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Tome second. L - Z.
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POR

On dit figurément, qu’il faut qu’une portesoit ouverte ou fermée, pour dire, qu’il faut sedéterminer à quelque chose, et prendre souparti d'une manière ou d’autre.

On dit figurément, que L’impunité ouvre laporte « toutes sortes de crimes, pour dire,qu’£lle donne lieu de commettre toutes sortesde crimes.

En parlant d’Une place qui donne une en-trée facile dans un Pays, on dit figurcm., queC’est la porte d’un tel Pays.

On dit, qu 'Un homme a été aux portes dela mort , pour dire, qu’il a été à l’extrémité.

Ou dit dans le style de l’Écriture, Les portesde l’Enfer , pour dire, Les Puissances de l’En-'fer. Les portes de l'Enfer ne prévaudront pascontre l’Église.

On appelle figurément Porte de derrière , Unfaux-fuyant, une défaite, une échappatoire. Nevous fiez pas à cet homme-là, il a toujours uneporte de derrière.

On appelle Porte de secours , Une porte se-crète par laquelle on introduit quelqu’un aubesoin. Cela se dit quelquefois en plaisanterie,d’Une porte cachée qui sert aux intrigues ga-lantes.

On dit familièrement, Écouter aux portes ,pour dire, Être aux aguets pour surprendre lesecret de quelqu’un. Et on dit figurément etfamilièrement, Cela vous apprendra a ecouteraux portes , en parlant à quelqu’un qui est punid’une curiosité indiscrète , ou d’une démarcheinconsidérée.

On dit De quelqu'un qui paroît avoir de-viné un secret, qu’71 a écouté aux portes. Celase dit aussi ironiquement, pour dire, qu’UnJiommé a mal entendu, qu’il a compris à moitié.

On dit figurément et faniilièrun., Enfoncerune porte ouverte , pour dire, Faire un effortpoux vaincre un obstacle qui n’existe pas.

À porte close, phrase adverbiale. En secret.■sans témoins. Cela s 4 est fait à porte close. Nousraisonnerons de cela quand fïous serons à porteclose<

À PORTE OUVRANTE , A PORTE FERMANTE.

Phrases adverbiales dont on se sert en parlantDes places de guerre, et autres Villes où l’onouvre et pu l’on ferme les portes a certainesheures précises du soir et du matin. J en suissorti à porte ouvrante. J’y suis rentre à portefermante.

Porte , se dit aussi dans une acception par-ticulière, pour signifier La Cour de l’Empereurdes Tüïcs; et c’est dans ce sens qu’on dit, LaPcn’te Ottomane . Ambassadeur à la Porte. Il aété long-temps à la Porte. Un Ambassadeur,un Envoyé de la Porte.

PORTE-AIGUILLE , et tous les autresmots semblables, composés du verbe Porter .Voyez après Porter.

PORTÉE, s. f. Ventrée, totalité des petitsque les femelles des animaux portent et met-tent bas en une fois. Première , seconde portée.Il y a des chiennes qui fient jusqu’à neuf etdix chiens d’une portée, en une portée. Cesdeux chiens sont de la meme portée.

Tome II.

POR

Portée, se dit en parlant Des armes à feu,ou des armes de trait, pour marquer jusqu’oùun canon, un mousquet, un arc, etc. peuventporter un boulet, une balle, une flèche. Cam-per hors de lapojtèe du canon. S’avancer a laportée du mousquet. S’avancer à une portée depistolet. Nous sommes hors de la portée desballes. Tirer une perdrix hors de portée.

On dit d'Une petite distance, de deux châ-teaux voisins l’un de l’autre, qu’il n'y a qu’uneportée de fusil. Je vais à une portée de fusil dela Ville.

On dit, qu'Une-chose n’est pas à la portéede la main de quelqu'un , pour dire, qu’Elleest dans un lieu trop haut ou trop éloigné,pour qu’il puisse y atteindre avec la main.

Portée, se dit De la voix et de la vue. Êtreù la portée de la voix de quelqu’un. Mettez-vousci la portée de ma voix. Cela n’est pas à la por-tée de ma vue.

On dit figurément, Être à portée de quelquechose, pour dire, Être dans une situation con-venable pour demander, pour obtenir quelquechose. Il est bien à la Cour , il est à portée dedemander , d'obtenir des grâces.

