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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE

des sciences me donne trop doccupation et tourne toutes mes étudessur des matières différentes de celles-. Ce serait plutôt à M. Van-Date à répondre quà moi; je ne suis que son interprète, et il est mongarant. Enfin, je nai point du tout lhumeur polémique, et toutes lesquerelles me déplaisent. Jaime mieux que le diable ait été prophète,puisque le Père jésuite le veut, et quil croit cela plus orthodoxe, i

Van-Dale eût été moins plaisant, mais aussi moins coulantque Fontenelle , à qui, dailleurs, il était en droit de reprocher denavoir pas été linterprète bien fidèle de toutes les hardiesses deson livre. Cest ce quil ne manqua pas, dailleurs, de faire, quandil fut informé de tout le bruit quoccasionnait en France Y Histoiredes oracles. Van-Dale , en effet, avait complètement éliminé lesdémons, tandis que Fontenelle , par modération, et comme sil eûtvoulu faire la part des théologiens, leur avait laissé une petiteplace. Dans tous les antres se rendaient les oracles de l'anti-quité, il avait bien caché des prêtres imposteurs, à la place desdémons ; mais il avait réservé à ceux-ci le département de lamagie. Dans une lettre à un de ses amis, publiée dans le Journalde Bayle , Van-Dale sexprime ainsi sur la prudence de Fonte-nelle :

«... Ce savant et galant homme me pardonnera si je dis quil aoublié des choses importantes, et qui pourraient être plus décisiveset moins ennuyeuses que dautres, dont il a fait emploi dans sonouvrage. Cest peut-être un malheur pour la cause quil soutient avecmoi, quil ne soit pas dans un pays de liberté; car je ne puis imputer àune autre raison le silence quil a gardé, ou les déguisements quila pris. »

Après le triple succès des Dialogues des morts, des Entretienssur la pluralité des mondes et de Y Histoire des oracles, tous livrescomposés à Rouen , Fontenelle crut quil pouvait désormais quittercette ville, et venir sétablir dans la capitale. Une place étantvacante à lacadémie française, il posa sa candidature; mais il sevit repoussé, malgré ses titres, par une cabale, à la tête de laquellemarchaient Racine et Boileau .

Ce ne fut quen 1691 quil fut admis enfin dans la docte com-pagnie, mais non sans avoir essuyé encore trois autres échecs.Cest ce quil se plaisait à raconter plus tard, aux candidatsmalheureux qui saffligeaient davoir été refusés une ou deuxfois.« Mais, ajoutait-il, je nen ai jamais consolé aucun. »