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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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BATEAU A VAPEUR.

BATEAU A VAPEUR.

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porte, par exemple, une expérience de M. Gnépin, duGrand Iloriiu, montrant (pie pour 60,000 mètres cubesd’air par heure, c’est-à-dire une combustion de 3,000kilog. devant suffire pour 12 ou 1,500 chevaux, le mou-vement du ventilateur ne coûterait pas 65 kilog. de char-bon par heure, soit -1/100® du combustible brûlé, soitenfin î 2 à 15 chevaux-vapeur.

On peut employer le ventilateur de deux manières,en avant du foyer, pour y lancer de l’air, c’est le ven-tilateur soufflant; en arrière du foyer pour enlever lesproduits de la combustion, c’est le ventilateur aspirant.C’est sous cette forme qu’il est utilisé et expérimentédans les mines. Disons un mot de chacun de cessystèmes.

Le ventilateur soufflant, qui doit lancer l’air néces-saire à la combustion avec une vitesse assez grande pourque les produits de la combustion se meuvent conve-nablement à travers les circuits qu’ils doivent par-courir, offre le grand désavantage que le chargementdu fourneau devient dilîicile. Essayé sur le Great-Western, cet emploi du ventilateur fut, dit-on, aban-donné, à cause de la sortie de la fumée par la porte dufourneau quand on le chargeait.

Au lieu d’employer le ventilateur soufflant à activerla combustion, à lancer des quantités d’air considé-rables dans le fourneau de manière à éviter la produc-tion d’oxyde de carbone, il est bien préférable, enaugmentant beaucoup l’épaisseur du combustible, detransformer tout le combustible en oxyde de carbonepour aller brûler celui-ci en longues flammes dans leschaudières sans production de fumée, de suie. C’estlà l’appareil Beau fumé que nous décrivons à l’articlechauffage au gaz, heureuse application des beaux tra-vaux d’Ebelmcn, que ce savant ingénieur a si bien ré-sumés à l’article comivustiules. D’après les expériencesde M. Grouvelle, cet appareil a fourni jusqu’à -10 kilo-grammes de vapeur par kilogramme de houille, quanden général on n’obtient que 5 à 6 kilogrammes et avecles chaudières les plus parfaites? ou 5L

Les expériences faites à la mer n’ont pas donnéd’aussi beaux résultats, mais ont bien établi la supé-riorité de cet appareil sur les chaudières marines exis-tantes. Toutefois la condition essentielle de son emploiest encore de disposer d’eau pure, l’eau de mer ne peutservir à garnir la boîte à feu, analogue à celle des lo-comotives, dans laquelle s’opère la combustion. Elleserait bientôt brûlée par suite des incrustations quiviendraient tapisser la surface intérieure.

Le ventilateur aspirant me paraît le véritable appareilconvenable pour les navires à vapeur. Parfaitementconvenable pour s’agencer avec l’ensemble du méca-nisme, n’exigeant pas de changement notable aux chau-dières dont le bon effet est connu par expérience et dontil augmentera seulement beaucoup la production de va-peur tout en soulageant singulièrement, par une plusgrande vitesse de l’air, le pénible service des chauffeurs,il satisfait à toutes les conditions essentielles. Il me pa-raît devoir être adopté un jour généralement, et con-stituer un des grands progrès de la navigation à vapeur.Non-seulement il permettra de faire disparaître la che-minée et les flots de fumée qui salissent le pont des ba-teaux à vapeur, mais encore il augmentera leur valeurau point de vue nautique et mécanique. Son action secombine très-heureusement avec celle des vents, dontil faut toujours tenir compte à la mer, et des disposi-tions nouvelles que nous espérons bientôt expérimenter,pourront rendre son effet doublement utile.

