NEWTON
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ses premières communications à la Société royale de Londres .Pour avoir la paix, il cachait ses trésors. Ce ne fut que lorsquesa réputation fut solidement établie, qu’il se décida à faire con-naître ses découvertes, par la publication d un ouvrage.
« Je fus, écrivait-il plus tard à Leibniz , si persécuté d’objectionset d’interpellations sans fin, à cause de la publication de mes idéessur la lumière, que je résolus de ne pas m’y exposer davantage •m’accusant moi-même d'imprudence d’avoir, pour une vaine omlmperdu ainsi mon repos, un bien si solide et si substantiel. » e ’
Esprit profondément religieux, Newton ne permettait pasque l’on tournât devant lui en ridicule la religion, telle qu’on lapratiquait en Angleterre. Lorsque Halley, qui n’avait pas lesmêmes scrupules, se laissait aller à des plaisanteries de ce genreil l’interrompait par ces seuls mots : « J’ ai étudié ces choses-là etvous ne l’avez point fait. » ’
Newton était charitable, et grâce à l’élévation de son traite-ment, ainsi qu’à la simplicité de sa vie, il p 0uvait faire beau _coup de bien, tout en amassant une fortune assez considérable« Il ne croyait pas, dit Fontanelle , que donner après soi, ce fûtdonner. » Aussi ne laissa-t-il point de testament, et eut-il tou-jours pour règle d’assister ses parents et ses amis nécessiteux"Ses héritiers, au nombre de huit, dont quatre neveux et quatrenièces, eurent à se partager, à sa mort, la somme assez rond* A a32,000 livres sterling (800,000 francs). ’
Gonduitt, le mari de celle de ses nièces qui demeurait aveclui, lui succéda dans l’emploi de directeur de la Monnaie oùil l’avait suppléé, d’ailleurs, sur la fin de sa vie. ’
Newton ne s’est point marié. « Peut-être, comme dit Fonte-nelle, n avait-il jamais eu le loisir d’y penser. »
On a longtemps prétendu que Newton n’avait pas eu davantagele temps d aimer. C’est là une erreur historique, qui a étéreconnue de nos jours. Le docteur Stukeley a publié les confidences a lui faites par une Mme Vincent, qui, avant sonmariage, avait connu Newton chez l’apothicaire de Grantham où elle demeurait, en compagnie de plusieurs autres jeunes ner ’sonnes. Il paraît que le savant en herbe s’était épris d’une bellepassion pour miss Storey. Ce fut à cause de la modicité de sa