Band 
Tome second. L - Z.
Seite
649
JPEG-Download
 

TEN

Tendresse, se prend quelquefois pour Lapassion même de l'amour. Il a beaucoup ditendresse pour .elle. EUe a le cœur plein de ten-dresse pour lui.

TENDRETÉ, s. f. Qualité de ce qui esttendre. Il ne se dit que Des viandes, des fruits■,des légumes. La iendrete dun gigot, d'unlièvre , de ces légumes, de ces fruits.

TENDRON, s. m. Bourgeon, rejeton tendrede quelques arbres, de quelques plantes. Leschèvres broutent les tendrons des arbres et desplantes.

Figurément, en parlant d’Une jeune fille,on dit, que C’est un jeune tendron. Il est fa-milier.

On appelle encore Tendrons , Les cartilagesqui sont à l’extrémité des os de la poitrine dequelques animaux. Une fricassée de tendronsde veau.

TÉNÈBRES, subst. fém. plur. Privation delumière, obscurité. Les ténèbres de la nuit.Epaisses ténèbres. Dissiper les ténèbres .

Il se dit figurcment dans le Moral . Les té-nèbres de VIdolâtrie, du péché, de l'ignorance.Marcher dans les ténèbre s. Une doctrine de té-nèbres. Des œuvres de ténèbres. Des écrivainsde ténèbres.

Il se dit de même pour Obscurité. Toutecette matière est pleine de ténèbres. L'histoirede la Grèce avant les Olympiades n'offre quedes ténèbres. Percer les ténèbres des ancienstemps. C'est un homme gui répand les ténèbressur toutes les matières qu'il traite.

En parlant De l'Office de la Semaine sainte,on appelle Ténèbres , les Matines qui se chan-tent l’après-dinée du Mercredi, du Jeudi et duVendredi. Aller à Ténèbres. Entendre les Té-uèbre's. Chanter une leçon de Ténèbres.

TÉNÉBREUX, EUSE. adj. Sombre, obscur.Les -uoiles ténébreux de la nuit.

On appelle en Poésie , l’Enfer , Le séjour té-nébreux.

On dit figurément, Les temps ténébreux del'Histoire , pour dire, Les temps où l’Histoireest obscure et incertaine.

On dit aussi figurément d’Un homme mé-lancolique, qu’/l est sombre et ténébreux , qu’7la l'air sombre et ténébreux.

Ténébreux, s’emploie figurément pour si-gnifier, Celui qui se plaît dans les ténèbres, quicache des intentions criminelles, t n coquin té»nébreux. Conspirateur ténêbreuv.

TÉNEMENT. s. m. Terme de Pratique. Mé-tairie dépendante d’une Seigneurie. Tellementrolui ier.

Il se dit aussi d’Une sorte de prescriptionadmise dans quelques Coutumes. Ténement decinq ans.

TENESME, s. m. Épreinie fort douloureusequ'on sent au fondement, avec des envies con-tinuelles et presque inutiles daller à la selle.

TENETTE. s. f. Instrument de Chirurgie,qui sert à saisir et à tirer la pierre de la vessie,dans l’opération de la taille.

TENEUR, s. f. Terme de Pratique. Ce quiest contenu mot à mot dans un écrit. Une SeiUTome IL

TEN

îence dont voici la teneur , dont la teneur s'en-suit. Il faut avoir la teneur de cet Arrêt. L'Ar-rêt sera exécuté selon sa forme et teneur.

TENEUR, s. m. Terme de Négoce. Il n’esten usage que dans cette phrase, Teneur delivres, qui signifie* Celui qui chez un Négo-ciant porte sur un registre en parties doubles,tout ce qui entre dans la caisse et ce qui ensort, ce qui est acheté et ce qui est vendu, cequi est payé et ce qui est dû. Il est importantpour un Négociant , pour unMarchand, d'avoirun bon Teneur de livres.

TÉNIA, s. m. Mot emprunté du Latin, donton se sert en François pour signifier, Le versolitaire. Vovez Ver.

TENIR, v. a. Je tiens , fu tiens, il fient;nous tenons, vous tenez , ils tiennent. Je tenois.Je lins. J’ai tenu. Je tiendrai . Tiens, tenez.Que je tienne. Que je tinsse. Je liendrois.Avoir à la main, avoir entre les mains. Tenirun livre. Tenu' une cpée. Tenez bien cela, te-nez-le ferme , tcnez-le serré. Je le tiens bien, ilne m’échappera pas. Tenir quelqu’un par lebras, par le corpssTenir les rênes des chevaux.Tenir des chiens en laisse. Tenir des enfanspar les cordons. Tenir le gouvernail d’un vais-seau. Tenir le timon d’un navire.

On dit familièrement, Se tenir les cétés devire, pour, Rire démesurément.

