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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE

Dans un ouvrage publié en 1645, Bouillaud formule cetteloi plus nettement encore. Il dit que « la force du soleil,agissant sur les planètes, est en raison inverse du carré de leurdistance (1). »

Quant à la généralisation de lidée de la gravité et à son exten-sion à tous les corps célestes, avec un décroissement dintensitédépendant des distances, elle est explicitement indiquée, dès 1666,par Borelli, dans son ouvrage sur les Satellites de Jupiter (2).Borelli montre très-bien comment les planètes peuvent êtreretenues et suspendues dans le vide, autour du soleil, de mêmeque les satellites autour de leur planète, par laction dun pouvoircentral, exactement équilibré par la force centrifuge quengendrele mouvement de révolution de ces mêmes planètes. De cettecombinaison de forces, il déduit même, hypothétiquement il estvrai, le mouvement en ellipse et les inégalités des satellites,quil juge en partie produits par laction secondaire du soleil.

Ces aperçus sont très-justes; aussi, Huygens et Newton lui-même attribuent-ils à Borelli lhonneur de la première idée delextension du principe de la pesanteur et de son application auxmouvements planétaires.

Enfin la loi de variation de lattraction en raison inverse ducarré des distances, était admise par trois compatriotes et contem-porains de Newton, dont les deux premiers fort célèbres, Hooke,Hallev et le chevalier Wren, quoiquil leur fût imposible de ladémontrer. On voit même que, dès 1666, Hooke soccupait devérifier cette loi expérimentalement, en cherchant à constater sile poids des corps variait à diverses distances du centre de la terre,depuis les plus grandes élévations jusquaux plus grandes pro-fondeurs lon pût atteindre. Deux mois après, il faisait devantla Société royale de Londres une expérience qui offrait lexemple,alors nouveau, dun mouvement curviligne, produit par la com-binaison dune impulsion primitive avec un pouvoir attractifémané dun centre. Un long fil terminé par une sphère de bois,figurant un planète, était supendu au plafond de la salle. Enécartant ce pendule delà verticale, et lui donnant une impulsionlatérale, perpendiculaire au plan de lécart, on voyait la sphère-

(1) Astronomia Philolaïca.

(2) Theoricœ planetarum ex cousis physicis deductœ. Florence, 1600.