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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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BATEAU A VAPEUR.

BATEAU A VAPEUR.

d q désaturation ou pompe à saumure , agissant à l’in-verse de la pompe alimentaire, enlevant de 1 eau presquesaturée du fond de la chaudière, pour la rejeter au de-hors, en quantité égale à la moitié de celle envoyée parla pompe alimentaire. En enlevant ainsi une quantitéaussi considérable d’eau bien plus chargée de sels quecelle qui arrive dans la chaudière, et surtout en la puisantà la partie inférieure où. se déposent les boues, où s agi-tent les molécules qui n’adhèrent pas encore à la chau-dière, on amoindrit beaucoup les dépôts du sulfate dechaux sur les surfaces directes de chauffage, et ils n’ar-rivent pas jusqu’aux surfaces indirectes, placées plushaut, surfaces qui avec un fort tirage, agissent très-puissamment pour maintenir la régularité de la vapori-sation, surtout lorsqu’un commencement d’incrustationn’a pas permis aux surfaces directes de refroidir déjàles produits de la combustion.

En rejetant au dehors une aussi grande quantitéd’eau très-chaude, la perte de chaleur qui en résulteraitserait très-sensible, si on ne pouvait en reprendre unepartie pour échauffer l’eau d’alimentation. A cet effeton fait écouler l’eau de la chaudière à travers des tubesqu’entoure l’eau d’alimentation qui s’avance en senscontraire. Les incrustations viennent souvent contra-rier ces effets, en détruisant la conductibilité des paroismétalliques, aussi importe-t-il, dans la pratique, del'aire très-grandes les sections des conduits et de toutdisposer pour un facile nettoyage.

Condensation de la vapeur. — Après avoir traité de laproduction de la vapeur, je traiterai de la condensationde la vapeur au point de vue spécial de l’eau de mer.

On a vu plus haut que la limite de l’emploi de lahaute pression comme de bien des progrès dans lagrande navigation, la principale cause de l’inférioritédu steamer comparé au bateau à vapeur de rivière, quiréalise des vitesses de 30 à 40 kilomètres à l’heure,tandis que l’on n’atteint presque jamais 20 kilomètressur mer, résidait dans l’impureté de l’eau de mer. Leremède serait donc de parvenir à condenser la vapeur«l’eau pure qui sort des chaudières, et c’est ce qui aété tenté à l’aide des condenseurs de Hall, imités duserpentin des alambics, consistant en des tubes danslesquels la vapeur d’eau n’est en contact qu’avec dessurfaces métalliques refroidies par le contact avecl’eau froide placée à l’extérieur. Si ce système avaitréussi convenablement, l’alimentation pouvant se faireavec de l'eau distillée, c’est-à-dire parfaitement pure, iln’y eût plus eu à s’occuper des incrustations, des diffi-cultés qui résultent des sels dissous dans l’eau de mer.

Après de nombreux essais il a fallu malheur euse--ment renoncer à ce système ; la frégate à vapeur de lamarine anglaise la Medea, munie d’un tube condenseurde 35 kilomètres de développement, replié circulaire-ment dans des caisses qui recevaient l’eau de merfroide, après avoir donné d’abord des résultats assezsatisfaisants, démontra l’impossibilité de continuer1 emploi de cette disposition. C’est que, dès que l’eaude mer s échauffe, elle laisse déposer des matièresterreuses qu’elle tient en suspension en partie par l’ac-tion de 1 acide carbonique qui se dégage par la moindrechaleur, et la surface, ternie et recouverte de matièresterreuses, ne donne bientôt plus un passage assez ra-pide à la chaleur pour que la condensation s’opère avecla rapidité suffisante pour le bon fonctionnement de lamachine à vapeur.

T a-t-il lieu déjuger comme tout à fait inacceptableun système qui offre d’ailleurs tant d’avantages? Nepeut-on en tirer parti au moins partiellement? C’est cequ il nous paraît intéressant à examiner.

