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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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ARGILE.

ARGILE.

silicate d’alumine, débarrassé de cet excès de silice,donne une formule plus simple et plus générale quenous appellerons formule définitive :

Si 03, Al 2 O 3 + (HO).

4° Cet excès de silice dans les argiles kaoliniquespeut être regardé comme le résultat d’une action élec-trique, qui d’abord a transformé successivement le feld-spath en argile de kaolin et en silicate de potasse inso-luble ; puis qui a, par une nouvelle action, dédoublé cedernier en silicate soluble et en silice qui reste dansle mélange avec l’argile.

5° Enfin, la variabilité dans la proportion de cetexcès de silice dans les différentes argiles kaoliniquespeut dépendre de l’action postérieure des eaux natu-relles qui ont dépouillé ces argiles d’une plus ou moinsgrande quantité de silice dissoluble.

Les gîtes de kaolin sont, en France , assez nom-breux; on connaît ceux de Saint-Yrieix et de Cher-bourg ; les départements de la Nièvre et de l’Ailier sontriches en kaolins de bonnes qualités. Les environs deBrest paraissent devoir fournir des carrières exploita-bles et de qualités supérieures, capables de lutter aveccelles des kaolins de Bayonne , entrés en concurrencedepuis longtemps avec les terres du Limousin.

La formule

Si O 3 , Al 2 O 3 + 2 (HO),

par laquelle nous ayons représenté la composition de lagénéralité des kaolins, ne pourrait représenter d’unemanière absolue tous les kaolins, quelle que soit leurprovenance, quelles que soient les circonstances danslesquelles ils se sont formés, quelle que soit enfin la for-mule de la matière minérale de laquelle ils dérivent.Bans leur important travail, MM. Brongniartet Mala-guti avaient rencontré des anomalies. Il est probable queceux des kaolins dont les analyses rationnelles ont con-duit à des formules compliquées par rapport à celle quenous venons d’admettre, appartiennent à des typesdifférents ayàht une origine différente.

C’est sans doute à ces types qu’il convient de ratta-cher certaines matières argileuses très-hydratées, aux-quelles on donne les noms de collyrites, d’halloysitcs,de leuzinites, de smectites, etc.

Ces substances, qui peuvent être employées dans lafabrication des poteries, diffèrent des kaolins par leurhomogénéité ; elles diffèrent encore des argiles propre-ment dites parce qu’elles se présentent en place, c’est-à-dire parce qu’elles ne paraissent pas avoir été sou-

mises à des transports qui les ont souillées de quartz,de mica, de pyrites, etc.

Je donne dans le tableau suivant la composition dequelques-unes de ces matières, et les formules par les-quelles on peut les représenter :

Si O 3 .

Al 3 O 3 .

H O.

1

Halloysite deSaint-Jean-de-

folle.

22.60

26.20

2

Halloysite de Montmorillon

oi .10

20.68

25.34

3

Lenzinite de Saint-Sever. .

48.40

36.80

13.00

4

Lenzinite de la Villate. . .

36.30

36.00

21.50

5

Lenzinite de Hall.

39.50

37.50

25.00

6

Smectite de Condé.

43.00

32.50

21.07

Ces chiffres conduisent aux formules :

2 ( Si O 3 ), Al 2 O 3 H- 7 (HO),

2 (Si O 3 ), Al 5 O 3 + 9 (HO),

(Si O 3 ), Al* O 3 + 2 (HO),

(Si O s ), Al 2 O 3 + 3 (HO),

(Si O 3 ), A1 2 0 3 H- 4 (HO).

Je néglige ici les matières étrangères à la constitu-tion des minéraux. On voit combien ces substancessont différentes; on comprend que, par leur mélangeavec les argiles de kaolin pur, elles puissent en altérerla composition et masquer la véritable nature de cesmatières minérales.

On trouve quelques-unes de ces substances au mi-lieu même de masses argileuses, comme si leur forma-tion avait de l’analogie avec celle des silex de la craieréunis en rognons ; la singularité de ces gisements ex-plique la bizarrerie de certaines masses argileuses qui,loin de se présenter en lits stratifiés régulièrement,affectent au contraire des allures très-accidentées.

Quelques argiles, même parmi les argiles éminem-ment plastiques, se présentent en amas à peu près len-ticulaires ou ellipsoïdaux allongés, dont l’exploitation,en raison même de cette circonstance, est suivie rare-ment avec régularité. Nous citerons comme apparte-nant à cette espèce les meilleures argiles de Dreux etde Montereau ; elles se rencontrent dans des amas ar-gileux plus ou moins plastiques, mais qu’il faut éloi-gner par une exploitation intelligente, parce qu’ilsn’offrent ni la blancheur ni la plasticité des nodulesou noyaux que l’industrie estime au plus haut degré.

SALYÉTÀT.

B

BAROMETRE ( angl . barometer; allem. schwermes-ser). Instrument qui sert à déterminer la pression del’atmosphère. Ce fut Galilée qui conçut le premier l’idéedu baromètre, et elle lui fut suggérée par l’analyse dufait que l’eau ne pouvait s’élever dans les corps depompe au-dessus d’une hauteur invariable, c’est-à-dire.32 pieds ou 10 mètres 26 cent., ne pouvant admettreque l’explication alors reçue que la nature a horreur*duvide dût être complétée par l’étonnante addition quecette horreur s’arrêtait à 32 pieds. Toricelli , disciple deGalilée , construisit le premier baromètre ; il fit connaî-tre cet instrument en 1643, et des expériences simul-tanées amenaient à la même découverte Otto de Gue-ricke, l’inventeur de la machine pneumatique. On adonné diverses formes à cet instrument ; nous les dé-crirons rapidement.

Le baromètre à curette , celui de l’invention de Tori-

celli , se compose d’un tube de verre long d’environ90 centim., qui, après avoir été rempli de mercure, estrenversé par son extrémité ouverte dans une cuvetteégalement remplie de mercure. Le mercure ne s’élèveque vers 76 centimètres, par suite à la partie supé-rieure existe un vide que l’on nomme chambre ba-rométrique } ou ride barométrique , dans lequel le mer-cure peut se mouvoir librement. Lorsque l’on faitrépondre le zéro de Déchelle au niveau du mercurede la cuvette, on voit que, malgré la communicationétablie entre le liquide de cette cuvette et celui dutube, ce dernier s’élève à environ 760 millimètres ou28 pouces au-dessus de l’autre ; inégalité de niveauqui est due évidemment à la pression de l’air extérieursur la surface du mercure contenu dans la cuvette ; lucolonne de mercure faisant équilibre à cette pressionde l’atmosphère. Si à la place du mercure on em-