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Tome second. L - Z.
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Plein, signifie aussi - , Entier, absolu. Il aune pleine connaissance de Vajfaire.]! a pleineautorité d'en dispenser. Il a pleine puissanced’en disposer comme il jugeia à propos. Il apleine liberté d'aller où il voudra. Remporterune pleine victoire. Il a plein pouvoir de sonmaître. Le Roi a donné plein pouvoir à sonAmbassadeur. Les Ambassadeurs se communi-quent réciproquement leurs pleins pouvoirs.

De notre certaine science, pleine puis-sance et autorité royale. Formule dont leRoi se sert dans ses Édits et dans ses Décla-rations.

En termes de Blason , on dit d’Un hommequi porte les armes d’une Maison, sans les écar-teler et sans brisure, qu’Zl en porte les armespleines. Et dans cette môme acception, en par-lant d’Une maison qui dans Vécu de ses armesne porte qu’un émail, ou qu’une couleur, ondit, qu ’EUe porte son écu d’or plein, de gueulesplein , etc.

On appelle Pleine Lune , La Lune lors-qu’elle nous paroît entièrement illuminée, etqu’elle est en opposition avec le soleil. Nousaurons pleine Lune un tel jour. On dit dans lemême sens, que La lune est dans son plein ; etalors Plein est employé substantivement. Onappelle aussi Pleine Lune , Tout l’espace quiest depuis le quatorzième jusqu’au vingt etunième de la Lune .

On dit familièrement d’Une personne qui ale visage large et plein, que C’est une pleineLune, qu’elle a un visage de pleine Lune .

Plein , se construit souvent avec la préposi-tion En, avec laquelle il signifie, Au milieu,et sert à former des phrases adverbiales de lieuet de temps. Ainsi l’on dit, En pleine rue, enplein marc/ié, en plein jour , etc. pour dire,Au mi'ieu de la rue, au milieu du marché, aumilieu du jour : ou plutôt ce sont des façonsde parler, qui véritablement ne signifient que,Dans la rue, dans le marché, de jour, etc.mais qui servent à donner plus de force et d ex-pression h ce qu’on dit. li harangua en pleinParlement. Cela fut dit en pleine assemblée.César fut tué en plein Sénat . Ils ont été volésen plein jour , en plein midi. En plein été, enplein hiver. Être en pleine marée.

On dit , qu’t/n arbreest en plein vent, estplanté en plein vent , pour dire, qu’il est ex-posé au vent de tous côtés, et qu’il n’est àl’abri d’aucune murahle. Un abricotier enplein vent. Et l’on dit,.Être en pleine mer ,pour dire, Être en haute mer; Être en pleinchamp, pour dire Être au milieu d’un champ.

Ou dit, qu’t/ne armée est en pleine marche,pour dire, qu’Elle marche avec la plus grandepartie des troupes qui la composent. Et Vondit que L ennemi est en pleine j droite, Quandil se retire précipitamment.

À PUR et A plein. Façon de parler adver-biale, qui signifie, Tout-h-fait, entièrement, etqui n’est guère d’usage qu’en culte phrase,Absous à pur et à plein.

À pleine main, À pleines mains. Façons deparler adverbiales, qui signifient au propre,

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À poigne’e, autant que la main en peut conte-nir, et qui ne sont guère en usage que dans lefiguré, pour signifier, Abondamment, engrande quantité. Donne/' à pleine main. Répan-dre à pleines mains.

On dit absolument et adverbialement, Enplein j pour dire, Pleinement, complètement.Il a perdu son procès‘ en plein, tout en plein.

On dit en style familier, qu’Une étoffé desoie est à pleine main, pour dire, qu’Elle es:fort épaisse, fort garnie de soie.

On dit en termes de Manège, Une bouche àpleine main , un appui à pleine main, pour ex-primer La bonté de la bouche du cheval. Cecheval a un appui , une bouche à pleine main.

Plues, se joint encore avec beaucoup d’au-tres substantifs, et avec les prépositions À etDe, avec lesquelles il sert à former plusieursfaçons de parler adverbiales. Crier à pleinetête , à pleine gorge , Voguer à pleines voiles.Loire à plein verre. Uriner ù plein canal. DeVeau qui vient à plein tuyau. Un cheval grasà jleine peau. Des chevaux qui tirent a pleincollier. Du vin qui sent la framboise à pleinebouche. Il peut fane cela de plein droit.

On dit, Franchir un fossé de plein saut ,pour dire, En sautant d’un bord à l’autre. Etfigurément, en parlant d’Un homme qui estélevé tout d’un coup d’une petite charge à unegrande, on dit, qu ’Il y a passé d’un pleinsaut, ou de plein saut.

Plein , sert aussi quelquefois de prépositionde quantité; et alors il signifie, Autant que lachose dont on parle peut contenir. Avoir duvin plein sa cave , du blé plein ses greniers.Avoir de l’argent plein ses poches. Avoir pleinses poche< d’argent.

