BOULETS.
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projectiles agissaient sur les maçonneries à l’instard’une fougasse, c’est-à-dire que, pénétrant et éclatantà la fois, ils formaient une chambre bien autrement for-midable que l’entonnoir obtenu par des projectilessphériques, et qu’on pouvait ainsi, à une distance in-finiment plus grande que la distance du tir en brècheordinaire, faire une brèche praticable avec moitié moinsde coups, et par conséquent moitié moins do temps etde sang qu’avec les anciens boulets.
Depuis que l’empereur s’était prononcé, le plus vifenthousiasme avait succédé au doute et même quel-quefois à l’ironie. L’empereur envoya au général vi-comte de Lahitte le programme d’une pièce ayant lepoids et le calibre de l’ancienne pièce de 'i, et devanttirer des projectiles pesant i kilog. C’était rentrer dansles véritables conditions du nouveau système, car,ainsi que le disait la commission de ! 855 dans son rap-port : Le système de l’artillerie rayée a sur celui desarmes portatives analogues l’énorme avantage, que sonperfectionnement, loin de s’acheter par une augmenta-tion de poids qui rend l’usage de ces dernières d’unsuccès douteux, s’opère au contraire par un allégementtel qu’on double au moins les effets sans toucher aupoids de l’arme.
Une nouvelle commission fut assemblée à La Fère ,pour la confection de cette pièce. Le major de Chanal,qui cependant n’avait demandé d’autre récompenseque celle d’être attaché à tous les travaux qui se fe-raient sur le système Tamisier, qu’il avait si heureuse-ment modifié, n’y fut pas appelé, et dut rester à soncorps. Plusieurs changements furent encore apportés àla pièce et au projectile, mais aucun n’affecta l’essencemême du système, qui resta tel que l’avait proposé lacommission de La Fère , et expérimenté avec tant dosuccès celle de Calais , c’est-à-dire des rainures en hé-lice, dont la face directrice du tir est inclinée, rainuresdans lesquelles entrent des tenons en zinc rapportésd’une manière fixe dans la partie cylindrique du pro-jectile et que la force de l’expansion de la poudre vientajuster contre le bronze de la pièce. Enfin le projectilea sa partie cylindrique lisse, étant définitivement ad-mis que les rainures horizontales du système Tamisierne produisaient aucun effet utile.
La commission de Calais avait demandé des étudessur la position qu’occupaient les rainures au fond de lapièce; il n’était pas en effet indifférent pour l’équilibre(Ju projectile que celui-ci, au moment de l’expansiondes gaz de la poudre, reposât sur un tenon dans sapartie inférieure ou sur deux dans sa partie moyenne.La commission de La Fère , en adoptant six rainureset douze tenons, obvia à cet ordre d’inconvénients.
e plus, elle fit rétrécir les rainures vers leur extré-mité et 1 ailette touchant les deux faces lorsquef P ro jectile est en place, on évita ainsi un chocestructeur qui avait lieu lorsqu’il, quitte, au mo-ment de 1 explosion, la face directrice du charge-ment pour s’appuyer sur la face directrice du tir.