Machine Pascal. — La nécessité d’obtenir une rapidevaporisation ne saurait être mieux démontrée quepar les recherches faites pour obtenir un semblable ré-sultat par des voies détournées, par l’invention de sys-tèmes, qui après bien des transformations, ne tirentleurs chances de succès que do ce qu’ils atteignent ce

but plus ou moins complètement. Nous rangerons danscette catégorie une curieuse machine fonctionnant parun mélange d’air chauffé et de vapeur, de l’inventionde M. Pascal de Lyon, et qui heureusement modifiéepar d’habiles ingénieurs, MM. Thomas et I.aurens, vaêtre employée pour mouvoir un navire à h.’dice.

Cette machine se compose de trois cyl'n 1res à vapeurfaisant marcher trois pistons de machines soufflantes,placées en regard de chacun des cylindres à vapeur.Ces souffleries envoient de l’air dans trois cubilotsfermés et y entretiennent une combustion active. Del’eau, chassée par les pompes alimentaires, arrive dansces foyers par plusieurs orifices, au-dessus du combus-tible et en quantité convenable à chaque coup depiston. La vapeur formée immédiatement se mélangeavec les produits de la combustion qu’elle refroidit ens’échauffant et passe dans les cylindres.

Plusieurs résultats remarquables paraissent résulterdes premiers essais de cette curieuse machine.

\ u Les cylindres ne reçoivent pas de cendres ; la va-peur refroidissant la partie supérieure, le point de lacombustion la plus active est inférieur à la surface etpar suite les cendres fondent au-dessous et forment mâ-chefer qu’on retire à la partie inférieure.

Sans chaudières et par suite sans danger d’explo-sion, on peut produire rapidement des quantités consi-dérables de vapeur en très-peu de temps, une grandessurface de chauffe se trouvant, comme disent les inven-teurs, dans les gaz de la combustion.

Nul doute que grâce à cette manière de produire dola vapeur par une soufflerie, on ne parvienne à engen-drer un travail moteur considérable., avec une machinede dimensions et de poids très-modérés.

Si cette machine prouve ainsi bien clairement l’uti-lité d’une combustion activée par des moyens mécani-ques, nous ne pouvons cependant croire à son succès.Les pompes d’air étant comme les cylindres à vapeuren communication avec les cubilots, la résistance estdonc, à volume égal, la même que la puissance, et lotravail utile ne répond qu’à la différence des volumesde l’air chaud mélangé de vapeur avec celui de l’airfroid. En supposant le rapport de ces volumes de 5 à 2,coque nous croyons peu éloigné de la réalité, on voitqu’en comprenant les résistances pressives des pompesd’air, la moitié du travail produit serait consommée parla soufflerie. L’emploi de l’appareil Beaufumé, ou duventilateur aspirant que nous proposons, serait bienloin de coûter aussi cher, et il n’est pas besoin alors d’unepression de ï ou 3 atmosphères (celle de la machine),pour donner à l’air le mouvement nécessaire afin queles produits de la combustion transmettent leur chaleurà la vapeur avec des surfaces de chauffe convenables.Les résultats économiques de cette ingénieuse machinene nous paraissent pas pouvoir être avantageux.

Incrustations, — Nous ne traiterons pas ici la ques-tion des incrustations, à laquelle nous avons consacréun article spécial, des moyens à employer pour empê-cher les incrustations de devenir adhérentes. I) heu-reuses inventions dans cette voie constitueraient unimmense service rendu à la navigation à vapeur; nousne parlerons ici que de ce qui se fait aujourd’hui sur tousles bateaux à vapeur.

L’eau de mer renferme environ yg de son poids desels en dissolution, et elle est saturée, elle laisse dé-poser des cristaux lorsqu’elle en contient £4. Cessels consistent principalement en sel marin très-so-luble, et en sulfate de chaux qui constitue la très-ma-jeure partie des incrustations adhérentes aux chau-dières. On voit par l’énorme proportion des matièressalines, avec quelle effrayante rapidité se feraient le»dépôts, si on n’avait trouvé un moyen d’empêcherl’eau de la chaudière d’atteindre jamais le point de sa-turation. Ce moyen consiste dans l’emploi d’une pompa