R AB
Ü, Substantif féminin , suivant l'ancienne ap-pellation, qui prononçoit Erre, et masculin,suivant l’appellation moderne, qui prononceRc, comme dans la dernière syllabe du motGare. Lettre consonne, et la dix-huitième del'Alphabet François.
RAC
RABACHAGE, s. m. Défaut ou discours decelui qui rabâche. Il est sujet au rabâchage.Tout ce qu'il dit n’est que du ra’-dchage, n’estqu’un rabâchage. Il est familier.
RABACHER. v. n. Revenir souvent et inu-tilement sur ce qu’on a dit. Il ne fait que ra-bâcher. Il est du discours familier, ainsi queses dérivés.
RABACHEUR, EUSE. subst. Celui ou cellequi rabâche. Un vieux rabâcheur.
RABArS. s. m. Diminution de prix et devaleur. On lui a promis cent mille écus , maisil y aura bien du rabais. Il a acheté cette terresur le pied de dix mille livres de rente , il ytrouvera un grand ratais.
Cn dit, Proposer* un ouvrage, une entre-prise au rabais, pour dire, Faire publier dansles formes, qu'on donnera tel ouvrage à faireà celui qui l’entreprendra au meilleur marché;et quand c:s sortes d’ouvrages sont adjugés,on dit, qu'ils ont é'é adjuqés, qu'ils ont éiedonnes au rabais , qu’on les a pris au rabais.
On dit aussi, Donner des marchandises aurabais, les mettre au valais , pour dire, Lesdonner, les mettre à un pris au-dessous de cequ’on les avoit vendues d’abord.
On appelle Rabais des monnaies , La dimi-nution que le Gouvernement fait du prix pourlequel la moimoie a cours. On se sert du mêmemot, en parlant De la diminution du prix detoutes sortes de denrées et de matchandiscs.
Lorsqu'un homme parle désavantageuse-ment ou avec mépris de quelqu’un, ou de quel"que ouvrage d’esprit, ou dit figurémenî, qu’l!le met trop au rabais.
RABAISSEMENT, subst. m. Diminution. Iln'est guère d’u.sage qu’en parlant De la dimi-nution que le Prince fait par un Édit du prixdos monnoies, ou de celle qu’il ordonne êtrefaite dans la levée des tailles. Le rabaissementdes monnoies. Le rabaissement des tailles.
RABAISSE R. v. a. Mettre plus bas, placerune chose audessous du lieu où elle étoit. Cetableau est trop haut , il faut un peu le rabais-ser. H faudroit rabaisser cette corniche.
Il se dit aussi De la voix, et signifie, Élevermoins la VOIX» \?ous parlez trop haut dans lachambre du malade , rabaissez un peu votrevoix.
R
R AB
On dit figurément d’ün homme qui reiranche sa dépense, qui vit dans un moindre éclatqu’à J’ordinaire, ou qui modère les prétentionsqu’il avoit, qu’il a rabaissé son vol.
Rabaisser, signifie aussi Diminuer. Rabats •scr les tailles. Rabaisser le taux des denrees.Rabaisser les monnoies.
On dit figurément, Rabaisser Vorgueil dequelqu'un, pour dire, Réprimer l’orgueil, lavanité de quelqu’un. Cn dit aussi figurémentet proverbialement, dans la même significa-tion, Rabaisser le caquet de quelqu'un. Il atrouvé des gens qui lui ont bien rabaisse soncaquet .
En termes de Manège, on dit, Rabaisser les,
anches du cheval, pour dire, Asseoir un che-val disposé à s’élever sur les jarrets, ou à mar-cher et travailler sur les épaules. Chassez lederrière avec dos jambes, retenez le devant avecla main j -nous relèverez le devant , et vous ra- .baisserez le derrière, ou les hanches.
Rabaisser, se dit aussi au sens de D6j>rc-cier, estimer au-dessous de la valeur. Vous ra-■aisy.ez trop sa marchandise■ On rabaisse tropcet hcmme-là.R-abaisserle mérite de quelqu'un.
Rabaissé, ée. participe.
