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SAVANTS DU DIX-HUITIÈME SIÈCLE
témoignages qu’il aimait ses aises, ne goûtait Lien que les émo-tions douces, et restait volontiers là où il se trouvait. « Le sagetient peu de place, disait-il, et en change peu. »
C’est ce qu’il fit. Après la mort de son oncle, Thomas Corneille ,il était allé loger au Palais-Royal, où le Régent, qui l’estimaitbeaucoup, lui avait donné un appartement. Il y demeura jusqu’àla mort de ce prince, et même un peu au delà. On lé voit ensuiteétabli chez un avocat de ses amis, qui le garde jusqu’à sa mort(la mort de l’avocat, bien entendu). Forcé de trouver une autredemeure, car il n’en changeait jamais volontairement, Fontenelle fut recueilli, comme nous l’avons dit plus haut, par son neveu àla mode de Bretagne, par M. d’Aube.
A la mort de M. d’Aube, autre déménagement forcé de Fonte-nelle. Mais, cette fois, le philosophe n’eut pas à beaucoupdéranger ses habitudes. La sœur de M. d’Aube, M mo de Montigny,vint le remplacer auprès de Fontenelle.
Notre vieux philosophe avait, en effet, besoin de soins. Il n’avaitjamais eu de maladie, mais il lui survint des accès de goutte. Ildevint sourd. A la surdité se joignit l’affaiblissement de la vue.Ce fut alors qu’il dit : « J’envoie devant moi mes premiers équi-pages. » De plus, pendant les deux ou trois dernières années de savie, il ôtait devenu sujet à de fréquentes faiblesses et même à desévanouissements ; mais il en revenait et se disait aussi bien por-tant qu’auparavant, sauf une certaine difficulté d’être qui augmen-tait toujours. Enfin le samedi matin, 9 janvier 1757, il eut undernier évanouissement, qui fut la mort. Il était âgé de cent ans,moins vingt-huit jours.
Nous terminerons cette Notice en signalant les principalespublications qui ont eu pour objet la vie et les travaux de Fonte-nelle. Ces publications sont nombreuses, mais en général peuétendues, et aucune ne peut être considérée comme une véri-table étude biographique, scientifique et littéraire de ce per-sonnage.
La source la plus précieuse à consulter, en raison du nom deson auteur, qui fut le constant ami et admirateur de Fontenelle,c’est l’ouvrage de l’abbé Trublet , qui a pour titre Mémoires sur lavie de M. de Fontenelle. C’est le recueil des différents articles quel’abbé Trublet avait publiés dans le Journal de Trévoux, pendant