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BAROMETRE.
BAROMETRE.
« froidies ; au contraire, l’ascension du baromètre« prouve que ce pays devient plus froid que ceux qui« l’entourent. » En parlant de ce principe, M. Kœmtzexplique d’une manière satisfaisante les variationsdiurnes et annuelles du baromètre. « En effet, tant quele soleil est dans notre méridien, il échauffe la portiondu globe terrestre située entre les lieux pour lesquels ilse couche et ceux pour lesquels il se lève dans ce mo-ment. Cet échauffement est surtout très marqué entreles méridien* qui marquent neuf heures du matin ettrois heures du soir, tandis que le soleil marque midipour nous. Dans cet intervalle, l’air se dilate, s’élève,s’écoule vers les régions voisines, et le baromètrebaisse ; mais il monte au contraire sous le poids desmasses d’air qui se sont écoulées, entre les méridiensde trois heures et de onze heures, puis de cinq heuresde lanuit etde neufheures du matin. Dans le dernier deces espaces l’atmosphère est moins élevée parce quel’influence nocturne n’est pas encore détruite, et l’airs’écoule au-dessus d’elle. A cinq heures, l’air se refroi-dit parce que la chaleur du jour est passée ; ce mouve-ment se propage ainsi d’un pays à l’autre. Le baromètrebaisse donc entre neuf heures du matin et quatre heuresdu soir parce que la chaleur du jour a diminué la den-sité de l’atmosphère, dont la hauteur est moindre detoute l’épaisseur des couches qui se sont écoulées versles régions voisines : de là les deux maxima et le maxi-mum du jour. Quant au minimum du matin, il est suivi,à l’est de l’endroit où il a lieu, d’un minimum de tem-pérature, et une partie de l’air des contrées occiden-tales s’écoule de ce coté : de là une baisse du baro-mètre. »
Marées atmosphériques.— «Lorsque l’onassiste, au bordde la mer, au phénomène des marées et lorsque l’on saitque l’air a une mobilité extrême, on se reporte volontiersaux registres d’observations barométriques, qui doiventindiquer des mouvements de l’air en rapport avec lesmarées atmosphériques que doit également produire ladouble attraction du soleil et de la lune. Malheureuse-ment les observations rapportées sont en général desmoyennes d’un très-grand nombre d’observations, prisesà une même heure du jour. Si cela peut suffire pour éva-luer l’effet du soleil, qui se confond avec les effetsd’échauffement quotidien, il n’en est pas de même pourl’action de la lune qui passe chaque jour à des heuresdifférentes au méridien du lieu, ce qui fait que l’heure dela haute mer varie chaque jour. On voit donc commentle phénomène des marées disparaît complètement etpourquoi le mélange des mouvements réguliers avecdes mouvements accidentels fait des registres d’obser-vations barométriques quelque chose de si embrouilléqu’il est impossible d’en rien déduire. De même qu’ilest impossible d’étudier les courants marins, dans lesparties de la mer sujettes aux marées, sans rapporterles observations à l’heure des marées et par suite à laposition de la lune, de même la première condition àremplir pour que des observations du baromètre pussentapprendre quelque chose relativement aux phénomèneslocaux, ce serait de les rapporternon aune même heuredu jour moyen, qui ne répond nullement à une mêmeposition de la terre, relativement à la lune et au soleil,mais au moins à une même position de la lune, qui atant d’influence sur les marées.
Je regrette de n’avoir pas encore fait des recherchesspéciales, suffisantes pour établir complètement lesprincipes qui peuvent permettre de débrouiller, danscette direction, quelque peu le chaos que présente encorela météorologie ; d’émettre sans preuves cette observa-tion. Je dirai seulement que tous les marins saventqu’aux tempêtes qui accompagnent les marées d’équi-noxe l’air n’est pas moins agité que la mer.
Le seul travail sérieux que nous ayons pu trouversur la question, est l’excellente notice publiée par
Arago dans l’Amiuaire du bureau des Longitudes pour1&33, dans laquelle il discute avec une lucidité dont ila emporté le secret, cette question capitale qui est laclef de la météorologie : La lune exerce-t-elle une actionsur notre atmosphère? Nous lui emprunterons quelquespassages dans lesquels il compare les observations baro-métriques prises dans une longue suite d’années.
La lune exerce-t-elle quelque influence sur la pluie?
Cette question (qui, on le remarquera, se rapporte àl’existence de courants atmosphériques spéciaux, devents particuliers au lieu de l’observation où un cer-tain vent cause la pluie) a été examinée avec beaucoupde soin en 4830, par M. Schiibler, dans un ouvrageallemand qui est à peine connu en France .
On a compté comme jours de pluie tous les jourspour lesquels une chute de pluie ou de neige étaitindiquée dans les journaux météorologiques, pourvuque la hauteur de la quantité recueillie dépassât 2 cen-tièmes de ligne. Dans la formation des groupes, lejour même du premier quartier a été compris dansl’intervalle de la nouvelle lune au premier quartier;le jour même de la pleine lune, dans l’intervalle dupremier quartier à la nouvelle lune, et ainsi de suite.
Le tableau renferme les résultats, d’abord pour les20 dernières années, ensuite pour le nombre total de28 années, dont M. Schiibler pouvait disposer. Enprenant, à chaque époque, les moyennes de deuxjours consécutifs, on avait en vue d’affaiblir les effetsdes perturbations accidentelles, et d’arriver à une sériede nombres un peu plus régulière.
NOMBRE DE JOURS DE PIXIE.
PENDANT 20 ANS.
PENDANT
28 ANS.
le jourmeme.
Uiitenue dedeux jours
Le jourmeme.
Hojenne fcdoux jours
Le jour de la nou-velle lune. . . .Le jour suivant. .
105
113
109
148
148
I
148
Le jour du pre-mier octant.. . .Le jour suivant. .
119
115
117
152
148
150
Le jour du pre-mier quartier. . .Le jour suivant. .
111
113
112
153
451
153
Le jour du deuxiè-me octant. . . .Le jour suivant. .
124
128
126
164
167
165
Lejour de la pleine
lune.
Le jour suivant. .
116
113
115
162
161
1GII
Le jour du troi-sième octant. . .Le jour suivant. .
123
109
117
161
150
155 |j
Le jour du dernier
quartier.
Le jour suivant. .
92
96
94
130
140
1351
Le jour du qua-trième octant. . .Le jour suivant. .
*
100
88
94
138
129
1
On voudra bien remarquer que dans l’espace de20 ans il y a eu 249 révolutions synodiques de la lune,et 348 en 28 ans ; en sorte, que cet astre est revenuautant de fois à chacune des positions qu’on vient duconsidérer.