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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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NEWTON

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Cet élément obtenu, il en déduirait la vitesse du mouvementde circulation de la lune, ou la durée de sa révolution, et sicette vitesse concordait avec celle qu assignait 1 observation, ilfaudrait en conclure que la terre exerce un pouvoir attractif surnotre satellite !

Pour faire ces calculs, il fallait connaître exactement la mesuredu rayon terrestre et la distance de la terre à la lune, expriméeen parties de cette mesure. Malheureusement, à cette époque onne possédait encore aucune mesure précise de la terre. Le degrédu méridien était évalué à GO milles anglais (297,251 pieds deParis ) ; Newton en déduisit le rayon terrestre égal à 17,031,230pieds, et basa ses calculs-dessus. Aussi trouva-t-il, pour la forcequi retient la lune dans son orbite, une valeur plus grande dusixième que lobservation ne lassigne, daprès le mouvement decirculation de notre satellite.

Arrivé à ce résultat, Newton ne songea pas un instant que labase de ses calculs pouvait être erronée ; il aima mieux douter dela valeur de son hypothèse. « Je me suis trompé, se dit-il ; lapesanteur nattire pas la lune en raison inverse du carré de ladistance. Il y a quelque cause qui méchappe, et qui modilie,pour la terre et la lune, la loi générale que jai découverte. »Lui qui avait rejeté avec dédain la théorie des tourbillons deDescartes , il fut alors tenté dy revenir.

On na pas assez remarqué cette défaillance dun grand génie.Il faut lavouer, Newton manqua de cette foi robuste, de cetteconviction inébranlable, qui animent et soutiennent les inven-teurs. Ce principe général de lattraction, si bien fait pour sim-poser tyranniquement à un esprit supérieur, en dehors même detoutes considérations mathématiques, il le renia, dès quil le viten opposition avec ses calculs : ce qui vient à lappui de notredire, quen astronomie, Newton fut avant tout un mathématicien.On eût aimé entendre Newton sécrier, à la lin de ses calculs :a Et cependant la terre attire la lune en proportion inverse ducarré de la distance ! »

Ceci se passait en 1G6G. Après la déception quil venait dé-prouver, Newton abandonna, pour un temps, ses travaux astro-nomiques, et soccupa exclusivement de mathématiques pures etdoptique. Mais, en 1679, il dut écrire à Hooke, alors secrétairede la Société royale, au sujet dun système de physique céleste