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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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ARGILE.

ARGILE.

39

Résidu.

Silice.

Alumine.

Kau.

1

Saint-Yrieix

9.76

42.07

34.63

4 2.47

2

Les Pieux.

9.G7

42.it

34.31

4 2.09

3

Clos-Mad nic

8.96

39.91

36.37

12.94

4

Chabrol. .

24.87

32.93

29.n8

10.73

3

Cornouaille

19.63

46.63

24.06

8.74

G

Dcvon . .

4.30

44.26

36.81

12.74

7

Chiesi . .

8.14

43.03

32.24

11.36

8

Piémont .

48.0:)

23.94

21.14

7.42

9

Passau . .

4.30

4 2.13

37.08

12.83

10

Ane.

4 s.oo

33.98

34.1 2

11.09

1 1

Soidlitz. . .

12.33

40.78

34.16

12.10

12

Ilall ....

43.8 4

26.10

22.30

7.55

13

Oporto. . .

0.1 1

40.62

43.94

14.62

1 4

Sargadelos .

3.64

43.25

37.38

12.83

15

Wilinington

22.81

32.69

33.01

12.12

Le produit final de la décomposition se rapproclio deplus en plus de la composition d’un silicate d’aluminehydraté.

Comme conséquence de ces faits, on admettra quetoutes les roches ignées contenant de l’alumine laissentpar leur décomposition un résidu argileux plus ou moinspur, plus ou moins mélangé de quartz, d’oxyde dofer, etc., suivant la nature de la roche primitive et sui-vant les circonstances qui ont accompagné son alté-ration.

Si, de plus, on considère que presque toutes les rochesd’origine ignée sont sujettes à la décomposition, sousl'influence atmosphérique, on pourra facilement ratta-cher à la décomposition de ces terrains, qui sont si ré-pandus dans la masse de la terre, la formation des ma-tières argileuses. On peut faire remarquer à l’appui decette opinion que l'on ne rencontre que par exception,dans les terrains stratifiés, des silicates à plusieurs basesanalogues à ceux des roches platoniques, tandis que lesilicate dhiluminc hydraté, l’argile, en forme l’élémentprincipal.

Toutes les argiles enfin renferment, comme M. Mits-eherlicli et d’autres chimistes l’ont démontré, des quan-tités d’alcalis qui prouvent leur communauté d’origineavec les kaolins.

La promptitude avec laquelle la roche, amenée de lasorte à l’état terreux, peut être délayée dans les eauxpluviales, explique d’une manière simple son entraîne-ment par voie mécanique jusque dans les terrains ma-rins ou lacustres où les matières se sont déposées.

On trouverait difficilement une autre origine auxmasses argileuses des terrains stratifiés ; personne nesaurait voir dans ces matières le résultat d’une simpledésagrégation des roches ignées.

Elles diffèrent de celles-ci par leur composition chi-mique moins complexe, par l’eau qu’elles renfermenton combinaison, par leurs propriétés physiques, parleur plasticité et leur infusibilité.

Cette explication parait satisfaire d’une manière com-plète à toutes les conditions du problème ; on expliqueainsi toutes les variétés que présentent ces couches,soit dans leur composition, soit dans leur nature ; carles eaux qui entraînent l’argile en suspension enlèventen meme temps d’autres matières de grosseur et dedensité différentes qui peuvent se mêler avec les dépôtsargileux (sable, mica) ; ces dépôts mécaniques se mé-langent nécessairement d’ailleurs avec les autres corpsqui se précipitent chimiquement dans le meme bassin,comme la silice qui a été dissoute et qui se sépare sousl'influence cle l’acide carbonique de l’air ou de l’eaupure elle-même, comme les carbonates de chaux et demagnésie, comme l’oxyde de fer, etc.

Si l’on applique aux kaolins les procédés d’analyserationnelle que nous avons décrits plus haut, on trouvequ’en général, en négligeant les résidus éloignés parles lavages successifs, par l’acide sulfurique et la po-tasse, les formules qui représentent la composition dol’hydrosilicate d’alumine contiennent l’alumine et l’eaudans des proportions définies dans le rapport de I à 2.

Les analyses ducs à M. Malaguti le démontrent évi-demment.

Le tableau qui suit contient les résultats des ana-lyses sur lesquelles MM. Brongniart et Malaguti purentétablir leur théorie. La première colonne contient lepoids du résidu, c’est-à-dire le silicate insoluble dansles acides et les alcalis, après plusieurs traitementssuccessifs ; il est étranger à la constitution chimiquedu minéral. La deuxième et la troisième colonne con-tiennent les proportions d’alumine et do silice aban-données aux agents acides et basiques employés pourl’attaque. La dernière renferme l'eau de combinaisonnécessaire à la constitution de l’argile.

Les analyses 1,2, G, 11, \ 2, 14, correspondent à laformule

4 (Si 0 :i ), 3 (Al* O 3 ) -4- G (IIO).

Les analyses 3, 4, 6, 9, correspondent à la formule5 (Si O 3 ), 4 (Al 2 O 3 ) + (IIO).

L’analyse 7 donne la formule

3 (Si O 3 ), 2 (Al 2 0 3 )-f- 4 (IIO).

Les analyses, G, 13 et 15 conduisent à l<a formule2 (Si O 3 ), Al 2 O 3 -0-2(110).

Les nombres inscrits dans la deuxième colonne pré-sentent généralement plus de silice que d’alumine; orsi l’on traite le kaolin brut par une lessive étendue desoude caustique, on enlève précisément cet excès dosilice qui est à l’état gélatineux, hors combinaison.

Dans tous ces kaolins, les compositions se présen-tent, en définitive, par les formules beaucoup plus sim-ples

Si O 3 , AD O 3 + 2 (IIO).

Les kaolins de Cornouailles et d’Oporto n’ont rienperdu. Or nous savons que la formuleSi O 3 , ADO 3 + 2 (IIO)

est précisément celle que donne l’équation par laquellenous avons représenté l’altération du feldspath. Laprésence de la silice libre s’explique avec non moinsde facilité. La combinaison

3 (Si O 3 ), KO,

qui est insoluble, se décompose à son tour enSi O 3 + 2 (Si O 3 ) KO

en partie soluble, et la présence de la silice gélatineuseest une conséquence de cette altération.

De ces expériences, nous déduisons avec MM. Bron-gniart et Malaguti, dont nous transcrivons les con-clusions si nettement posées dans un travail remar-quable :

1°Les kaolins normaux, à l’état brut et seulementdébarrassés par le lavage des corps grossiers qui leursont étrangers, sont un mélange d’argile kaolinique,et d’un résidu qui ne se dissout ni dans les alcalis, niles acides, renfermant des silicates à diverses bases.

2° 1/argile de kaolin est une combinaison de silice,d’alumine et d’eau, dans des proportions définies, àpeu près toujours les mêmes et qu’on peuf représenterpar une formule invariable.

3° Mais il y a dans beaucoup de ces argiles un excèsde silice hors de combinaison, susceptible d’être dis-soute, suivant certaines règles, dans la potasse caus-tique et qui sc sépare nettement du silicate d’aluminehydraté, constituant la véritable argile kaoliniqnc. Le