183 SAVANTS DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE
Bianchini, de Maraldi, de Valincourt , de Du Verney, de Marsigli ,de Geoffroy, de Ruysch , du président de Maisons, de Chirac, duchevalier de Louvilie, de Lagny, de Ressons, de Saurin, deBoërhaave , de Manfredi et de Du Fav. — Ainsi Fontenelle pro-nonça soixante-neuf Éloges.
Ces Éloges, nous déclare-t-il dans celui de Malebranche , « nesont qu’historiques, c’est-à-dire vrais. »
« Le titre d 'Éloges n’est pas trop juste, dit-il, dans la préface du se-cond volume; celui de Vies l’eût été davantage; car ce ne sont pro-prement que des Vies, telles qu’on les aurait écrites en rendant sim-plement justice. J’en puis garantir la vérité au public. J’ai su parmoi-même un assez grand nombre des faits que je rapporte, j’ai tiréles autres des livres do ceux dont je parle, même de livres faits contreeux, ou de mémoires fournis par les personnes les mieux instruites.Je n’ai pas eu la liberté, et encore moins le dessein, de faire des por-traits à plaisir de gens dont la mémoire était si récente. Si cependanton trouvait qu’ils n’eussent pas été assez loués, je n’en serais ni sur-pris, ni fâché. »
Trouver la philosophie, ou, comme on disait du temps deFontenelle, la métaphysique d’une science, c’est l’agrandir. Nulne le comprenait mieux que Fontenelle , et en cela il se rappro-chait de Descartes . Il fait remarquer que ce dernier loue dansDésargues , un grand géomètre de son temps, dont nous avonsdonné la biographie dans le volume précédent de ce recueil,quelques vues nouvelles sur la métaphysique de la géométrie, puisil ajoute :
« La façon dont il commence son raisonnement est d’autant plusbelle qu’elle est plus générale, et semble être prise de ce que j’ai cou-tume de nommer la métaphysique de la géométrie. »