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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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FONTENELLE

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Gomme ceci ne sappliquait pas au théâtre de Destouches , cestbien, par un retour sur lui-même, que Fontenelle voulait ainsilu comédie «sans passion, sans gaieté, sans mouvement, en unmot, sans effet.

Quoique Fontenelle ne fût pas poète, il versifiait aussi bienque le premier venu, que son ami La Motte, par exemple; etpourvu que le morceau ne fût pas de longue haleine, il ne sentirait pas mal. Cest ainsi quil fit plusieurs petites pièces satiri-ques fort bien réussies.

Boileau avait assez souvent maltraité Fontenelle pour mériterque ce dernier fît contre lui sa meilleure épigramme. A loccasionde lOde sur la prise de Namur et de la Satire sur les Femmes, deuxpièces dans lesquelles Boileau était presque descendu au dernier,r ang comme poète, Fontenelle lança contre lui les traits suivants :

Quand Despréaux fut sifflé sur son ode,

Les partisans criaient dans tout Paris :

Pardon, messieurs, le pauvret sest mépris,

Plus ne louera, ce nest pas sa méthode.

Il va draper le sexe féminin,

A son grand nom vous verrez sil déroge.

Il a paru, cet ouvrage malin ;

Pis ne vaudrait, quand ce serait Éloge I

II

Nous venons de tracer le portrait de Fontenelle, bel esprit etécrivain. Nous avons maintenant à considérer notre personnagepar son autre côté, le côté du savant.

Et dabord, disons comment le neveu des deux Corneille futconduit à délaisser les belles-lettres proprement dites, pours adonner aux sciences ou à leur littérature.

En 1697, Fontenelle, déjà depuis six ans membre de lacadé-mie française, entra à lacadémie des sciences , et au bout de deuxans (1699), lors de la réorganisation de lacadémie des sciences ,il fut nommé secrétaire perpétuel de cette compagnie. Deux ansPlus tard (1701), il fut admis à lacadémie des inscriptions et belles-lettres . Les titres de noblesse académique, les seuls quileût ambitionnés, lui étaient conférés, on le voit, avec profusion,et pour ainsi dire, coup sur coup.

t. v.

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