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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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NEWTON

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quement par Newton, mais une foule de travaux antérieurs avaientpréparé et facilité cette immortelle synthèse.

Depuis longtemps, en effet, cette idée flottait dans lair desnations savantes. Lorsque Newton parut, elle était mure, et ilneut que la peine de sen emparer. Tout son mérite consiste àlavoir démontrée mathématiquement, et à 1 avoir merveilleuse-ment généralisée. Il fallait sans doute un puissant génie pourarriver à ce résultat;, mais ce nétait pas celui de linvention. Legénie du calcul et du raisonnement suffisait à cette tâche. On peutaffirmer que si Newton neût pas existé, un autre se fût trouvé, un peu plus tard, pour recueillir la gloire qui est échue auphilosophe anglais.

On a des preuves nombreuses que le principe de lattractionuniverselle avait été entrevu longtemps avant Newton. Voicidabord ce que dit Plutarque , dans sa dissertation intitulée Dela face de la lune, il examine pourquoi notre satellite ne tombepas :

« Et toutefois, il y a le mouvement de la lune qui, ne plus ne moinsque les pierres et cailloux et tout ce que lon met dedans une fronde,sont empêchés de tomber parce quon les tourne violemment en rond.Car chaque corps se meut selon son mouvement naturel, sil ny aautre cause qui len détourne. Cest pourquoi la lune ne se meut pointselon le mouvement de sa pesanteur, estant son inclination.déboutéeet empescliée par la violence de la révolution circulaire (1). »

Au xvi° siècle, un certain Grots, commentant un ouvrage deBonardo, De la dimension des sphères célestes, dit « que les corpscélestes restent suspendus et en équilibre dans lespace par uneespèce dattraction magnétique produite par des corps éloignés. »Kopernik définissait la pesanteur « une appétence naturelledont le divin architecte de lunivers a doué les parties de lamatière, afin de les rendre aptes à sunir pour former dessphères. »

Keppler assimilait le soleil à un aimant agissant sur les pla-nètes pour les retenir dans leurs orbites, et il avait trouvé queleurs vitesses de circulation varie à peu près en raison inverse ducarré des distances.

(1) Plutarque , traduction dAmyot.