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SAVANTS DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE
plus grands mouvements que l’univers nous offre, et que son déve-loppement complet sera la véritable perfection de l’astronomie (1). »
Quoi de plus net, et ne voit-on pas que si Hooke eût possédé legénie mathématique de Newton , il eût certainement attaché sonnom à la découverte de la gravitation universelle?
D’après ce qui vient d’être dit, on voit que, dans la secondepartie du xvm° siècle, le problème général de la gravitationavait déjà été singulièrement élucidé par les études des physi-ciens et des astronomes. Newton s’en empara, le creusa et lerésolut. Voilà la vérité.
Examinons maintenant comment il y fut conduit.
En réfléchissant à ce singulier pouvoir qui attire les corps versle centre de la terre, et qui s’exerce, sans diminution apprécia-ble, jusque sur le sommet des plus hautes montagnes, Newton fut amené à se demander s’il ne s’étendrait pas jusqu’à la lune, etsi ce ne serait pas ce même pouvoir qui retiendrait dans son orbitele satellite terrestre. Poursuivant ses inductions, il songea que,cette première vue étant exacte, les planètes qui se meuvent autourdu soleil, devaient être maintenues de même dans leurs orbites-par leur pesanteur vers cet astre. Si un principe général quej’appellerai la pesanteur existe , disait Newton , les planètesdoivent avoir des vitesses diverses en différents points de leursorbites, par la raison que tous les points de l’ellipse sont situés àdes distances différentes du soleil. Or Keppler a posé une relationentre les temps des révolutions des planètes et leurs distances ausoleil. On pourra donc en conclure la loi de croissance et dedécroissance des vitesses, et par suite celle de la pesanteur solaire.En partant de la loi de Keppler, Newton trouva, en effet, quel’énergie de la pesanteur solaire décroissait proportionnellementau carré de la distance : le calcul venait de lui donner la clef dusystème du monde.
Ayant déterminé cette loi, Newton voulut l’appliquer à lalune, et voici comment. Sachant de quelle quantité tombe uncorps à la surface de là terre, dans la première seconde de sachute, il calculerait de combien devrait tomber la lune dans lemême temps, en affaiblissant la pesanteur suivant'la loi du carré.
(1) Essai pour prouver le mouvement (le la terre par des observations. Londres ,1674, in-4".