Un laborieux inventeur, M. Sauvage, a construitune petite machine à l’aide de laquelle- il a poursuivil essai du condenseur à surfaces métalliques, et a ob-tenu quelques résultats dignes d’intérêt. 11 a eu le soin

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de recevoir la vapeur à condenser dans un tuyau ren-fermé dans un autre plus grand, et de faire circulerl’eau entre les deux, conformément aux principes do laméthode de déplacement, c’est-à-dire la vapeur et l’eauen sens contraire, de manière que l’eau tout à faitfroide rencontrât la vapeur déjà partiellement conden-sée. En opérant avec de l’eau de source, assez pure, ilest vrai, il est parvenu à se servir d’une manière conti-nue de ce condenseur en n’employant qu’une surfacede 0 m ,50 par force de cheval ; il pensait que le mouve-ment assez rapide de l’eau suffisait pour nettoyer lessurfaces métalliques.

En effet, les dépôts produits dans de semblables con-ditions ne ressemblent nullement aux incrustations deschaudières, devenues adhérentes par l’effet de la hautetempérature du foyer, et l’on peut poser en principeque le nettoyage serait facile si la forme des tuyaux s’yprêtait, en admettant que la prompte circulation de l’eaune suffise pas pour enlever les dépôts d’eau de mer.

Reste la difficulté que, malgré l’étendue des sur-faces, l’effet meme minime des dépôts de la graisse quis’échappe avec la vapeur, et qui l’cmpeche de bienmouiller le métal, mais surtout la conductibilité limitéedu métal, rendent toujours la condensation bien moinsrapide qu’avec le condenseur à eau ; d’où des résis-tances nuisibles sur l’une des faces du piston et l’im-possibilité de donner à celui-ci la rapidité de marche,condition essentielle pour la production d’un travailconsidérable. Les deux remèdes à apporter à cet incon-vénient sont de conserver au moins comme accessoirele condenseur à eau, l’autre d’agrandir la capacité danslequel la vapeur se précipite. Je vais rendre ceci sen-sible par la description sommaire de systèmes appli-cables dans deux cas différents, où il ne s’agira tou-jours de condenser par surfaces métalliques que partiede la vapeur, ce qui n’est pas la solution intégrale duproblème en ce qu’on ne peut faire marcher tout lesystème avec de l’eau pure, mais une solution par-tielle donnant presque tous les avantages de la solutioncomplète, en permettant d’avoir au moins une dessix ou huit chaudières d’un grand steamer, à hautepression.

Soit d’abord à obtenir une petite quantité d’eau con-densée. Recourbons le tube qui envoie la vapeur ducylindre de la machine au condenseur à eau, et don-nons-lui, par exemple, un développement de 25 mètres.Enveloppons-le d’un tuyau dans lequel on fait circulerl’eau froide en sens inverse de la vapeur par l’actiond’une pompe aspirante; cette disposition, sans altéreren rien l’action du condenseur à eau, y adjoindra l’effetd’un condenseur à surface dont il sera facile d’extrairel’eau par une capacité fermée par un robinet à l’etilréeet un autre à la sortie. En admettant l’efficacité dusystème Sauvage pour éviter l’adhérence des dépôts ter-reux, on pourrait ainsi obtenir de l’eau condensée enproportion du développement donné an tuyau de va-peur et à la quantité d’eau employée à refroidir les sur-faces métalliques. Jusqu’à de nouvelles expérienceson ne saurait considérer ce système que comme unmoyen de produire de petites quantités d’eau pure,sans qu’on puisse baser sur lui une modification essen-tielle du mécanisme.

Supposons maintenant qu’il s’agisse d’obtenir unequantité d’eau très-considérable et que le système Sau-vage ne soit pas admissible, qu’un nettoyage directdes surfaces condensantes soit nécessaire (et il est bienprobable qu’il est impossible de l’éviter au moins àintervalles un peu éloignés), la rapidité avec laquelle lavapeur se précipiterait dans le condenseur à eau, dansla disposition ci-dessus, et traverserait le condenseur à.surface, rendrait l’action de celui-ci presque insigni-fiante. Pour qu’il en fût autrement, et pour que leeondenseur à surface n’alourdît pas la machine, il fau-