On dit proverbialement, Tenir le loup parles oreilles, pour dire, Être dans une situationembarrassante, ne savoir quel parti prendre,parce qu’il y a du péril ou de l'embarras detous côtés.

Tenir quelqu’un à la gorge, tenir le piedsur la gorge, celà tient à la gorge. VoyezGorge.

On dit figurément et populairement, Tenirquelqu’un au cul cl aux chausses, pour dire,Le tenir, le serrer de si près, qu’il ne peutéchapper, qu’il ne peut s’empêcher de faire cequ’on veut.

On dit figurément et familièrement, Tenirquelqu’un dans sa manche , pour, Disposersouverainement de quelqu’un, être en état d’en 'eriger ce qu’on voudra. On dit de même, Te-nir quelque chose dans sa manche, pour, Enêtre assuré.

Dans le style familier, en parlant de quel-qu’un à qui il arrive quelque grand sujet dejoie, on dit, qu7f croit tenir le bon Dieu parles pieds.

On dit dans le style familier, Tenir quel-qu’un le bec dans Veau, le bec ci Veau , pourdire, Le tenir toujours clans l’attente de quel-que chose qu’on lui fait espérer.

On dît, Tenir des chevaux au filet, pourdire, Les attacher avec un filet dans_la bou-che , afin de les empêcher de manger ; et figu-rémenl, Tenir' quelqu'un au filet, pour, Luifaire long-temps espérer quelque chose, sansjamais lui rien donner.

On dit figurément, Tenir quelqu’un par leslisières, pour dire, Le mener comme un en-tant.

On dit figurément et proverbialement,

_ TEN 649

qu'Ün homme tient le bon bout par-devers lui,pour, qu’il est nanti, qu’il a ses sûretés.

On dit au jeu de dés, Tenir les dés, pourdire, Tenir le cornet, avoir la main poutr jeterles dés. Et figurément on dit, qu’t/n hommeveut toujours tenir le dé dans la conversation ,pour, qu’U veut s’en rendre le maître et ne paslaisser pari er les autres. «

On dit d’Un fou, d’un furieux. qu77 faut letenir « quatre , pour dire, qu'il faut être plu-sieurs b le tenir; et figurément d’Un hommedifficile et emporté. qu7l faut le tenir à quatre,pour, qu’On a de la peine i) le contenir, à l’em-pêcher de se porter è des violences.

On dit de même d’Un homme qui fait ledifficile dans un accommodement, qu’2l se faittenir à quatre.

Cn dit absolument, Tenez, pour dire, Pre-nez ce que je vous présente. Et dans le discoursfamilier on dit, Tenes, pour s’attirer l’attai-tion. Tenez, tout ce que vous dites là ne metouche pas. Il se dit aussi, pour avertir deprendre garde à quelque chose, et dans lemême sens qu’on a coutume de dire, Voyez.Tenez-, le voilà qui passe.

On dit proverbialement, Un tiens vautmieux que deux tu l’auras, pour, La posses-sion d’un bien présent, quelque modique qu'ilsoit, vaut mieux que l’espérance d’un plusgrand bien à venir et iuccrlnin.

On dît proverbialement et populairement bun homme de qui on veut se moquer, en fai-sant semblant de lui vouloir.donner une chosequ’on ne lui donne pas, Serrez la main , etdites que vous ne tenez rien.

On dit aussi proverbialement et par plaisan-terie*, d’Un homme qui manque à réussir dansquelque chose, Il ne tient rien. Il pensoit tou-cher cet argent, avoir cette ‘charge, mais il nelient rien. Il croyoit vous attraper, mais il netient rien.

On dit encore proverbialement, figurément,et avec une espèce de joie maligne, d’Unhomme h qui il arrive par sa faute quelquechose de fâcheux, de désagréable, d’embarras-sant, de honteux, Il en tient. Il a perdit sonprocès , il en tient. Il n’a rien à réplique}' àcela , il en tient.

On dit aussi d’Un homme qui devient amou-reux, Cette femme lui a donné dans la vue, ilen tient; et d’Un homme ivre, Il a bu plus quede raison , il en tient.

On dit proverbialement, qu’f/n. homme-tient bien ce qu’il tient, soit pour dire, qu’iln’est pas aisé de lui faire quitter prise sur quel-que chose, soit pour faire entendre, qu’il estavare.

On dit proverbialement et fîgurém. qu’Outient un homme, pour, qu’Oû l’a réduit en telétat qu’il ne peut plus trouver d’échappatoire,qu il ne peut plus éluder comme auparavant.Il a beau faire à présent , je le tiens.

On dit, Tenir un enfant sur les fonts deBaptême , ou simplement 5 Tenir un enfant ,pour dire, En être le parrain ou la marraine.On dit aussi figurément et familièrement, Xe-

82