NEWTON
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quement par Newton, mais une foule de travaux antérieurs avaientpréparé et facilité cette immortelle synthèse.
Depuis longtemps, en effet, cette idée flottait dans l’air desnations savantes. Lorsque Newton parut, elle était mure, et iln’eut que la peine de s’en emparer. Tout son mérite consiste àl’avoir démontrée mathématiquement, et à 1 avoir merveilleuse-ment généralisée. Il fallait sans doute un puissant génie pourarriver à ce résultat;, mais ce n’était pas celui de l’invention. Legénie du calcul et du raisonnement suffisait à cette tâche. On peutaffirmer que si Newton n’eût pas existé, un autre se fût trouvélà, un peu plus tard, pour recueillir la gloire qui est échue auphilosophe anglais.
On a des preuves nombreuses que le principe de l’attractionuniverselle avait été entrevu longtemps avant Newton. Voicid’abord ce que dit Plutarque , dans sa dissertation intitulée Dela face de la lune, où il examine pourquoi notre satellite ne tombepas :
« Et toutefois, il y a le mouvement de la lune qui, ne plus ne moinsque les pierres et cailloux et tout ce que l’on met dedans une fronde,sont empêchés de tomber parce qu’on les tourne violemment en rond.Car chaque corps se meut selon son mouvement naturel, s’il n’y aautre cause qui l’en détourne. C’est pourquoi la lune ne se meut pointselon le mouvement de sa pesanteur, estant son inclination.déboutéeet empescliée par la violence de la révolution circulaire (1). »
Au xvi° siècle, un certain Grots, commentant un ouvrage deBonardo, De la dimension des sphères célestes, dit « que les corpscélestes restent suspendus et en équilibre dans l’espace par uneespèce d’attraction magnétique produite par des corps éloignés. »Kopernik définissait la pesanteur « une appétence naturelledont le divin architecte de l’univers a doué les parties de lamatière, afin de les rendre aptes à s’unir pour former dessphères. »
Keppler assimilait le soleil à un aimant agissant sur les pla-nètes pour les retenir dans leurs orbites, et il avait trouvé queleurs vitesses de circulation varie à peu près en raison inverse ducarré des distances.