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SAVANTS DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE
Si Newton eut des égaux dans les sciences mathématiques, ilne fut au moins dépassé par personne, dans cet ordre de travaux.Voltaire qui, l’un des premiers, adopta en France les vues de' Newton , a célébré en ces termes la gloire de cet illustre savant :
Confidents du Très-Haut, substances éternellesQui brûlez de ses feux, qui couvrez de vos ailesLe trône où votre maître est assis parmi vous,Parlez, du grand Newton n’étiez-vous point jaloux?
Un tel hommage, rendu par un tel homme est un brevetd’immortalité !
I
Isaac Newton naquit à Woolsthorpe, village du comté de Lin-coln, paroisse de Golsterworth, le 25 décembre 1642, l’annéemême de la mort de Galilée . Venu avant terme, comme Keppler,il entra dans le monde avec une constitution très-faible, ce qui nel’empêcha pas de parvenir à l’âge de quatre-vingt-quatre ans. ’
Son père, petit fermier du pays, était mort avant la naissanced’Isaac Newton , et au bout de quelques mois de mariage. L’en-fant était dans sa troisième année lorsque sa mère, HenrietteAyscough, épousa en secondes noces, Barnabé Smith, recteur deNortb Whitam. Il fut alors confié à sa grand’mère, qui lui fitdonner, dans les écoles des villages voisins, les premiers rudi-ments de l’instruction.
A douze ans, il fut envoyé à Grantham , ville la plus proche deWoolsthorpe, pour y faire des études plus complètes. Sa mère nesongeait guère toutefois à faire de lui un savant. Elle voulait seu-lement le mettre en état d’acquérir les connaissances nécessairespour gérer convenablement le petit domaine que son mari avaitlaissé en héritage à Isaac Newton .
Notre jeune homme ne se montra pas d’abord ce qu’on appelleun bon élève. De son propre aveu, il écoutait fort peu les leçonsdes professeurs, et était un des derniers de sa classe. Mais unecirconstance fortuite, en excitant chez lui l’émulation qui lui