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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE

Pour justifier ce qui vient dêtre si Lien dit sur cette absencecomplète du sens poétique chez Fontenelle , il nous reste à donnerquelques échantillons de ses jugements sur les poètes de lanti-quité. On verra combien, dans cette matière, il y a loin de Com-prendre à sentir. Eschyle lui paraît une espèce de «fou, » quiavait limagination vive et mal réglée. Euripide « ne connaît pointdu tout lintrigue » et les jeux de théâtre sont rares dans sespièces. « Voyez, dit Fontenelle, comme dans Alceste , Hercule ,arrivant chez Admète , se met aussitôt à faire bonne chère. Cettedescription est si burlesque, quon dirait dun crocheteur qui estde confrérie. » Il maltraite un peu moins Aristophane : il ledéclare a plaisant » et lui trouve « de fort bonnes choses, j Sila plupart de ses pièces sont « sans art, » sil ny a ni nœud, nidénoûment, cest que la comédie était alors imparfaite. « Onvoit bien, dit-il, par ces ébauches informes, quelle ne 'fait quede naître en Grèce . » Quant à Théocrite , il le trouve dune gros-sièreté repoussante : « Les discours quil prête à ses personnagessentent trop la campagne; ce sont de vrais paysans et non pasdes bergers déglogue... Ces bergers sont trop bergers. » Quonjuge, daprès cette poétique, de ce que peuvent être les Pasto-rales de Fontenelle !

Notre auteur a fait aussi imprimer des comédies, dont quel-ques-unes ont été représentées. Toutes sont au-dessous du mé-diocre : tant il est vrai que lesprit, au théâtre, nest pas lecomique, et quil ne le sera jamais!

Mais ce qui est plus grave que davoir fait des comédies froides,c'est davoir érigé cette froideur en système. Voici comment Fon-tenelle sexprimait dans sa Réponse à Destouches , le jour ilreçut ce poète à lacadémie française.

t La plus difficile espèce de comiquè, est celle qui nest comiqueque pour la raison, qui ne cherche point à exciter bassement un rireimmodéré dans une multitude grossière, mais qui élève eette multi-tude, presque malgré elle-même, à rire finement et avec esprit. » Maisajoute-t-il, lâme ne serait-elle point plus susceptible des agitationsviolentes que des mouvements doftx? Ne serait-il point plus aisé dela transporter hors de son assiette naturelle, que de lamuser avecplaisir en ly laissant; de lenchanter par des objets nouveaux etrevêtus de merveilleux, que de lui rendre noûveaux des objetsfamiliers ? j