FONTENELLE
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Lorsque du Hamel, le prédécesseur de Foutenelle, dans le se-crétariat de l’académie des sciences , avait été averti par l’âgeet les infirmités, de la nécessité de prendre sa retraite, il l’avaitdemandée au chancelier de France , 'M. de Pontchartrain , qui lalui avait accordée, et qui avait agréé Fontenelle à sa place. En1737, Fontenelle, âgé de quatre-vingts ans, jugea que son tourétait venu de demander également un successeur ; mais il nerencontra pas chez le cardinal Fleury les mêmes dispositionsfiue du Hamel avait trouvées chez M. de Pontchartrain .
« Il y a justement sept ans, écrivait-il au cardinal ministre, quej’obtins de Votre Éminence son agrément pour abdiquer la seuledignité que j’aie en ce monde, celle de secrétaire de l’académie des sciences . Je me rendis cependant aux instances que plusieurs de cesmessieurs me firent pour demeurer, quoiqu’il y entrât peut-être ducompliment. Sept années de plus fortifient beaucoup les raisons quej’avais en ce temps-là, et il s’en faut bien que tout le monde ait unetète à ne se démentir jamais. Quelque différence qu’il y ait entre laFrance et l’académie, je vous renouvelle très-humblement ma prièreet suis avec un profond respect... »
Mais le cardinal Fleury, qui avait soixante-seize ans, n’en-tendait pas qu’on se trouvât vieux à quatre-vingts. Il combinadonc une réponse qui ne disait ni oui ni non, et qui laissait leschoses à leur état. Ce ne fut que trois ans après, et sur de nonrelies instances de Fontenelle, qu’il voulut Lien lui rendre saliberté, non sans quelques réserves, par un billet qui commenceAinsi :
« Vous n’ètes qu’un paresseux et un libertin; mais il faut de 1 in-dulgence pour ces sortes de caractères... *
Fontenelle était le doyen, et il s’appelait lui-même le Nestor destrois académies. Dans un discours qu’il prononça, comme direc-teur de l’académie française, à l’ouverture de 1 assemblée pu-blique du 25 août 1741, il s’exprimait ainsi :
* Un demi-siècle passé parmi vous m’a fait immérité; mais, jel’avouerai, messieurs, je me flatte d’en avouer encore un autre, etPlus considérable, et qui vous a plus touches, c est mon attachementpour cette Compagnie, d’autant plus grand que j ai eu plus do tempsPour la bien connaître. Je dirai plus; ceux qui la composent présen-tement, je les ai vus tous entrer ici, tous naîtie dans ce inonde litté-