Buch 
Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
Entstehung
Seite
71
JPEG-Download
 

BOULETS.

BOULETS.

71

Nous n’entrerons pas dans les détails des quelquesessais faits pour opérer le forcement par des sabotsmétalliques, susceptibles de s’écraser par l’effet del’explosion. Ce culot, presque toujours brisé dans l’in-térieur de la pièce, était projeté à petite distance et parsuite d’un emploi dangereux. Cela n’était pas admis-sible.

Système du capitaine Tamisier . — Nous arrivons enfinau système qui donna la solution du problème si long-temps et si vainement cherché.

L'expérience avait démontré que toute modificationapportée au projectile, sans rayer la pièce, ne pouvaitréussir. L’axe de plus grande stabilité étant fort diffé-rent de l’axe de symétrie dans les projectiles allongés,dans une position donnée, dès que la rotation commenceà s’établir autour de ce dernier axe, le projectile seprésente plus ou moins de côté, les résistances exté-rieures croissent rapidement et diminuent en mêmetemps la portée et la justesse.

Il n’en est pas de même avec des projectiles allongésà ailettes tirés dans des armes rayées : la force de ro-tation est alors suffisante pour donner au projectile unedirection normale ; cependant à sa sortie de l’ilme de lapièce, il se présente encore dans des conditions assezvariables pour influer d’une manière fâcheuse sur laconstance de la trajectoire. De là une seconde condi-tion imposée : le forcement.

Enfin on ne pouvait songer à employer dans desarmes rayées, en bronze, des projectiles en fonte, gar-nis d’ailettes de même métal comme dans la pièce Ca-valli. Autre problème à résoudre. Tous allaient rece-voir pour la première fois une solution satisfaisante.

M. le capitaine Tamisier s’était beaucoup occupé dutir des carabines rayées, ce qui lui permit d’établirque les principes appliqués à ce tir devaient être lesmêmes pour celui des canons rayés. Il se posa doncpour conditions.

I. Pour le canon :

Une âme rayée.

ÏI. Pour le projectile :

La forme oblongue cylindro-conique ou cylindro-ogivale.

2° Le mouvement de rotatioh autour du grand axe.

3“ Des résistances directrices pour corriger la déri-vation dont nous parlerons tout à l’heure.

4° Enfin le forcement ou la suppression des batte-ments .

Voici comment il satisfit à chacune de ces conditionsLa pièce choisie pour les expériences était une pièc<de 6 ; elle reçut trois rayuresen hélice, également espacéesde 4 millim. de profondeur etde22millim. de largeur, diri-gées de gauche à droite pourl’observateur qui regarde la par-tie supérieure de l’âme, en étantplacé à la culasse de la pièce, dosorte que le projectile sort entournant de gauche à droite.

Le projectile était creux, cy-lindro-ogival, d’une hauteurdouble environ du diamètre delame de la pièce, et pesant,chargé, à peu près deux fois leprojectile sphérique ordinaire.

£ur la partie cylindrique duprojectile, en haut et en bas, setrouvaient disposés deux à deuxsix tenons (fig. 3427), se rac-cordant exactement comme po-

3427.

sition, mais avec des dimensions un peu moindres aveles 3 rayures de la pièce. Ces tenons étaient en zinc hmtn *' Cette application du zinc, qui appartient en pre

pro à M. Tamisier, est à elle seule la plus grande partiede la solution du problème, et, malgré nombre d’essais,on n’a pu s’en écarter.

Dans le tir des projectiles allongés, on remarquequ’ils portent toujours dans le sens de leur rotation,c’est-à-dire que s’ils sortent de l’âme de la pièce entournant de gauche à droite, ils porteront d’une ma-nière fort sensible à droite, c’est ce qu’on appelle ladérivation. Pour corriger cette dérivation, des canne-lures horizontales à arêtes vives furent pratiquées surla partie cylindrique du projectile; elles étaient aunombre de 7, avec une profondeur de 2 mm ,o. Quant auforcement, M. Tamisier l’obtint par un moyen fort in-génieux, mais qui demande, pour être compris, quel-qùes explications préalables.

La rotation est produite par la pression du tenon duprojectile contre la rainure de l’âme do la pièce, celle-ci étant tracée en hélice entraîne dans sa direction leprojectile. Ainsi, si la rotation est à droite, c’cst-à-diresi le proj ectile doit sortiren tournant de gauche àdroite, elle est produitepar la pression du flancgauche ab du tenon con-tre la face correspon-dante AB (fig. 3428) dela rainure. Nous donne-rons à ces faces ab, ABle nom de faces direc-trices du tir.

Lorsqu’au contrairele projectile entre dansla pièce, la rotation se3428. fait par la pression des

deux faces opposéescd, CD. Nous appellerons ces faces : faces directricesdu chargement.

Ceci posé, examinonsle tenon de M. Tamisier(fig. 3429). Le tenonen zinc laminé était mo-bile, entrant dans un en-castrement, et glissantsur un plan EF perpen-diculaire au rayon pas-sant par l’extrémité A.

Dans le chargement,la pression des deuxfaces cd, CD ne produitaucun déplacement dutenon ; mais dès que leprojectile se met enmarche , chassé parl’expansion des gaz, la pression des deux faces ab , AB,directrices du tir, fait glisser le tenon sur le plan EF(fig. 3430). La sailliedu tenon sur le projec-tile augmente alors, etson sommet vient but-ter contre le fond de larainure. Il y a doncsuppression du ventdans le fond des troisrainures; lesbattementssont annulés et le pro-jectile,dontTaxe se con-fond sensiblement aveccelui de la pièce, setrouve forcé.

Il était difficile de trou-ver une solution plus in-.génieuse. Employer des tenons rapportés en zinc et leurfaire produire le forcement, c’était résoudre compléte-

3430.