Portée , se prend aussi pour L’étendue, lacapacité de l’esprit, pour ce que peut faire, ceque peut concevoir ou produire l’esprit d’unepersonne. La portée de l’esprit de cet homme ,etc. On ne doit rien entrepj'endre au-deln desa portée t de la portée de son esprit , de son in-telligence. Cela passe , excède ma portée. S’ac-commoder à la portée de quelqu'un. Se mettreà la portée des Auditeurs. Je connois sa portée,ïl ne sauroit venir à bout de son entï'eprise,elle est au-dessus de sa portée , de ses forces.Cela est au-dessus de la portée de l'esprit hu-main

Portée , se dit encore en parlant De ce quepeut faire une personne par rapport à sa nais-sance, à sa fortune , à sa position. ïl aspire àune charge qui est au-dessus de sa portée. Cetteplace est à sa portée. Il fiait une dépense fortau-dessus de sa portée.

Portée, en termes de Chasse , se dit Ducerf, et signifie, L’endroit le plus haut où lebois du cerf a porté et atteint en passant dansun taillis, dont il a fait plier les branches, paroù l oir con.noît la grandeur ou la petitesse ducerf. Les portées nous ont donné connoissancedu cerf.

Portée, sa prend aussi pour L’étendue d’unepièce de bois mise en place. Cette poutre pliedans le milieu , parce quelle a trop de portée.Il se prend encore pour la partie des pièces decharpente qui porte sur le mur ou sur un pi-lier. Il faut qu’une poutre ait au moins unpied de portée , que les solives aient sia: poucesde portée. Les portées de cette poutre sont pou-ries.

Portée, en Musique , signifie Les cinqlignes sut lesquelles on pose les noies. U fautrégler ce papier à douze portées par page.

PORTER, v. a. Soutenir quelque chose enl’air, être chargé de quelque poids que ce soit.Porter un sac de blé. Porter, un ballot de livres.

POR Bar)

Porter du bois. Porter de l’eau. Porter deux centspesant. Porter sur la tête. Porter sur le dos. Por-ter sur les épaules. Porter une hotte. Porter <ibras. Il fallut leporter à bras. On leportoit dansune chaise. Se faire por.er en chaise. Vous ne sau-riez porter cela d'une main. Porter le dais ril’entrée solennelle d’un Prince dans une Ville.Porter le dais du Saint Sacrement. Porter unechâsse. Porter une bière.

On dit figurément, qii Un lomme a plus datravail, plus d’affaires qu’il n'en peut porter,pour dire, qu’il est chargé de tant de travail,d une si grande quantité d’affaires, qu’il n'vsauroit suffire; et, qullporte tout 1e poids desaffaires, pour dire, qu’il en est chargé seul.

Lorsque, par de'férence au sentiment dequelqu'un, on se résout h faire une cîiose donton avoit quelque scrupule, on dit figurément,qu’l! en portera le péché, l’iniquité, la peine,pour dire, que S’il y a du péché, il en serachargé, il en sera responsable, il en sera puni.

On dit figurément, Porter les iniquités d’au-trui , pour, Payer les sottises qu’on n’a pasfaites soi-même. Vous me faites porter vos ini-quités. II est familier.

On dit proverbialement que Chacun portesa croix en ce monde , pour dire, qu’il n'y apersonne qui n’ak ses afflictions particulières.

On dît figurément et familièrement d’Unhomme par qui on a été offensé, qu'il ne leportera pas loin , pour dire, qu’On s’en vengeradans peu. On dit dans le même sens, IJ. ne hportera pas en Paradis , en l’autre monde.

On dit aussi figurément et familièrementd’Un homme qui est à charge par l’ennui qu’ildonne, qu’Qu le porte sur les épaules'.

On dit au jeu de la Boule et à d’autres jeuxsemblables, qu ’Un homme poHe les deux, porteses deux , pour dire, qu’il joue deux boulescontre deux hommes qui n’en ont qu’une cha-cun. On le dit aussi figurément et familièrement,pour dire, qu’il fait deux fonctions différâtes.

On dit, L’un portarit Vautre, et le fort por-tant lefoïble , pour dire,Compensant l’un avecl’autre, pour en former une espèce de tout.Cette vigne, celte terre rapporte tant tous lesans l’un portant l’autre , le fort portant lefoible.

On dit figurément, Porter quelqu’un , pourdire, L’aider de sa faveur, de son" crédit, le fa-voriser. Celui qui le porioit le plus, et de laprotection duquel il espérait sa fortune, futexilé. Il y a d és personnes puissantes qui leportent. Il est porte par des personnes puis-santes ; et absolument, Il est fort porté.

Porter , signifie encore, Transporter unechose d’un lieu dans un autre. Il prit deux ta-bleaux qui eloicni dans sa salle , et les portadélits sa chambre, Portez ces papiers dans moncabinet.

On dit, Porter quelqu’un en terre , pourdire, Le porter pour, l’çuterrcr, et, Porterquelqu’un par terre, pour dire, Le renverserpar terre.

-- Porter , se dit aussi Des chevaux , desbêtes de charge et de voiture, et des choses ina-

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