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BOULETS.
BOULETS.
canons en fonte qui ont un moment attiré l’atten-tion publique. Je veux parler des canons Leicester, quisont des canons en fonte à âme tordue. Le problèmemécanique consistant à exécuter une âme semblable àl’aide d’un alésoir dont l’outil est guidé par un noyaucentral héliçoïdal, est évidemment soluble, et, en effet,l’exécution de ces canons a été fort bien réussie en An-gleterre. Mais ce qui n’a pas réussi, c’est le canonmême. Et d’abord il ne répondait qu’à une partie duproblème; il ne comportait évidemment pas des pro-jectiles allongés, ce qui est une condition essentielle desuccès. Toutefois un mouvement de rotation autour del’axe horizontal suffît pour accroître la justesse du tirdans une grande proportion, aussi les résultats des pre-mières expériences avaient fait croire à un certain succèspour ce genre de canons ; mais, comme on devait s’yattendre, le boulet rencontrant des parois inclinées aproduit des effets destructeurs pour la pièce, pourpeu surtout que le vent du projectile fût un peu no-table. L’expérience a parfaitement prouvé qu’il n’yavait rien à faire dans cette voie.
Système Cavalli. —Le major Cavalli est un officier del’armée sarde ; il a l’honneur d’avoir le premier pro-posé un système assez pratique pour que son adoptionait eu lieu chez quelques puissances : en Sardaigne ,par exemple, et en Angleterre pour l’artillerie de ma-rine. Cet officier fut envoyé, en 1846, à Acker, enSuède , pour fabriquer et expérimenter des pièces deson invention, d’un groscalibre, destinées à rem-placer les mortiers pourla défense descôtes. Soncanon est en fonte, ducalibre de 30; l’âmeporte deux rainures enhélice du pas de 3 m ,75,le chargement a lieupar la culasse (fig. 3425et 3426). Le projectilepèse 25 kilog., est cy-lindro-ogival et portesur sa partie cylindri-que deux ailettes (a) ve-nues de fonte avec leprojectile qui entrentdans les rainures (b) dela pièce. C’est, commeon voit, le système dela rotation sans.le for-cement. Les épreuvesconstatèrent de remar-!quables résultats ; ainsiavec 3 k ,628 de poudreet sous un angle de 5°,les portées moyennesdes boulets sphériqueset des projectiles allon-gés sont à peu près lesmêmes ; mais sous l’an-gle de 10°, les secondsdépassent les premiersde 358 mètres, et do 3426.
700 sous l’angle de 15°.
Si l’on prend la chai'ge de 4 k ,534, l’augmentation deportée commence avec l’angle de 5° ; elle est alors de100 mètres, puis de 600 mètres pour 10°, et enfin de1,000 mètres pour 15°.
Enfin, avec la charge de 5 kilog. que l’on adopta,on obtient une portée moyenne de 5,000 mètres, tan-dis que le mortier de 32, avec une charge de 14 kilog.,ne va que jusqu’à 4,000 mètres et avec une justesseincomparablement moindre. Ces travaux furent con-nus en France par les rapports du capitaine Lepage,
que le gouvernement envoya successivement en Suède et en Angleterre pour assister aux diverses épreuvesqui y furent faites. Le capitaine Lepage ne se con-tenta pas de ces simples renseignements, il proposa àson tour une pièce de même nature, mais en suppri-mant le chargement par la culasse, si évidemmentdéfectueux. Des épreuves pleines d’intérêt en furentfaites à Calais , en 1854, et servirent, avec les résultatsobtenus à Gavres par la marine, à arrêter définitive-ment la pièce aujourd’hui adoptée pour l’armementdes côtes, qui est une pièce en fonte à trois rainures,se chargeant par là gueule et appartenant à la deuxièmecatégorie, c’est-à-dire donnant la rotation sans force-ment avec un projectile allongé.
Mais le problème était loin d’être résolu pour lespièces en bronze. On ne pouvait songer aux ailettes enfonte qui- eussent mis les bouches à feu immédiate-ment hors de service en arrachant le bronze, puisquele rapport de dureté entre l’âme et le projectile est in-verse de celui qui existe dans la carabine, où le pro-jectile en plomb suit les rainures d’une âme en fer; Deplus, il n’était pas prouvé qu’à des distances plus rap-prochées, telles que celles demandées par le servicede campagne, la justesse dans le système de rotationsans forcement fût supérieure à celle des projectilessphériques.
Système de M. le lieutenant Gras. — En 1850, M. lelieutenant Gras proposa deux projectiles cylindro-ogi-vaux auxquels il proposait de donner un mouvementde rotation autour de leur grand axe, et cela sansfaire subir à la pièce en bronze aucune modification, enemployant la réaction des gaz passant dans des éventsinclinés ménagés à l’intérieur ou dans des canaux pra-tiqués à la surface du projectile.
La rotation fut produite d’une manière assez satis-faisante, mais la trajectoire était très-irrégulière,et l’on fut conduit à admettre en principe que danstout système de projectile allongé tournant autour deson axe, la condition de la suppression du vent ou duforcement était indispensable. En effet, si l’on consi-dère la manière dont un projectile sphérique se com-porte dans l’âme de la pièce au moment de l’expansiondes gaz causée par l’inflammation de la poudre, on re-marque d’abord une pression sur cette âme par la par-tie inférieure du projectile. Celui-ci se relève ensuiteet parcourt l’âme de la pièce par bonds successifs ; c’estce qu’on appelle les battements, cause principale desirrégularités du tir qui croissent avec la forme allongéedu projectile et qui ne sont en rien diminuées par larotation insuffisante produite par l’expansion des gaz.D’autres systèmes destinés de même à produire la ro-tation sans forcement n’ont pas eu des résultats plussatisfaisants.
Système Burnier. — La même cause amena le mêmerésultat et vint confirmer la même conclusion pour cesystème, qui était un pas important vers la solution dela question.
L’auteur proposait de creuser dans l’âme de la piècetrois rainures héliçoïdales. Dans ces rainures s’enga-geaient des boutons en cuivre qui faisaient saillie surle projectile où ils étaient fixés dans un plan passantpar son centre de gravité.
Les résultats furent bien autrement constants qu’a-vec le projectile précédent, mais toujours avec unetrop grande incertitude dans la trajectoire.
Cependant la question venait de faire un pas, le te-non en cuivre n’endommageait pas d’une manière sen-sible la rainure pratiquée dans l’âme en bronze de lapièce, et dès lors on pouvait espérer pouvoir appliquerà l’artillerie de campagne le système Cavalli, par l’in-terposition, entre le bronze de la pièce et la fonte duprojectile, d’un métal qui n’eût pas les effets destruc-teurs du second.
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