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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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« Je n'en suis pas surpris, lui dit, un jour son ami, labbéTrublet . On sait bien pourquoi vous avrez ete refuse et leslettre» de MM. Despréaux et Racine ont achevé d en instruire le

public. Auprès deux, le neveu des Corneüle était un pecheoriginel, et lassocié des Perrault un énorme péché actuel, dontje vois même que vous ne vous repentez point encore. G est vousqui aviez gâté M. de la Motte. Aussi Despréaux, qui 1 estimait,disait de lui : « Cest dommage qu il ait été s encanailler deFontenelle. »

« Et Fontenelle de rire, ou plutôt de sourire, car il avouait navoirjamais ri, ni pleuré, ajoute labbé Trublet . Seulement il souriaitsouvent et naturellement (1). »

Le nom de Perrault que nous venons de prononcer, annonceque la fameuse querelle sur les Anciens et les Modernes a déjàcommencé. Charles Perrault , quil ne faut pas confondre avec sonfrère Claude Perrault , le médecin devenu architecte, que Boileau ,du reste, na pas épargné non plus dans ses vers, fut, en effet, lepremier instigateur et le chef de la sédition littéraire qui éclata,vers la fin du xvn e siècle, contre les ouvrages de lantiquité.

Charles Perrault était un écrivain dun esprit original,doué dheureuses qualités de style, quil avait compromises ensadonnant trop longtemps au genre burlesque. Très-bien vude Colbert , il avait beaucoup contribué à faire installer laca-démie française au nouveau Louvre, construit sur les dessinsde son frère; et de plus, il avait eu une grande part à la fon-dation des académies des sciences, des inscriptions et belles-lettres et des beaux-arts. Il était membre de lacadémie des inscrip­ tions , et lacadémie française lavait également admis dans son sein,non-seulement par reconnaissance, mais pour des titres littérairesplus sérieux, à coup sûr, que ceux de la grande moitié des acadé-miciens à cette époque. Beaucoup plus âgé que Fontenelle , ilétait depuis longtemps un des quarante, quand celui-ci entra àlacadémie en 1G91, et il y avait alors cinq ans que le premiervolume de son Parallèle des anciens et des modernes était publié,le quatrième et dernier volume nayant paru quen 1696. Cétaitdonc tout justement au milieu du cours de cette publication queFontenelle arrivait à lacadémie, et alors quil était bien connu

(1) Labbé Trublet , Mémoires sur M. de Fontenelle , in-12, Paris 1759, p. 40.