bronze.
BRONZE.
Cl
l;lcs industriels qui ont vu fonctionner le système nou-veau. Tous sc sont accordés h reconnaître l’excellencedu fil ; aucun n’a trouvé une objection sérieuse contrel'emploi du métier, la plupart *en ont été si frappésqu’ils en ont fait des commandes pour les expérimenteren grand dans leurs établissements.
BRONZE. Nous compléterons ici l’article Bronze pur quelques considérations sur la composition et lemoulage, que nous empruntons à M. A. Uruyer, chi-miste-ingénieur attaché à l'ancien institut agrono-mique de Versailles. Il a publié, dans la Revue des DeuxMondes du ■1 er janvier IboG, un article intéressant surce sujet, dont nous extrayons ce qui suit :
On comprend généralement, dit l’auteur, sous lenom de bronze ou d'airain, un alliage de cuivre oud’étain. Cependant cette définition 11 ’est guère exacteque pour le composé destiné aux bouches à feu; car lebronze, dans les autres applications, notamment dansla fabrication des objets d’art, est un alliage quater-naire, contenant à la fois du cuivre, de l’étain, du zincet du. plomb. Le bronze est toujours plus dur et plusflexible que le cuivre ; d'autant plus cassant qu’il con-tient plus d’étain, la trempe le rend alors plus parfai-tement malléable. La densité du bronze est supérieureà la densité moyenne des métaux qui le composent : ils’oxyde lentement, même à l'air humide ; néanmoins,fondu au contact de l'air, il s’oxyde alors facilement,et l’oxydation de l’étain et du zinc marchant plus viteque celle du cuivre, l’alliage qui reste perd scs propor -tions primitives.
La dureté remarquable du bronze, la finesse de songrain, la résistance de cet alliage à l’action oxydantede l’air humide, la fusibilité et la fluidité qui le rendentcapable de prendre l’empreinte des moules les plus dé-licats le désignaient naturellement à la fabrication desobjets d’art.
En général, le bronze destiné à l’art statuaire doitêtre assez fluide lors de sa fonte pour pénétrer facile-ment dans les cavités les plus délicates du moule ; ildoit présenter une çoulour convenable et pouvoirprendre une belle patine par l’application d’un mor-dant; il faut enfin qu’il soit docile au travail de lalime et du ciseau. Malheureusement on ne trouve passans peine un alliage remplissant toutes ces conditions.Le bronze, exclusivement composé de cuivre et d’étain,est dur et tenace, mais ne jouit pas, à la fonte, d’unetrès-grande fluidité. Si l’on substitue le zinc à l'étain,on a un alliage très-fluide, mais dont la ténacité n’estpas suffisante, et qui, de plus,- est facilement oxydable.Le mieux sera donc de former un alliage intermédiairecontenant du cuivre, de l’étain et du zinc. En tout cas,on ne saurait apporter trop de soins à la compositionde ces alliages.
Si la composition de l’alliage est d’une grande im-portance, la fonte est une opération également délicate.Pour donner de bons résultats, elle doit être rapide,afin d’éviter les pertes d’étain, de zinc et de plomb,car ces métaux étant plus facilement oxydables que lecuivre, les proportions de l’alliage se trouvent souventdérangées pendant cette opération. Ainsi, lorsqu’oncoule le bronze, il arrive souvent qu’il n’a plus la flui-dité suffisante et qu’il se refuse à sortir du fourneau :c est qu’il ne contient plus la quantité d’étain et dezinc nécessaire, et qu’il est déjà trop riche en cuivre;u est ce que les Florentins appelaient inrantato.
