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5 (1870) Savants du XVIIIe siècle : Newton, Leibniz, D'Alembert, Euler, Bernouilli, Fontenelle, Linné, Boerhaave, Haller, Spallanzani, Jussieu, Réaumur, Buffon, Condorcet, Rouelle, Lavoisier / par Louis Figuier
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SAVANTS DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE

analyses des travaux académiques, et les Éloges des académiciens.Dans les extraits, il sattache, avant tout, à éclairer et à démêler cequil expose : il avait pour principe que, dans les sciences, la certi-tude elle-même des résultats ne dispense point de la clarté, et que laraison commune a droit à tout instant dintervenir et de.demandercompte, autant quil est possible, de ce que les méthodes particulièreslui dérobent. Dans les éloges des académiciens, il sut garder de sonancienne manière quelque chose de perpétuellement ingénieux et fin;mais son amour de lexactitude y introduisit de plus en plus la sim-plicité. La simplicité de Fontenelle, comme vous le pensez, est duneforme qui ne la laisse pas ressembler à celle des autres (1). »

Quand il fut nommé secrétaire perpétuel de lacadémie dessciences de Paris, Fontenelle , sans être un savant profond, nien géométrie, ni en aucune autre science, était, sans contre-dit, lhomme le plus capable de toute lacadémie, de remplir cesfonctions si lourdes et en même temps si délicates. 11 alla bienau delà de ce quon attendait de lui. Il écrivit dabord l 'Histoirede lacadémie des sciences , depuis 1666, date de sa première fon-dation, jusquen 1699, année il avait été nommé secrétaireperpétuel. Et pendant la durée de ce labeur immense et rétros-pectif, il prononça les Éloges de tous les savants qui avaient ap-partenu à cette comprgnie.

Voilà ce que fit Fontenelle pendant quarante-deux ans, carce fut seulement après ce laps de temps quil obtint la per-mission dabandonner ses fonctions. Existe-t-il une autre vielittéraire ou scientifique aussi remplie que celle-? On saitque Fontenelle vécut tout un siècle, et comme il avait débutéde bonne heure dans les lettres, il eut la fortune, peut-êtreunique, décrire pendant quatre-vingts ans, et de jouir, on peutle dire, de quatre-vingts ans de célébrité !

Le recueil des Eloges de Fontenelle forme un livre qui étaitnon-seulement sans précédent dans aucun pays, mais qui est en-core aujourdhui un des meilleurs de notre langue. Sil nest paslu autant quil devrait lêtre, si même il nest consulté aujour-dhui que parles savants et les curieux, cela tient à une cause queVoltaire a très-judicieusement marquée en parlant de lHistoire del'académie des sciences , car les Éloges sont un peu dans le cas delHistoire.

(1) Causeries du Lundi, t. III, page 333.