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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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BRIQUES CREUSES.

BRIQUES CREUSES.

défaut soit par une addition d’argile plus liante, soit enéliminant, à l’aide d’un lavage, l’excès des matièressiliceuses. Si le retrait est, au contraire, plus prononcé,les produits courent le risque de se fissurer à la des-siccation et à la cuisson ; dans ce cas, on diminue laplasticité de la terre à l’aide de sable, de craie pulvéri-sée, de terre ou autres matières inertes. Il existe desargiles, celles de Paris , par exemple, qui absorbentutilement jusqu’à 40 pour 100 de sable fin. Cellesqu’on met en œuvre à l’usine de la rue de la Muette,viennent des plaines d’Ivry et de Chantilly ; la propor-tion de sable qu’on y ajoute est de 33 pour 100.

L’argile ayant été réduite à un état de division con-venable soit par des cylindres lamineurs, soit au moyende couteaux mécaniques, on la livre au malaxeur, eny ajoutant le sable qui doit servir au mélange. Le ma-laxeur est un cylindre de bois ou de métal dans lequeltourne un arbre vertical armé de couteaux, qui produi-sent le mélange intime des matières. (Voyez mortier.)Un orifice placé à la base du cylindre livre passage àune traînée continue de terre malaxée que l’on diviseen lopins, et qui se trouve ainsi parfaitement préparéepour subir l’opération du moulage.

La machine à mouler, que représentent les figures

et s’ouvrant, par le haut, au moyen de forts couvercles àcharnières. Chaque caisse porte, à son extrémité anté-rieure, une filière derrière laquelle est placé un cribleépurateur. Une table couverte de rouleaux enveloppésdedrap grossier, fait suite à chaque filière ; elle est munied’un châssis mobile, sur lequel sont tendus des fils defer distancés entre eux de la longueur d’une brique etfaisant fonction de couteaux.

L’ouvrier principal remplit l’une des caisses de lamachine avec les lopins de terre sortant du malaxeur;il rabat le couvercle, le fixe invariablement a 1 aided’un levier à came d’une grande solidité, et la machineest mise enjeu. Sous l’efïort du piston, la terre argi-leuse passe au travers du crible, qui intercepte au pas-sage tous les corps étrangers d’un diamètre au-dessusde O 111 ,005 ; puis elle traverse la filière qui la moule etla laisse sortir sous la forme de plusieurs bandes pris-matiques, qui glissent parallèlement sur les rouleauxde la table. La sortie effectuée, on rabat le châssis dontles fils de fer découpent des briques, qui sont immédia-tement enlevées et portées au séchoir. Rendant cettemanœuvre, qui dure une minute environ, l’ouvrier aeu le temps de charger la seconde caisse ; le piston,arrivé au bout de sa course, revient alors au point de

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3438 et 3439 se compose d’un double piston mis en mou-vement par des engrenages, et qui accomplit un mouve-ment horizontal de va-et-vient dans les intérieurs dedeux caisses prismatiques en fonte, placées sur un bâti

départ, sous l’impulsion inverse de la machine, etle meme travail s’accomplit au travers de l’autrefilière : l’opération peut donc ainsi se poursuivreindéfiniment.

Le crible au travers duquel la terre est obligéede passer retenant toutes les impuretés, telles quegraviers, racines, etc., empâtées dans la terre ar-gileuse, le piston ne peut jamais s’en approcherqu’à une distance d’environ 0 m ,03. Lorsque cet es-pace est rempli par les impuretés, l’ouvrier opèrele nettoyage à l’aide de la truelle.

Plusieurs appareils de ce genre fonctionnent àl’usine de M. Borie; ils sont mus par une machineàvapeurqui commande en meme temps les couteauxà découper l'argile, les malaxeurs, ainsi que phisieurs monte-charges emportant les briques à l’étagesupérieur, où sont déposés une partie des séchoirs.

Chaque machine à mouler fournit, par journée detravail, 6 à 7,000 briques; elle n’en produit que 4 à5,000 lorsqu’elle est mue à bras. Dans le premier cas,elle est desservie par quatre hommes ; dans le second,trois suffisent.