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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE

fortune et de lincertitude de son avenir quil dut renoncer àlépouser. Mais il eut toujours du plaisir à revoir cette personne,et lorsque parvenu à lapogée de la gloire, il faisait un voyagedans le Lincolnshire, il ne manquait jamais daller lui rendrevisite. Il vint même plusieurs fois en aide à divers membresde sa famille, en proie à des embarras pécuniaires.

Jusquà lâge de quatre-vingts ans, Newton jouit dune assezbonne santé. Il ne se servit jamais de lunettes, et pendant toute savie ne perdit quune seule dent. Vers sa quatre-vingtième année,il commença à être incommodé dune incontinence durine. Ilétait pourtant loin déprouver de véritables souffrances. Les signesde laffection de la pierre à laquelle il devait succomber ne semanifestèrent que dans les vingt derniers jours de sa vie.

Fontenelle, dans son Éloge de Newton, raconte ainsi la der-nière maladie du célèbre philosophe anglais :

« On jugea sûrement, quil avait la pierre, et quil nen pouvaitrevenir. Dans des accès de douleur si violents que les gouttes de sueurlui en coulaient sur le visage, il ne poussa jamais un cri, ni ne donnaaucun signe dimpatience; et dès quil avait quelques moments derelâche, il souriait et parlait avec sa gaieté ordinaire. Jusquedà il avaittoujours lu ou écrit plusieurs heures par jour. Il lut les gazettes, lesamedi 18 mars, au matin, et parla longtemps avec le docteur Mead,médecin célèbre. Il possédait parfaitement tous ses sens et tout sonesprit; mais le soir il perdit absolument connaissance, et ne la repritplus, comme si les facultés de son âme navaient été sujettes quàséteindre totalement, et non pas à saffaiblir. Il mourut le lundi sui-vant (20 mars 1727), âgé de quatre-vingt-cinq ans.

« Son corps fut exposé sur un lit de parade,*dans la chambre deJérusalem , endroit d lon porte au lieu de leur sépulture les per-sonnes du plus haut rang, et quelquefois les tètes couronnées. On leporta dans labbaye de Wetminster, le poêle étant soutenu par milordgrand chancelier, par les ducs de Montrose et Boxburgh, et par lescomtes de Pembroke, de Sussex et de Maclesfield. Ces six pairs dAn-gleterre, qui firent cette fonction solennelle, font assez juger quelnombre de personnes de distinction grossirent la pompe funèbre.Lévêque de Rochester fit le service, accompagné de tout le clergé deléglise. Le corps fut enterré prés de lentrée du chœur (1). »

Cest quen 1731 sa famille lui fit élever un monumentmagnifique, surlequel fut gravée une épitaphe, rappelant ses prin-cipales découvertes. Le docteur Robert Smith, son élève, auteur

(1) Ces détails avaient été transmis à Fontenelle par Conduitt.