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SAVANTS DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE
Les contemporains de Newton n’ont pas loué son caractère,et l’ont peint quelquefois sous des couleurs très-dures. Tel est,par exemple, Whiston, qui fut, il est vrai, un adversaire de sestravaux.
« Newton , écrit ce savant, était du caractère le plus craintif, leplus cauteleux et le plus soupçonneux que j’aie jamais connu. S’ileût été vivant quand j’écrivis contre sa chronologie, je n’eusse pasosé publier une réfutation, car, d’après la connaissance que j’avais ide ses habitudes, j’aurais dû craindre qu’il me tuât. »
Ce jugement est empreint d’exagération, car nous ne croyonspas que le philosophe anglais eût jamais voulu se venger des cri-tiques de Whiston en immolant son critique. On ne voit guère deces drames dans le pacifique domaine des sciences. Mais lesépithètes dont se sert Whiston pour qualifier le caractère de sonprédécesseur à Cambridge, paraissent la fidèle expression de lavérité.
Flamsteed , le directeur de l’Observatoire de Greenwich, dontles rapports avec Newton furent un moment très-tendus et très-difficiles, porte, en effet, sur lui, une appréciation du mêmegenre.
« Newton m’a toujours paru, écrit Flamsteed , insidieux, ambi-tieux, excessivement avide de louanges, et supportant avec impatiencela contradiction. »
On ne saurait contester l’exactitude de cette dernière allé-gation. Il suffit, pour en être convaincu, d’avoir suivi lespolémiques de Newton avec Hooke, Huygens , Leibniz et autressavants.
On peut aussi reprocher à Newton d’avoir quelquefois man-qué de loyauté dans ces discussions. Celle qu’il soutint contreLeibniz , à propos du calcul différentiel, en donne une preuvesurabondante.
La plupart des biographes ont célébré sur tous les tons lamodestie du philosophe anglais en se fondant sur la publicationtardive de ses travaux. Si Newton a tardé longtemps à lespublier, c’est qu’il souffrait des tracasseries que lui avaient valu