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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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BOUSSOLE.

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BOUSSOLE. Nous avons déjà parlé de la boussoledans ses applications au levé des plans où la directionconstante qu’elle fournit facilite beaucoup le travail,pour le levé des mines souterraines notamment, et desoir emploi pour la navigation où cette propriété d’in-diquer la direction est si précieuse. Nous représentonsfig. 3437 la disposition que l’on donne sur les navires

à la boussole. Elle offre ceci de particulier que, parl’effet d’une double suspension à angle droit des deuxcercles qui la portent, d’un jointde Cardan, les mouve-ments du navire sont annulés, qu’elle reste horizon-tale et son axe vertical, qu’il ne se produit pas de frot-tements qui empêchent l’aiguille de conserver sa véri-table direction.

La boussole se dirige vers le sud avec une intensitéqui est en raison de la force du magnétisme terrestre,la terre agissant tout à fait comme le ferait un barreauaimantée. Elle peut donc servir à déterminer la com-posante horizontale du magnétisme en un lieu donné.À l’aide de la boussole dite d’inclinaison on peut, demême, en chaque lieu, déterminer la direction de lacomposante verticale. Elle se compose d'une aiguilleaimantée traversée en son centre de gravité par unaxe cylindrique en acier poli qui repose par ses deuxextrémités sur des couteaux d’agate très-fine. Un cer-cle gradué, ayant même centre que la boussole, donnel’inclinaison du lieu comme la boussole horizontaledonne la déclinaison avec le méridien du lieu ; seule-ment la première doit avoir son centre de gravité dansle méridien magnétique du lieu, déterminé à l’aidede la boussole horizontale.

On a dû souvent se demander pourquoi la boussolemarine, le compas, comme l’appellent les marins,était formée d’une aiguille portant une chape par la-quelle elle repose sur une pointe, et par suite était éta-blie de manière à être à la mer dans un état perpé-tuel d’agitation fort préjudiciable aux observations.

M. Iveller a indiqué l’origine de cette disposition tra-ditionnelle dans l’emploi fait autrefois de la boussolepour déterminer les situations lunaires (méthode aban-donnée à tort pour étudier les courants de marée ), cequi exigeait que l’axe de la boussole fût placé paral-lèlement à l’axe du monde, à ce que leur plan devîntun plan équatorial.

A partir du moment où cette méthode fut vouée àl’oubli, on ne comprend pas, dit le savant ingénieur,que la tradition des roses ballottantes ait pu lui sur-vivre, en présence des graves inconvénients qu’ellesoffrent aux navigateurs par leurs mouvements perpé-tuels. Cependant, rien n’était plus facile que de suppri-mer ccs oscillations imprimées à la rose du compas parles mouvements incessants du navire. En effet, dèsque la mobilité de la rose en tous sens n’était plus né-

BRIQUES CREUSES.

cessaire, on était certain d’anéantir ses ballottementsverticaux en maintenant son axe entre deux chapesfixes superposées. Par ce moyen, le plan de la roseétant devenu horizontal, il devenait inutile de contre-balancer l’effet de l’inclinaison magnétique par unpoids placé sur la branche sud de l’aiguille aimantée.Or la position excentrique de ce contre-poids et souinertie l’empêchant de participer immédiatement auxchangements de vitesse du centre de suspension en-traîné par les mouvements du navire, évidemment cecontre-poids est la cause principale de l’agitation delàrose. Sa suppression assurerait la stabilité de la roseen même temps qu’elle dispenserait de la nécessitéde déplacer le contre-poids sur la même branche del’aiguille, d’une latitude à l’autre dans le même hé-misphère, et d’une branche à l'autre en changeantd’hémisphère : or, pour réaliser ces avantages, il suf-firait que l’axe de suspension de l’aiguille aiman-tée passât par son centre de gravité déterminé avantl’aimantation, comme pour les aiguilles d’inclinaison.U ne resterait plus alors qu’à opposer un frottement àl’action de l’inclinaison magnétique pour l’empêcherd’agir sur la rose quand ( le navire donnant de labande) elle se trouve écartée notablement du planhorizontal malgré la suspension à la Cardan ; or esfrottement efficace pourrait être déterminé par un petitressort maintenu par le poids de la rose, quand sonaxe est vertical, et qui entrerait enjeu lorsque, cet axes’inclinant, le poids de la rose pèserait moins sur lesressorts que sur les colliers de l’axe. Dans ces condi-tions, le compas 11 e fonctionnant que dans le plan ho-rizontal, sa rose serait exempte de toute oscillationaccidentelle.

BRIQUES CREUSES. Une heureuse idée, repo-sant sur une extension des moyens d’agir sur les ma-tières plastiques, est venue donner naissance à uneimportante industrie. Voici ce que dit, à cet égard, lerapporteur du Jury de la quatorzième classe, qui, àl’exposition universelle de 1856, a décerné à son au-teur, M. Borie, la médaille d’honneur :

« On éprouvait depuis longtemps le besoin de ma-tériaux en même temps solides, légers et susceptibles,par leur forme et par la disposition de leurs pleins etde leurs vides, de se juxtaposer et de se superposerconvenablement et facilement, de se lier avec le moinspossible de mortier ou de plâtre, de s’opposer à la pro-pagation de riiumidité du sol, du froid ou du chaud ex-térieurs, des sons d’une localité à une autre, etc., c’està quoi satisfont parfaitement et complètement les ma-tériaux tubulaires ou briques creuses de M. Borie.Leurs dimensions variées sont convenablement appro-priées aux différents besoins des constructions et judi-cieusement déterminées en fractions du système déci-mal. La terre en est bien choisie et habilement mise ceœuvre à l’aide d’une machine ingénieuse et susceptibled’être appliquée' à la fabrication des tuyaux de drai-nage et d’un grand nombre d’autres produits.

« Les briques creuses sont donc des matériaux enmême temps nouveaux, habilement établis, parfaite-ment appropriés aux besoins des constructionstoutes sortes : ils sont, de plus, favorables à la solidité,à la commodité, à la salubrité déshabitations-, enfin iL

donnent lieu à des exportations assez considérables en

divers pays. »

Il existe plusieurs espèces de briques creuses : tëbriques à grandes, à moyennes et à petites cavités:ces dernières sont généralement préférées, car ellessont plus légères pour une même résistance, et n ad-mettent le mortier dans leur intérieur qu’en très-pe*titos quantités. Quant aux formes et aux dimensionil est facile de les modifier suivant les usages locaux etle besoin des circonstances ; toutefois 011 gagne a n epas trop s’éloigner, sous ce double rapport, des typ® 5