QUI
Quittes , signifie aussi, Ôter quelque chosede dessus soi, sc dépouiller, se défaire. Quitterses habits. Quitter ses gants. Quitter sa- robe.Quitter son épée.
En parlant d’Un serpent qui a fait nouvellepeau, on dit, qu/l a quitté sa vieille peau;et cela se dit figurément et familièrement Dequelqu’un qui a renoncé à ses vieilles habi-tudes , à son ancien caractère.
On dit aussi figurément, Quitter la robe ,quitter l’épée, quitter la soutane, quitter lefroc , pour diï'e, Renoncer à la profession de iarobe, de l’épée, de Eclat ecclésiastique, de lavie religieuse.
On dit d’Un arbre, qu’/ï quitte ses feuilles ,pour dire, qu’il se dépouille de ses feuilles ; etDe quelques fruits, qu’Hs quittent le noyau,pour dire, Que le noyau s’en détache facilement.
On dit, Quitter une Charge, quitter unEmploi, quitter un Bénéfice , pour dire, Se dé-faire d’une Charge, se démettre d’un Emploi,d’un Bénéfice. On dit dans le même sens ,Quitter une profession.
On dit, Quitter ses mauvaises habitudes ,pour dire, Se défaire de ses mauvaises habitudes.
Quitter , signifie aussi, Lâcher , laisseraller. Il se tint attaché à un arbre , qu’il nequitta point jusqu’à ce qu’on le vint secourir.Il l’avoit pris aux cheveux , et il ne le vouloitpoint quitter. Le loup avoit emporté une brebis ,ou courut après , et on lui fit quitter sa proie.On ne lui put jamais faire quitter prise.
On dit figurément, Quitter prise , pour dire,Abandonner un dessein, s’en désister. Le moin-dre obstacle , ht moindre résistance lui faitquitter prise .
Quitter, signifie, Céder, délaisser. Quitterta us ses droits, toutes ses prétentions ù quelqu’un.Il lui a quitté tous les effets de cette succession.Quitter sa place n quelqu'un. Si ce que vousdites est vrai , je vous le quitte. J’aime mieuxquitter que de disputer. Il n’en qu tteroit pat
part ù un autre ; et absolument,// n’en quit-terait pas sa paît.
On dit d’Un homme qui renonce à unechose où il n’avoit point de droit, qu’il ne quitteT Un du sien.
Quitter, signifie aussi, Se désister ae quel-le chose, cesser de s’y adonner, de s’y appli-quer, y renoncer. Quitter une entt'eprise. Quit-* er un dessein. Quitter un ouvrage. Quitter sesétudes. Il a quitté la chasse. Quitter le jeu.Quitter le vin.
^ Quitter , en certains jeux de renvi, commeû ® re lau 5 signifie, Abandonner la vade qu’ona faite ^ plutôt que de vouloir tenir une nou-^lle somme, dont un des joueurs a renvié.fi renvie de dix louis , je l’ai fait quitter. Iln a fait va-tout, et j’ai quitté. Il est neutre.
Un dit d’Un homme qui suit obstinément^/l 11 il a commencé, qui n’y renonce jamais,un homme qui ne quitte pas aisément ,( h tI 1l e quitte jamais.
Quitter la partir. C’est convenir que Cc-U! (° nUG l cvn i oup > a g-'igné,
11 oit que, Qui quitte lu partie la perd,
QU O
pour dire, que Celui qui quitte le jeu avant quela partie soit achevée, perd; et proverbiale-ment, Qui quitte la partie h perd, pour dire,que Quand on Ct'sse de suivre une affaire ouun projet, on ne réussit jamais.
Quitter, signifie encore, Exempter, affran-chir, décharger, tenir quitte. Je vous quitte defout ce que vous me devez. Je vous quitte desintérêts et du principal. Je vous en quitte.
On dit dans le style familier ^ Je vous quittede tous vos comphmens, de tous vos remcrci-mens. etc. pour dire, Je ne veux point de voscomplimcns, je n’ai que faire de vos remeru-mens, je vous en dispense.
Quitté, ée. participe.
QUITUS, s. masc. Terme de Finance et deChambre des Comptes. Arreté définitif d’uncompte, par lequel, après la correction, lecomptable est déclaré quitte. Avoir le quitusd’un compte.
QUI-VÀ-LÀ. Terme <le Guerre. Cri d’unesentinelle dans une place, lorsqu’elle entend dubruit.
On dit figurément et proverbialement, Avoirréponse à tout, hormis à qui-va-là , pour dire ,Être hors d’état de répondre à une difficultéqu’on nous oppose.
On dit aussi proverbialement et figurément,C’est un homme qui a toujours réponse à qui-va-là , pour dire, C’est un homme qui a ré-ponse à tout, qu’aucune difficulté u’arrète.
QUI-VIVE Terme de Guerre. Cri d’unesentinelle qui entend du bruit.
