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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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BROCHE DE FILATURE.

Séchage et cuisson. — Les briques creuses, on le com-prend, doivent sécher plus rapidement que les briquespleines. Le séchage est effectué sur des rayons mo-biles; ce sont des planchettes longues de I mètre cha-cune, pouvant recevoir dix briques posées sur champ,et que les ouvriers transportent sans effort.

Quant à la cuisson, elle ne présente rien de particu-lier ; elle s’opère dans des fours prismatiques accoléset marchant alternativement. Ici, comme partout, ladifficulté consiste à répartir la chaleur d’une manière-égale dans toute la masse des briques et à économiserle combustible.

Price de revient. —Comparé au prix de revient des bri-ques pleines de meme qualité et fabriquées aux mêmeslieux et dans les mêmes circonstances, le prix de revientdes briques tubulaires est notablement inférieur. Voiciquels sont les éléments divers qui composent ce prix derevient :

1° Les matières premières : terre et sable ;

2° La préparation du mélange ou malaxage ;

3° Le moulage ;

4° Le séchage pendant lequel les briques doiventêtre retournées ;

5" L’enfournement et le défournement ;

6* La cuisson : temps et combustible ;

7° Le transport à pied d’œuvre;

8° Le déchet ;

9 ' Les frais généraux.

Or, en fait d’économies, on peut compter :

50 pour 100 sur les matières premières et leur pré-paration ; en effet, la somme des vides étant sensible-ment égale à celle des pleins, il faut, pour un certainnombre de briques creuses, moitié moins de matièrespremières que pour le même nombre de briques pleines;

50 pour 100 sur le temps du séchage ;

10 pour 100 sur la main-d’œuvre du moulage ;

25 à 30 pour 100 sur le temps et sur le combus-tible ;

40 pour 100 sur le transport, car le poids des briquescreuses est presque moitié de celui des briques pleinesde même qualité et de mêmes dimensions.

En résumé, voilà différentes économies qui portentsur presque tous les éléments du prix de revient, et quise traduisent par une moyenne générale variant dansles limites de 25 à 30 pour 100.

BROCHE DE FILATURE. La filature, amenée de-puis le commencement du siècle à un si admirabledegré de perfection, reçoit depuis quelques annéesdes améliorations d’une importance inespérée, soit parl’addition de machines auxiliaires destinées à rendreplus complet le classement des matières premières,telle est la remarquable peigneuse de Ileilmaim, dontnous parlons ci-après, soit par des améliorations appor-tées àquelques parties du mécanisme des métiers à filer.

C’est dans cette classe qu’il faut ranger la brochede l’invention de M. F. Durand, sur laquelle M. Al-can a fait un excellent rapport à la .Société d’encou-ragement, dans lequel il fait apprécier les imperfec-tions de la filature actuelle et montre comment la nou-

velle invention y remédie.

f t Deux systèmes de métiers à filer, dit-il, sont seulsen possession, comme on le sait, du vaste domaine dela filature. Quelle que soit la substance à transformer,elle est soumise soit au système connu chez nous sousle nom de continu et de throstîe en Angleterre, soit aumétier mull-jcnny. Malgré les mérites relatifs et in-contestés de ces deux systèmes, ni l’un ni l’autre nesatisfait entièrement aux exigences rationnelles del’industrie. Le continu, séduisant par la simplicité descombinaisons mécaniques, la simultanéité d’action desdifférentes fonctions du filage (l’étirage, la torsion etle renvidage), présente des inconvénients graves.L’ailette qui dirige le fil pendant la torsion, libre à

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l’une de ses extrémités, est soumise à des vibrationstelles que la vitesse qui les produit ne peut dépasserune certaine limite sans énerver le fil et en occasion-ner la rupture. La marche de l’organe renvideur (de labobine) est moins bien assurée encore; les concilesconcentriques sont produites par une différence de vi-tesse entre la bobine et la broche ; cette différence estobtenue par un ralentissement d’action résultant dol’embase inférieure de la bobine enfilée librement surla broche, et une saillie de celle-ci ; c’est-à-dire que labobine et la broche ont la même commande et four-niraient le même développement dans l’unité de temps,si l’action de la bobine n’était libre autour de la bro-che et inflifencéc par une cause retardatrice pendant lemouvement. Cette cause est 1° le frottement, toujoursinsuffisant, de l'embase; 2° celui d’un petit poids fixépar une ficelle à cette embase pour produire la quantitéde frottement nécessaire. Il suffit de signaler ce moded’action pour faire comprendre ce qu’il a de peu préciscomme moyen de règlement au point de départ, etd’irrégulier dans sa marche. En effet, si au commen-cement du renvidage l’action retardatrice est insuffi-sante, le fil flottera, les couches seront molles ; non-seulement la bobine sera trop vite pleine, mais ellos’éboulera au dévidage ultérieur et occasionnera dudéchet; si, au contraire, on est arrivé à un frottementconvenable, par le tâtonnement, au commencement durenvidage, il faut pouvoir l’augmenter graduellementet en raison directe de l’accroissement du diamètre dela bobine, ce qui est pratiquement impossible.

Ces circonstances, jointes au mouvement vertical deva-et-vient du chariot porte-bobines, destiné à la dis-tribution des couches concentriques sur toute la hau-teur de l’enroulement, occasionnent la consommationd’une quantité de force motrice relativement considé-rable. C’est à la réunion de ces différentes causes qu’ilfaut attribuer l’usage restreint du système continu etla difficulté d’y produire, avec avantage, un fil dont lafinesse dépasse le n° 40 métrique, c’est-à-dire 40 kilo-mètres par 500 grammes.

On obtient du mull-jenny des résultats bien supé-rieurs, puisqu’il fournit couramment, dans le filage ducoton par exemple, du n° 200 métrique. Aussi l’a-t-onproclamé le système par excellence ; il est néanmoinsl’objet des recherches les plus actives et des améliora-tions de tous les jours, qui indiquent suffisamment qu’iln'a pas atteint toute sa perfection. Il diffère surtout duprécédent par l’absence d’un appareil renvideur spécial.La broche remplit alternativement les fonctions d’or-gane tordeur et renvideur, et souvent même elle four-nit un supplément d’étirage. La simultanéité n’estdonc pas possible pour les différentes fonctions quiconstituent le filage. Le renvidage ne peut avoir lieuqu’après la torsion, et, comme celle-ci doit s’exercersur la préparation convenablement tendue, les brochessont obligées de s’éloigner des cylindres étireurs pen-dant le temps que ceux-ci leur fournissent le fil ébau-ché; cette translation a lieu avec une accélérationsusceptible de produire un certain allongement. A lalimite de sa course, le chariot et les cylindres étireurss’arrêtent, l’étirage cesse et la rotation des broches est,au contraire, continuée pendant un certain temps en-core pour terminer la torsion. Celle-ci opérée, le cha-riot porte-broches revient sur ses pas pour cueillirou renvider les fils par la continuation du mouvementdes broches.

La nécessité de suspendre et de rendre le mouve-ment aux cylindres et au chariot à des intervalles dé-terminés, d’imprimer simultanément une vitesse derotation et de translation de va-et-vient à un nombrede broches qui peut varier de 300 à 600 par métier,sont des causes premières de complications, qui aug-mentent encore par les conditions de variations de