* msi faite la pièce est inusable et le tir encore amé-
-a commission apporta encore un changement à ]p/To/f 8 tenons - Ceux-ci, dans les pièces de 6, de \ré’ Ce p ’ essa T^ es à La Fère et à Calais , étaient caiin* c ^ e guerre, cette forme n’avait aucu
coinément^ mais pour le polygone où les projectihuen servir plusieurs fois et où par conséquent 1(ux tenons doivent être remplacés par des neufs,«W GSt Pas d ? même * En effet, le métal est refoul‘ Pa 1 mortaise et il est difficile de l’en arrachefonL enrl ° J mma " er celle - ci - La commission donna 1alor' f°u G ^‘^Uique a ses tenons ; la mortaise peiglaise aCUemeilt 6tre vidée au moyen d’une mèche ar
Un matériel complet, voitures, affût et caissons, fu
exécuté pour les nouvelles pièces, et en 1857, au moisde mai, date qui sera mémorable dans les fastes del’artillerie, une pièce rayée, tirant des projectiles cylin-dro-ogivaux à rotation et forcement, avec affût et cais-sons, fut présentée à l’empereur dans la cour du dépôtcentral de Saint-Thomas-d'Aquin; le programme tracépar Sa Majesté avait été rempli en moins d’un an.Les journaux nous ont appris qu’elle en avait témoi-gné sa haute satisfaction en faisant lieutenant-colonelM. le commandant Treuil de Beaulieu, et décorant legarde-chef de l’atelier qui avait travaillé sous la di-rection de cet officier supérieur. Une feuille même aprétendu que le nouveau matériel devait s’appeler lematériel Lahitte , du nom du président du comité, des-tiné ainsi à continuer la série des noms historiques deVallière, Gribeauval et Valée.
boulets rEitcuTANTS. — Toutes les fois qu’un pro-jectile allongé se meut avec une rotation autour deson grand axe, qu’il atteint le but la pointe en avant,il est possible d’en faire un projectile percutant quifait explosion en atteignant l’obstacle contre lequel ilest lancé. C’est surtout au point de vue de la guerremaritime que ces projectiles ont été essayés; on com-prend l’effet destructeur d’un projectile creux qui fe-rait explosion au moment où il traverse la paroi d’unvaisseau ; il pourrait causer des dommages tels que leplus puissant navire serait mis hors de combat par unseul coup de canon, et que par suite la lutte d’unecanonnière portant quelques pièces contre un navirede cent canons devienne presque égale.
M. Devisme, armurier de Paris , a proposé dans cesderniers temps une disposition de ce genre pour desprojectiles creux qu’on peut lancer avec ses grossescarabines. Nous donnerons une idée du système qui luia réussi malgré la difficulté de loger le système percu-tant dans un projectile de petit volume ( c’est toujours àdes dispositions analogues à celles que nous allonsdécrire que reviennent celles adoptées) ; mais, répé-tons-le, elles ne sont possibles qu’autant qu’on résoutd’abord complètement le problème de donner au pro-jectile allongé une rotation autour de son axe.
Dans l’axe du projectile on dispose une broche enfer d’un certain poids, qui est maintenue à frottementdoux dans deux collets faisant partie du pi’ojectile etdans lesquels elle peut glisser par un choc brusqueexercé dans le sens de la longueur. Ce choc sera l’effetproduit par la rencontre du but, et par son inertie labroche exercera un effort considérable et continuerason mouvement. Si donc on a disposé une capsule, uneamorce fulminante, placée sur une partie solide, devantcette broche, celle-ci viendra percuter l’amorce et dé-terminer l'explosion de la poudre en contact avec elle.
Pour éviter les dangers auxquels pourrait exposerle maniement de semblables projectiles, on a adoptédans la marine un fil de plomb pour maintenir la bro-che. Ce fil est assez fort pour résister à une chute duprojectile de 9 mètres de hauteur sur le pavé, ce quimet à l’abri de tout accident, sans que l’explosion man-que jamais quand le boulet atteint le but.
Il n’y a pas de danger que cet effet ait lieu au départ,puisque la broche résiste par son inertie et s’éloigne au-tant que possible de la capsule, mais il n’en serait pasde même hors de la bouche à feu, si une rotation sui-vant l’axe de la broche n’existait pas seule. L’effet,en arrivant au but, serait également manqué pour tousles cas nombreux où le choc ne tendrait pas à produirel’effet de percussion suivant l’axo.
Tout ceci justifie pleinement notre observation pre-mière et montre que la solution du problème des pro-jectiles percutants, n’est qu’une conséquence de celuides projectiles tournants autour d’un axe de figure déter-minée, autour de leur grand axe, puisqu’ii est avanta-geux pour la portée de leur donuer une forme allongé^.