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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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BOULETS.

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diculaire à cette composante, cette nouvelle face don-nera la pression cherchée, pression qui produira etla rotation et le forcement.

On peut encore serendre compte autre-ment de la réalité de cerésultat : soit une piècedont la rainure ait ses3eux faces directricesiu tir et du charge-ment construites sui-vant le prolongementdes rayons de 1 âme<fig. 3433), AB est laface directrice du tir, etle tenon ne peut ques’appuyer contre elle ensuivant l’hélice de larainure, il y a alors ro-tation sans forcement.

Soit, au contraire, cetteface directrice AB (fig.

3434) inclinée, la coupelongitudinale montreral’inclinaison de la faceproduisant une véri-table modification del’âme devenue d’unrayon variable OB, OX,

OA, en sorte que l’onpeut dire que c’est leplan incliné du projectile Tamisier sur lequel glissaitle tenon qui se trouve transporté sur la pièce et que leforcement est obtenu par des moyens exactement inver-ses. Dans le cas du tenon mobile, le forcement était pro-duit par un projectile, d’un rayon variable tendantsans cesse à s’accroître, glissant dans une âme d’undiamètre constant ; dans celui du tenon fixe, il est pro-duit par un projectile d’un rayon constant, glissantdans une âme dont le rayon variable tend sans cesse àdiminuer.

Cette dernière démonstration est peut-être moinssaisissante que la première ; mais, outre qu’elle sert à lacompléter, nous tenions à la produire parce que c’est envoulant, par une coupe de la pièce, se rendre comptede l’effet produit par la face directrice du tir de la rai-nure contre la face directrice du tir du tenon, que lecapitaine de Chanal a trouvé la solution qui faisaitl’objet de sa proposition.

Nous avons dit que la proposition avait été accueilliepar maintes objections. Le capitaine de Chanal avait re-marqué que lorsque les tenons du projectile Tamisierrestaient en place ils prenaient l’empreinte de la rainuredu canon; il prétendait donc que les tenons fixes vien-draient se mouler pour ainsi dire sur le chanfreinabattu de sa nouvelle rainure et former de cette ma-nière un ajustage parfait entre le projectile et la pièce.On répondait, au contraire, que la pression du nou-veau flanc de la rainure serait telle qu’elle raserait com-plètement les tenons, et que si un mouvement derotation était d’abord imprimé au projectile, ce dernier,privé de ses tenons, sortirait de la pièce sans êtreforcé comme le projectile Cavalli.

A Paris , le capitaine Treuil de Beaulieu, clic£ de1 atelier de précision du dépôt central, disait que cestenons rapportés après coup n’avaient rien de pratique,et il voulait faire substituer an projectile que laeom-nusbion de La Fère avait adopté, un projectile en fonteqj l d avait, disait-il, inventé depuis deux ans(fig. 3433).

n a voulu établir, au moyen de ce projectile, unequestion de priorité; ce ne peut être sérieusement, car

jusuffisance de ce système est par trop évidente. Ene e L le projectile avait des tenons venus de fonte dont

les deux flancs étaient tangents à sa partie cylindrique,et c’est à ce titre que l’inventeur réclamait pour lui lapriorité de l'idée de larainure à flanc incliné-.Or ee projectile quin’avait été l’objet d’au-cune proposition, par-faitement inconnu à lacommission de LaEère,était impossible. En in-clinant également leflanc directeur du char-gement et le flanc di-recteur du tir, son au-teur prouvait qu’il s’é-tait rendu un compto3433. fort peu exact du rôle

que devait jouer cetteinclinaison. Le projectile avec ses tenons en fonte auraiten dix coups mis la pièce en bronze hors de service. —Mais, disait M. Treuil, il n’y a pas de frottement plusdoux que celui du fer sur le cuivre.—Il ne s’agit pas seu-lement du frottement, lui répondait-on, mais d’abordau départ d’un choc et ensuite d’une énorme pressionpendant tout le parcours de T âme de la pièce. — JYj-tamerai fortement mon tenon. —■ Votre étamage negarantira pas suffisamment la pièce, et puis commentespérer faire venir de fonte un projectile tellementajusté que les trois faces de ces tenons viennent s’ap-pliquer sur les trois faces des rainures correspon-dantes, ajustage qui se fait aisément avec une préci-sion parfaite quand on emploie le zinc de M. Tamisier?

Le seul système qui eût pu, au point de vue de lapriorité, primer celui du capitaine de Chanal est le sys-tème deM. Didion, aujourd’hui général d’artillerie. Pen-dant les épreuves Tamisier, en 1850, le général Didionproposa et essaya un système de rayure dont nousdonnons le tracé. Le fond de la rayure donnait leforcement et en partie la rotation, il n’était plus con-centrique avec l’ame de la pièce, mais incliné versla face directrice du tir. Celle-ci se trouvait réduite h,un simple arrêtoir de 2 millimètres (fig. 3436). Quant

3436.

au projectile, au lieu de deux tenons, il n’avait parrayure, comme le projectile Cavalli, qu’une ailette quioccupait toute la hauteur de sa partie cylindrique. Cesailettes étaient en métal d’imprimerie et fondues surle projectile même. Il est évident que si les épreuvesde ce système eussent été suivies avec attention, si laproposition de M. Didion eût rencontré le patronageintelligent d’un homme comme le général Larchey, onserait très-probablement arrivé, avec quelques modifi-cations qu’aurait apportées l’expérience, à la solutiondu capitaine de Chanal, et le problème de l’artillerierayée aurait été résolu quatre ou cinq ans plus tôt,c’est-à-dire assez à temps pour recevoir son baptêmede feu à la guerre d’Orient.

Grâce cependant à l’énergie et à la persévérance de

G.

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