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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE

de tout le monde quil avait pris parti pour Perrault . Il ne pou-vait donc pas compter sur la voix de Boileau , qui, en effet, la luirefusa, et travailla avec une sorte dacharnement contre, sonélection.

Fontenelle, cependant, avait porté dans cette dispute lesprit dedouceur et de modération quil montrait partout. Il naurait pas,avec Perrault , placé Homère au-dessous de Scudéry. Ce nétaitpas même un combattant, si jamais on a pu employer ce terme enparlant de Fontenelle, qui put être comparé à la Motte, et cétaitbien à tort que Boileau lui imputait de lavoir débauché. Lui-même dit un jour, en souriant, à son ami Trublet : « Je nai jamaisété aussi partisan de M. Perrault que certaines gens auraient voulule persuader ; je nai jamais été aussi loin que lui. Aussi labbéBignon me dit-il un jour que jétais le patriarche dune secte dontje n étais pas. »

Fontenelle, en effet, navait pas pour décrier les anciens, lagrande raison qui suffisait pour motiver et pour excuser, jusquàun certain point, les fureurs des simples soldats de larmée ilse trouvait engagé. 11 savait le latin, le grec et lespagnol . Maissil comprenait les anciens, il ne leur empruntait rien, et on peutdire, en général, que cétait lécrivain le moins porté à imiter lesautres. Il avait fait, chez les Jésuites , dassez bons vers latins pourquon ne pût le soupçonner de refuser son admiration à Virgile ;mais il nentendait pas que cette admiration pour les anciens fûtexclusive, sans restriction aucune, et tournât au fétichisme. Cétait, au fond, toute la question ; les folies qui furent dites de part etdautre, le débat se prolongeant, ont bien pu loffusquer, mais nelont pas fait disparaître. Elle sest ranimée avec une égale vio-lence, cent quarante ans après, cest-à-dire vers 1830, entre lesclassiques et les romantiques.

Ne pas admettre que toutes les formes possibles du beau aientété trouvées par deux peuples de lantiquité ; ne pas souffrir quonse serve perpétuellement des chefs-dœuvre grecs et latins, commedautant de massues pour écraser et aplatir les plus beaux ouvragesdes Français , des Italiens,-des Anglais et autres, telle était la pré-tention des écrivains qui sengageaient sous la bannière de Charles Perrault contre Boileau , Racine, La Bruyère et Dacier. Si lontrouve Fontenelle dans la mêlée, on peut croire, daprès sonaveu même, que ce nétait pas la passion qui ly avait jeté ; cétait