On dit dans le style familier, Tout plein decens, pour dire, Beaucoup de gens. On trouvetout plein de gens qui.... Et en parlant d’Unesorte de marchandise dont il y a abondance enquelque endroit, on dit familièrement, qu’il yen a tout plein.

Plein, s’emploie aussi substantivement enquelques phrases. Ainsi en termes de Philoso- ^pbie, on dit, Le plein et le vide. De ces deuxPhilosophes, l’un croit le vide, l’autre soutientle plein. Et quand on tire au but, on dit,Mettre dans le plein, mettre en plein, pourdire, Mettre en plein but.

On dit au jeu du Hoca, Mettre en plein■pour dire, Mettre l’argent qu’on joue au milieud’un chiffre ; ce qui fait que lorsque ce chiffrearrive, on retire vingt-sept fois autant quoiiamis au jeu; et cela s’appelle Gagner un plein.

On dît au jeu de Trictrac, F,aire son pleinpour dire, Couvrir de deux dames chaquecasé d’un des côtes du Trictrac. On dit aussiConserver son plein; tenir son plein; rompreson plein.

PLEINEMENT, adv. Entièrement, absolu-*ment, tout-h-fait. J'en suis pleinement con-vaincu. Il s’en est pleinement justifié.

PLENIERE, adj. f. Qui n’est guère d’usagequ’en ces phrases : Cour plénière qui se disoitautrefois Des assemblées solennelles que les

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grands Princes tcr.oicnt, ouïe jour de quelquegrande fêle. ou lorsqu’ils vouloient faire quel-que magnifique tournoi ; et Indulgence pléniè-re, qui signifie, Remisiron pleine et entière detoutes les peines dues aux péchés. Le jour deNoël un tel Roi tint Cour plénière. Le Pape aaccordé Indulgence pleniere pour f elle solen-nité . Gagner les Indulgences plénières. Il y

a Indulgence plénière « telle Église.

PLÉNIPOTENTIAIRE, s. m. Ministre d’unPrince Souverain, qui a plein pouvoir de traiterde quelque affaire d’importance. Les Plénipo-tentiaires deFrance. LesPlènipotentiuires d’Es -pagne. Il se prend aussi adjectivement. Ministreplénipotentiaire.

PLENITUDE, s. f. Abondance excessive. Iln’est guère d’usage au propre qu’en ces phrases :Plénitude d’humeurs ; cela marque une grandeplénitude d’humeurs ; et absolument, il n'estmalade que de plénitude.

Il se dit figurément, en parlant De la puiss-ance des Papes et d-js Rois. C’esf par plénitudede puissance que les Rois accordent certainesgrâces , certaines rémissions qui ne sont pointfondées en droit.

Il se .dit aussi en certaines phrases, dans lelangage de l’Ecriture . Ainsi Saint Paul en par-lant de Jésus-Christ, dit, que La plénitude dela Divinité habitoit en lui corporellement. Laplénitude de la grâce.

Dans* la plénitude des temps. Façon deparler dont l’Écriture se sert pour marquer Letemps de l’accomplissement dos Prophéties,par la naissance et par la mort de Jésus-Christ .Notre-Seigneur vint au monde dans la pléni-tude des temps.

PLÉONASME, s. m. Figure par laquelle oaajoute des mots inutiles pour le sens d’unephrase, mais qui peuvent y mettre de la forceou de la grâce. Quand les mots n'ajoutent rien,le pléonasme est vicieux.

Pléonasme ne se prend plus guère qu'enmauvaise port, et signifie, Une re'dondance vi-cieuse de paroles.

PLETHORE, subst. f. Terme de Médecine.Abondance de sang et d’humeurs.

PLEURANT, ANTE. adj. Qui pleure. Elleest toujours pleurante.

PLEURE-MISÈRE, PLEURE-PAIN, s. m.se dit populairement d’Un avare qui se plainttoujours de sa misère.

PLEURER, v. neut. Répandre des larmes.Pleurer amèrement. Elle ne fait que pleurer.Llle pleure, elle soupire à tout moment. Pleurercomme une ^èmme. Pleurer comme un enfant.De quoi pleurez-vous? Qu avez-vous à pleurer?Quel sujet avez-vous de pleurer? Il se mit àpleurer. Pleurer de tendresse. Plew'er de colère,-de dépit Pleurer de joie. C’est un soulagementdans la douleur que de pleurer. Il ne lui ré-pondit qu’en pleurant. Il faut pleurer avec ceuxqui pleurent. L’Évangile dit, Bienheureuse ceuxqui pleurent, car ils seront consolés. U y <*temps de rire et temps de pleurer. La fumée faitpleurer. L’ognon fait pleura'. Les cerfs pleurentai:snd ils sont aux abois. Jésus-Christ,