pays d’obédience, Les Provinces où le Papenomme à certains Bénéfices.

On appelle Pays conguis , Les conquêtesfaites par la France depuis le règnede Louis XIII .

On appelle Pays Coutumier, Celui où l’onsuit une Coutume provinciale et locale ; clPays de Droit Ecrit, Celui où l’on suit le DroitRomain .

On appelle Les Pays-Bas, Ce qui s’appelâtauparavant Les dix-sept Provinces des Pays-Bas, et qui est connu maintenant sous le nomde Pays-Bas François, Pays-Bas Espagnols ouAutrichiens, et les Provinces-Unies .

On dit proverbialement, Pays ruine vautmieux gue pays perdu.

On dit, Tirer pays , pour 'dire, S’enfuir ,s’évader. U est populaire.

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On dit, Vin de pays , pour dire, Du vincueilli dans le canton. Cela se dit d’Un vin quin’est pas de la première qualité, d’un vignoblefameux. D’assez bon vin , pour du vin de pays.

On dit proverbialem., Gagner pays , avan-cer pays , pour dire, Avancer chemin.

On dit fftoverbialem. à un homme qui ignorequelque chose que tout le monde sait, De guelpays venez-vous ?

On dit proverbialement, Faire voir du paysà un homme , pour dire, Lui donner de l’exer-cice , bien de la peine, lui susciter beaucoupd’affaires.

On dit proverbialement et figurém., Battredu pays , pour dire, Traiter beaucoup de sujetsdifférens.

On dit aussi proverbialem., qu’ Un hommeparle, ou qu’il juge à vue de pays, pour dire,qu’il juge sur les premières connoissances qu’ila, et avant que d’avoir approfondi les choses.

On dit proverbialement , Être en pays deconnoissancc , pour dire, Se trouver parmi desgens He sa connoissance. Il s’applique aussi engénéral à toutes les choses que l’on coimoît.

On dit figurément, Savoir la carte du pays,pour dire, Connoilre les gens avec qui on a àvivre.

Quelquefois en adressant la parole à unhomme de son pays, on l’appelle Pays . Ho !Pays , oü vas-lu? Il est populaire.

Onditau.ssi populairement,C’est moapays,cest un de mes pays, pour dire, C’est moncompatriote.

PAYSAGE, s. m. Étendue de pays que Ion voit d’un seul aspect. Voilà un beau paysage.Un riche paysage. Agréable paysage. Paysageriant.

Il se Hit aussi d’Un tableau qui représenteun paysage. Grand paysage. Petit paysage.C’est un paysage d’un tel Peintre. Il ne tra-vaille qu’en paysage. Il fait des paysages.Paysage à la gouache.

PAYSAGISTE, s. m. Peintre qui fait despaysages. Il est bon paysagiste.

PÀYSÀN , PAYSANNE. s. Homme, femmede village, de campagne. Pauvre paysan. Unegrosse paysanne. Les gens de guerre vivent surle paysan. C’est un paysan de ma terre. Unpaysan de mou village. Le Seigneur et sespaysans.

On dit d'Un homme rustre -et impoli, queC’est un paysan, un gros paysan, qu’il a l’aird’un paysan , d’un franc paysan.

À la paysanne, phrase adverbiale. A la ma-nière des paysans. Etre velu ù la paysanne.S’habiller en masque à la paysanne. U ne danseà la paysanne.

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PEAGE, suhst. m. Droit qui se lève pourun passage. Prendre le péage. Payer le péage.Cela ne. doit point de péage. Péage de long oude travers, gui se lève sur les grands chemins tsur les rivières. Les fermiers du péage.

Il se dit aussi pour Le lieu où l’on paye ledroit de passage. Il faut arrêter au péage.