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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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FONTENELLE

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<-Ompter la préface quil rédigea pour louvrage du marquis de^Hôpital sur les infiniment petits , qui traitait également du calculinfinitésimal, inventé par Newton et Leibniz . Ce morceau futtrès-remarqué à une époque les savants qui écrivaient sur depareilles matières, ne savaient être ni élégants, ni clairs.

Nous ne priverons pas nos lecteurs dune jolie anecdote queiabbé Trublet nous raconte au sujet de cette préface.

Fontenelle y avait beaucoup loué Pascal et les anciens géo-mètres, qui, pourtant, navaient pas eu le secours de la nouvelleanalyse.

« M. Rollin qui lut cette préface, nous dit Trublet , lorsquil voulutdire quelque chose sur la géométrie à la fin de son Histoire ancienne, etqui en ignorait le véritable auteur, fut enchanté des louanges don-nées aux anciens et à Pascal, et depuis il se plaisait à opposer, surles premiers, lautorité du marquis de lHôpital à celle de M. de Fon-tenelle, quil croyait dans des sentiments bien différents. On en parlatant à M. de Fontenelle, quil désira de se trouver avec M. Rollin.11 sy trouva, le mit sur les Anciens et sur la Préface, le laissa senprévaloir et la lui objecter, et lui révéla enfin que cétait lui quilavait faite. M. Rollin fut un peu honteux, offrit à Dieu cette petitehumiliation, lit réparation dhonneur à M. de Fontenelle, et leremercia de la manière dont il avait parlé de Pascal (1). »

En résumé, ce fut lesprit philosophique de Fontenelle qui ledésigna, plutôt que ses talents dans les sciences pures, pour les fonc-tions de secrétaire perpétuel de lacadémie des sciences de Paris .

Jusqu a la réorganisation, ou plutôt, jusquau nouvel établisse-ment de cette académie, il avait suffi décrire en latin, comme°elase faisait partout, lhistoire de ses travaux; mais le xvm e sièclea llait souvrir, siècle un public plus nombreux quauparavant,s intéressait au progrès des sciences. Lacadémie ne pouvait plusmettre entre elle et ce nouveau public le voile épais dune languemorte et ignorée de limmense majorité de ceux qui aspiraient às instruire.

* Fontenelle , dit Sainte-Beuve , est le premier secrétaire per-pétuel de lacadémie des sciences qui eût écrit en français : son pré-décesseur, Du Hamel, écrivait encore en latin. Fontenelle fut doncnovateur et innovateur dans ce mole dexposition élégante et demi-mondaine. Son travail se composa de deux parties : les Extraits et

(1) Trublet , Mémoires sur M. de Fontenelle, Paris 17S9, in-12.