Ln autre phénomène remarquablement lié auxpropriétés les plus importantes du bronze dépend dupartage qui s’établit par le'refroidissement dans laniasse de cet alliage. En effet, une portion du cuivre etde 1 étain forme d’abord un alliage qui se solidifie,tandis qu’une autre portion de ces deux métaux con--jbtue un second alliage qui reste liquide encore pen-dant quelque temps. Dès que le refroidissement com-
mence, l’alliage le moins fusible cristallise, et la masseprend du retrait; alors l’alliage liquide, pressé par lacolonne métallique, s’écoule dans l’espace vide quis’est formé à la circonférence et dans le haut du moule.De là, un partage qui s’établit de telle sorte qu’aucentre de la niasse se trouve l’alliage le plus riche encuivre, tandis qu’à la périphérie vient sc placer celuiqui contient le maximum d’étain. Ce phénomène estcelui de la liquation. Tant que l'alliage est liquide,il est homogène ; mais il y a dans la masse un mé-lange de plusieurs alliages, doués de points de fusiondifférents et pouvant se solidifier les uns après les au-tres. Cela nous montre qu’il est impossible d'obtenirde grandes pièces d’une composition bien homogène,et qu’il y a toujours intérêt à fractionner le plus pos-sible la fonte d’un monument. C’est à ce phénomènede liquation qu’il faut attribuer la quantité innom-brable de petits trous que l’on remarque à la sur-face de la plupart des bronzes anciens. La partie del'alliage la plus riche en étain étant venue se déposer àla surface, elle est facilement oxydée et détruite sousla double influence de l’air et de l’humidité. l)e là cetaspect poreux qu’ont, une grande quantité de bronzesantiques.
Quant aux procédés de moulage, ils sont très-com-pliqués. Un bon moulage doit reproduire le modèlesans en altérer ni la forme ni le sentiment; il doitdonner à chaque partie l'épaisseur minimum qui luiconvient ; il doit être tel enfin (pie l’objet sorte dumoule avec la perfection presque définitive. La ques-tion économique, qui domine tontes les industries,veut, en effet, qu’on épargne en même temps le métalet la main-d'œuvre.
Nous manquons de détails précis sur les procédésde moulage des anciens. Pline et les écrivains grecs oulatins, qui nous ont transmis le catalogue des plusbeaux bronzes de l’antiquité, ne nous disent rien sur lemode de fabrication. Nous savons seulement qu’il étaittrès-perfcctionné, et les monuments sont là pour témoi-gner en faveur de la liante intelligence des fondeursanciens. On croit que les anciens faisaient leurs mou-les avec de l’argile mêlée de fleur de farine, et nousavons la preuve que, loin de chercher à fondre leursstatues* d’un seul jet, ils s’attachaient, au contraire, àfractionner le travail. Ainsi ils composaient leurs fi-gures de plusieurs pièces, qu’ils réunissaient ensuitepar des soudures et des attaches en queue d’aronde.En opérant de la sorte, les anciens se mettaient à l’abrides fontes manquées et du défaut d’homogénéité quenous signalions tout à l'heure en parlant du phéno-mène de liquation. Enfin l’immense quantité de statuesde bronze qui peuplaient les villes grecques et romainesatteste la perfection et la rapidité des procédés dontdisposaient autrefois les artistes et les fondeurs. Toute-fois les anciens payaient fort cher les statues dobronze, et le prix qu’ils en donnaient paraîtrait, de nosjours, fort exagéré.
Depuis la renaissance jusqu’à nos jours, le moulageen cire perdue a été presque exclusivement employé,et nous lui devons les monuments du xiv e au xvm e siè-cle ; mais ce procédé est abandonné maintenant, oun’est plus employé que par exception. Il exigeait desfrais énormes, un temps considérable, et il était, enoutre, soumis à des chances de non-réussite que l’in-dustrie moderne ne peut plus courir ; enfin il deman-dait l’intervention directe de l'artiste. Voici quelles sontles diverses phases de cette opération compliquée. Ilfallait, pour une statue, par exemple, faire sur le mo-dèle un moule en plâtre, le garnir d’une couche decire égale à l'épaisseur que devait avoir le bronze,construire dans la cavité du moule une armature for-mée de pièces de fer capables de soutenir le noyau, ycouler ce noyau auquel allaient adhérer les cires, répa-
<;