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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE

Il prit peu de part aux travaux de lacadémie des inscriptions.Au bout de quatre ans, il demanda et obtint la vétérance, et sabs-tint scrupuleusement de paraître aux séances il y avait desélections. Mais il nen fut pas de même des deux autres acadé-mies, entre lesquelles il partagea désormais son temps et ses tra-vaux. Lacadémie des sciences , en raison de sa position de secré-taire perpétuel, en réclamait naturellement la plus forte part.Cette place demandait, outre un travail immense, une certaineabnégation, puisque celui qui loccupait devait semployer toutentier à faire valoir les travaux de ses confrères.

Avant dentrer à lacadémie des sciences , on peut dire que Fon-tenelle nétait guère connu du public que par des œuvres littérai-res. A la vérité la plus éminente de toutes (les Entretiens sur lapluralité des mondes) pouvait passer pour un petit traité de phy-sique et de mathématiques. Cétait un titre scientifique biensuffisant pour le temps et pour les collègues à la tête desquelsFontenelle se trouvait placé ; mais ce nétait pas un titre véritable-ment scientifique, tel quon laurait pu exiger dun secrétaireperpétuel de lacadémie des sciences de Paris . Il fallut attendreprès de trente ans pour que Fontenelle se créât, après coup, letitre justificatif de sa position. Il se mit en règle sous cerapport, en publiant en 1727, sa Géométrie de linfini, qui estune sorte dintroduction au calcul infinitésimal, que Newton et Leibniz avaient créé, mais qui alors était fort peu comprisdes plus savants géomètres. Cest ce que Fontenelle exprimaavec assez de sans-façon, en présentant cet ouvrage au filsdu Régent : « Monseigneur, lui dit-il, voilà un livre que huithommes seulement en Europe sont en état de comprendre, etlauteur nest pas de ces huit-. »

On raconte, en effet, que lorsque Fontenelle composait cet ou-vrage de mathématiques transcendantes, sil lui arrivait de sus-pendre son travail pendant quelques jours, il avait toutes lespeines du monde à comprendre ce quil avait écrit précédemment.Ses paroles au fils du Régent nétaient sans doute que lexpres-sion de la vérité. Seulement il faut croire, pour son honneur desavant, que Fontenelle , pendant quil écrivait ce discours, était enétat de le comprendre, mais quil avait ensuite oublié ce qu ilavait appris avec tant de peine.

Parmi les titres purement scientifiques de Fontenelle, il faut