1 Oïl dit figurément et lâmilièremt nt, Etresur Je qui-vive , pour dire, Etre très-attentif àce qui se passe; et d’Un homme inquiet etcraintif, qu’/l est toujours sur le qui-vive.On le dit aussi d’Un homme ombrageux etpointilleux. Dans ces phrases, Qui-vive esttraité comme un substantif masculin.
Q U O.
' QUQÀILLER. v. n. line se dit que Du che-val qui remue perpétuellement la queue quandon le monte. Ce cheval a pris l’habitude dequoailler, parce qu’il a été continuellementImportuné par l’éperon.
QUOI. Pronom qui quelquefois tient lieudu pronom relatif, Lequel , laquelle, dans lescas obliques, tant au singulkn qu’au pluriel.Ce sont choses à quoi vous ne prenez pas garde.Ce sont des conditions sans quoi la chose Ti’eûlpas été conclue. Le sujet, la cause pour quoion l’a arrête , pour dire, Le sujet pour lequella raison pour laquelle on l'a arrêté. Il ne se ditque des choses, et ne se dit jamais des personnes
Il se prend aussi substantivement. Ainsi ondit, Quoi qu’il en arrive , quoi que vous disiez,pour dire, Quelque chose qu’il en arrive, quel-que chose que vous disiez ; Sur quoi en etiez-vous là? De quoi est-tl question? pour,«Surquelle chose, sur quel propos en étiez-vous là ?De quelle chose est-il question ? À quoi pensez-vous? À quoi vous occupez-vous? pour, Àquelle chose voxisiagpupez-vous? Il a manquéà son ami , à son bienfaiteur , en quoi il est don -
Q U O 4°?
i blenient coupable, pour, En laquelle chose ilest doublement coupable; C’est en quoi vousvous trompez, pour, C’est en cela que vousvous trompez ; Dites-moi en quoi je puis vousservir, pour, En quelle chose je vous puis ser-vir. On dit encore, Il y a dans cette ujji ire jene sais quoi que je n’entends pas. Il y a dans cediscours je Jiesais quoi qui me semble insidieux.
En termes 'de Palais, on dit, Quoi faisant ,en quoi faisant , pour dire, En faisant laquellechose. L’Airêl l'a condamné à payer et « viderses mains; quoi faisant, il en sera valablementdéchargé.
Cn dit substantivement, Un je ne sais quoi rpour dire, Certaine chose qu’on ne peut expri-mer. Il y a dans cette beauté un je ne sais quoiqui me pique plus que la beauté même.
Quoi, est quelquefois encore particule ad-miralive, et sert à marquer l’étonnement, l’in-dignation, etc.Quoi,nous avez fait telle chose!Quoi donc, vous m’osez résister en face! Ony ajoute quelquefois l’interjection Hé. Hé quoi,vous n’êtes pas encore parti !
QUOIQUE. Conjonction qui régit toujoursle subjonctif. Encore que, bien que, Quoiqu'ilsoit pauvre , il est honnête homme. Il est detrès-bonne maison, quoiqu’il ne soit pas riche.On supprime le subjonctif par ellipse. Quoiquepeu r.chc, il est gêné: eux.
QUOLIBET, s. m. Façon de parler basse ettriviale, qui renferme ordinairement une mau-vaise plaisanterie. Méchant quolibet. Quolibetdes halles. Cet homme ne parle que par quoli -jbeis. Il croit dire de bons mots , mais il ne ditque des quolibets. C’est un diseur de quolibets.
QUOTE. adj. f. Il n’est d’usage que danscette phrase, Quote part, qui se dit De la partque chacun doit payer ou recevoir dans la ré-partition d’une somme totale. Il doit tant payerpour sa quote part. Il lui revient tant pour saquote part.
QUOTIDIEN, ENNE. «dj. Il n’est guèred’usage que dans les phrases suivants : Painquotidien. Fièvre quotidienne. On dit dansl’Oraison Dominicale, Notre pain quotidien,pour dire, Le pain dont nous avons besoinchaque jour. Et l’on appelle Fièvre quotidienne,Une fié vrc qui revient tous les jours.
Quand on veut dire, qu’Une chose est ordi-naire à quelqu’un, on dit figurément, que C estson pain quotidien.
QUOTIENT, s. m. 'Terme d’Àiithmétiquc.Nombre qui résulte de la division d’un nombreoar un autre. Le quotient du nombre douze dûvisé par trois, est quatie ; et du piême nombredivisé par quatre , est trois.
QUOTITE, s. f. La somme fixe à laquellemonte chaque quote part. J’aipayè ma quotité.
Kn Jurisprudence, on appelle Quotité ducens, La somme à laquelle monte le cens. Lecens est imprescriptible en soi , meus la quotitédu cens se prescrit.
En termes de Droit, on appelle Légataired’une quotité, Celui auquel un défunt a léguéun tiers, un quart, un dixième, en un mot,une partie aliquote de succession.