RABAT , s. m. Ornement de toile que leshommes de certaines professions portent au-tour du cou, et qui se rabat des deux côtés surla poitrine : on l’appelle souvent Collet. Rabat uni. Rabat de point. Rabat empesé. Faiseuse derabats. Grand rabat. Beaucoup de Gens derobe portent des rabats plissés.
Rabat , se dit aussi Du bout du toit d’unjeu de longue paume, qtii sert àrejeter la balleÊtre au rabat. Tenir le rabat . On le dit demême Du coup qui vient du rabat . Jouer lerabat .
Au jeu de Quilles, Rabat se dit par oppo-sition à Venue, et signifie, Le côup que lejoueur joue de l’endroit où sa boule s’est ar-retée. Il a fait deux quilles de venue, et quatre jde rabat . Dans quelques parties, quand on n arien fait de venue , on ne joue point de rabat .
Rabat , en termes de Chasse, est i’aclion dGrabattre le gibier. Voyez Rabattre.
RABAT -JOIE. s. m. Sujet de chagrin, quivient troubler letatde joie où l’on étoit. Commeil étoit à se divertir, il apprit la perte de sonprocès, et ce fut un grand rabat -joie pour lui.
Ü est familier.
Ep parlant 3’Un homme triste, et ennemide la joie des autres, on dit familièrement, queC'est un rabat-joie.
RABATTRE, v. a. (11 se conjugue, commeBattie. ) Rabaisser, faire ÿscendre. Le ventrabat la fumée.
R AB
Il signifie figurément Diminuer, retrancherde la valeur d’une chose, et du prix qu’on de-mande. Il faut rabattre beaucoup du prix quevous demandez. Combien en voulezf-vous ra-battre? Un Ma chand qui vend sa marchan-dise sans en rien rabattre. Il n'en rabqttroitpas un sou.
On dit de même dans le sens de Diminuer*Rabattre de l’estime qu'on avoit pour quelqu'un.Il y a beaucoup à rabattre de ce qu’il dit. J’en' rabats moitié, j'en rabats de moitié, j’en rabatsla moitié.
On dit, en parlant d’Un homme qui, dansune affaire, ne veut rien diminuer de ses pré-tentions , que C'est un homme qui n’en veutrien rabattre. Et, lorsqu’une personne a faitquelque chose qui donne lieu de l'estimermoins, on dit, qu’On en rabat beaucoup. Ilest familier. On dit aussi familièrement et dansla même acception, J’en rabais quinze.
Cn dit, Rabattre un coup , pour dire, Ledétourner, le i;ompre en rabaissant le fer deson ennemi. On lui porta un coup d’èpêe, et ille rabattit -
On dit figurément et familièrement, Ra-battre les coups, pour dire, Adoucir, apaiserdes gens aigris les uns contre les autres. Il en-tra comme ils se qucrelloicnt, et il rabattit biendes coups. La meme chose se dit, en parlantDes bons offices qu’on rend auprès d’un honnnepuissant, a quelqu un contre qui il étoit pré-venu. Il éloit fort irrité contre lui, et on abien eu de la peine à rabattre les coups.
En termes de Pratique, on dit, Rabattre undéfaut, Lorsque le Juge à l’Audience révoquele défaut qu’il avoit donné contre une des par-ties, faute d’avoir comparu. Il se présenta àl’Audience, et fit rabattre le défaut qui avoitété obtenu contre lui.
Rabattre, en parlant des hnbillemcns, sedit Des plis et des coutures, et signifie, Lesaplatir. Rabattre les plis d'un habit. Rabattreles coulures d’une robe. Et en termes de Labou-rage, on dit, Rabattj’e les avoines, pour dire,Faire passer un rouleau sur les avoines déjàlevées, pour aplanir la terre.
Rabattre les courbettes, en ternies dsManège, C’est forcer un cheval qui travail^’ acourbettes, de poser à terre en un seul ettemps les deux pieds de derrière. Cheval q ulrabat bien scs courbettes.
En termes de Chasse, on dit, Rabattre cgibier, pour dire, Battre la campagne, P° urréunir cl rassembler le gibier dans i endroit ° usont les Chasseurs.
Gn dit, Rabattre les ornières, les siH° nS *pour dire, Les remplir.