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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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BRIQUES CREUSES.

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admis généralement pour les briques pleines. 11 ne fautpas perdre de vue, d’une part, que des formes compli-quées, quoique d’une exécution relativement peu coû-teuse, sont, en définitive, rarement pratiques; d’autrepart, que rien n’est plus difficile que de faire sécher etcuire, sans non-valeurs nombreuses, de gros volumesde terre, tandis que les produits de petit échantillonsupportent l’action de l’air et du feti sans pertes etpresque sans aucun soin.

Les briques tubulaires étant un produit nouveau, ilne sera peut-être pas sans intérêt de mentionner quel-ques-unes des circonstances qui ont, en quelque sorte,favorisé leur introduction dans l’industrie du batiment.Les détails qui suivent, et que nous empruntons auBulletin de l'industrie minérale , ont trait à une séried’expériences en grand faites à Paris , au mois de sep-tembre 4852, par M. Eugène Flaehat, ingénieur duchemin de fer de l’Ouest, avant de procéder à la con-struction en briques creuses des 8,0-0 mètres carrésenviron d’arceaux surbaissés qui, aujourd’hui, soutien-nent les salles d’attente de la gare de ce chemin.

Le projet était de faire pénétrer les voitures chargéesde voyageurs dans la plus grande de ces salles, quioccupent toutes le premier étage de l’édifice, et c’est ilcette considération, autant qu’à celle de la hardiessedu plan adopté, que sont dus les essais que nous allonsrelater.

Les arceaux appuient leur naissance à de fortessablières de fonte supportées par des colonnes égale-ment en fonte ; ils ont 5 mètres de portée, 0 m ,5Ô deflèche et 0 m ,22 d’épaisseur seulement. Cette épaisseurse compose de deux anneaux concentriques de briquesdoubles à seize cavités. Leurs longueurs, suivant lesgénératrices, sont variables.

Les essais eurent lieu sur deux fragments d’arceauxformés d’une double brique, chacun de 2 mètres de gé-nératrice, et se trouvant, d’ailleurs, dans des conditionsde portée, de flèche et d’épaisseur, identiques aveccelles qui viennent d’être indiquées. Pour l’un des ar-ceaux on se servit de plâtre; pour l’autre, de mortierordinaire. Ils étaient construits depuis moins d’unesemaine lorsque les expériences commencèrent. Lesbriques offraient l’apparence d’une cuisson médiocre.

PREMIÈRE EXPÉRIENCE.

Arceau à joints de plâtre.

Charges. Fléchissement.

27,000 kilog. 0 m ,025

Arceau à joints de mortier.

30,000 kilog. 0 m ,014

DEUXIÈME EXPÉRIENCE.

Les arceaux furent déchargés. On enleva à chacundeux son anneau supérieur de briques, et désonnais1 on opéra sur l’anneau inférieur épais de 0 m , 11 .

Arceau à joints de plâtre.

Charges. Fléchissement.

3,‘100 kilog. 0 m ,002

6,000 — '. (W()04

10,000 — . Qm ()09

13,000 - . . 0-MM7

20,000 - .W"

On transporta alors la charge entière sur l’un descotes de l’arceau, qui, néanmoins, ne fit aucun mou-vement. Enfin, la charge ayant été portée à 25,000 ki-l’autre moitié de l’arceau se souleva et produisit

loi

écroulement.

Charges.0,0009,50015,000

Arceau à joints de mortier.

kilog.

Idéchissement.

0 m ,005O"*, 009

0 m ,0!o

BRIQUES CREUSES.

La^ charge ayant été, comme précédemment, portéesur l’un des reins et augmentée, l’arceau tomba sous17,800 kilog.

Ces chiffres de résistance ayant paru plus que satis-faisants, on procéda de suite aux travaux qui avaientmotivé les essais.

Pendant plusieurs mois, la grande salle d’attente areçu, en effet, toutes sortes de voitures chargées devoyageurs. Aujourd’hui les piétons seulement y sontadmis, afin d’éviter le renouvellement des accidentsauxquels l’encombrement des véhicules mêlés à la fouleavait donné lieu.

Ces faits parlent en faveur des briques creuses et dé-montrent suffisamment leur résistance à l’écrasement.Quant à leur légèreté, si précieuse dans le cas descloisons, murs, voûtes, que l’on est souvent-obligé doconstruire en porte-à-faux, et dans celui des exhausse-ments de maisons, voici un exemple du parti qu’oncil peut tirer; il s’agit d’un fait qui s’est passé àParis , à l’occasion du pont de l’Alma. Ce pont, quifranchit la Seine sur trois arches de pierre à grandeportée, subit, aussitôt achevé, un affaissement notablequi donna des craintes sérieuses sur sa solidité. On sehâta d’enlever la chaussée dont il était déjà recouvert,de décharger ses tympans, de consolider celui des pi-liers qui était la cause du mouvement produit, et auxmatériaux employés pour porter la chaussée d’un tym-pan à l’autre on substitua des briques creuses disposéesen arceaux minces. De la sorte, le pont se trouva al-légé d’un poids considérable (300,000 kilog. environ),et depuis ce moment il est livré à la circulation.

En résumé, les briques creuses sont aujourd’hui re-cherchées par les architectes et les entrepreneurs, et,si elles ont leur place marquée dans les constructions,elles la doivent non-seulement à leur légèreté et à lamodicité de leur prix de revient, mais encore à diversespropriétés révélées par lu pratique, et que les briquespleines no possèdent pas au même degré. Ces propriétéssont : une résistance plus considérable à la rupture etaux agents atmosphériques ; une liaison plus intime desmaçonneries ; une inconductibilité de la chaleur plusprononcée; un isolement plus complet de l’humidité.Déjà, dans le nord de l’Europe , il existe plusieurs éta-blissements qui se livrent actuellement à cette fabrica-tion ; il y en a également en Italie, en Espagne , dansl’Amérique du Sud, les Indes et l’Australie . En 1854,le gouvernement a donné l’un des premiers l’exemple,en envoyant de Paris aux colonies françaises non-seu-lement des quantités importantes de briques creusespour servir à l’édification de plusieurs monuments im-portants tels que casernes et hôpitaux, mais encore desmachines à mouler, destinées à encourager sur les lieuxla fabrication de ces nouveaux et utiles matériaux deconstruction.

Fabrication. —La fabrication des briques creuses n’estpas aussi simple que celle des briques pleines; elleexige un matériel complet pour le malaxage des terres,le moulage, l’étendage et la cuisson.

La composition chimique des terres variant non-seulement dans un même pays, mais encore dans unemême localité, il n’est possible de fournir que quelquesdonnées générales sur le choix qu’on en doit faire pourtelle ou telle application. A l’égard des briques creusesnon réfractaires, toutes les argiles sont bonnes, pourvu,toutefois, que la proportion d'alumine soit à peu prèsnormale, car c’est à la présence de ce corps que la plas-ticité et le retrait des terres sont dus. Un retrait de \ j8environ sur les dimensions entre une brique sortant dumoulage et cette même brique sèche et prête à mettreau four, indique que le mélange argileux est en pro-portions convenables. Si le retrait est sensiblementmoindre, le mélange ne possède pas toute la plasticitévoulue et se moule imparfaitement; on rectifie alors ce