CAOUTCHOUC.
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dont le fond en toile de coton grossière repose sur unecouche de sable fin, de telle sorte que la partie aqueusede la sève laiteuse, enlevée rapidement par Timbibition,laisse à la surlace une lame de caoutchouc pur, dont onpeut compléter la dessiccation au soleil. Cette filtrationest cependant lente , et la séve laiteuse sur laquelle onopère pourrait éprouver la fermentation. On peut laprévenir en ajoutant à la liqueur aqueuse 2 ou 3 cen-tièmes d’eau-dc-vie du pays, et empêcher ainsi eesaltérations de la sève qui déprécient notablement cer-tains caoutchoucs du commerce. On conçoit que quandun tel mode de préparation se sera répandu, le caout-chouc naturel devra présenter une homogénéité decomposition analogue à celle du caoutchouc manufac-turé, et une résistance à la traction très-appréciée dansla confection des tissus élastiques.
Vulcanisation. — L’Exposition universelle présen-tait deux espèces de caoutchouc volcanisé : caout-chouc résistant à la compression, volcanisé avec intro-duction dans l.a masse de carbonate de plomb qui, setransformant en sulfure de plomb , donne à ce produitune teinte noire foncée qui concourt, avec la résistanceà la compression, pour rendre cette qualité de caout-chouc plus propre à la confection des chaussures ; etcaoutchouc volcanisé sans introduction de matièresétrangères, autres que le soufre, qui, selon qu’il nétéou non désulfuré par les solutions alcalines, présente oula teinte grisâtre du soufre qui vient s’effleurir à lasurface, ou la teinte brune du caoutchouc ordinaire.Ce caoutchouc diffère du précédent en ce que, pouvantêtre comprimé par l'intervention d’une force moinsgrande, il est moins apte à reprendre le volume qu’ilavait avant cette compression , mais en compensationil s’allonge beaucoup plus sous des. tractions opposéessans crainte de rupture.
Dans les fabriques d’Allemagne , il arrive souventqu’à l’exemple de ce qui se pratique aussi parfois enAmérique , on introduit dans le caoutchouc ramolli, del’oxyde de zinc, matière inerte qui, répandue dans lamasse, contribue à lui donner la teinte blanchâtrequ’elle possède, et en augmente la densité ; mais cetteaddition, qui rend le caoutchouc plus cassant quand onl’étire, sans qu’il présente plus de force de compressionquand on le comprime, et qui contribue à rendre plusprompte son altération spontanée par le temps , aidésurtout d’une certaine température , présente des in-convénients que rien ne rachète, et n’a pour résultatque de diminuer le prix du produit aux dépens de laqualité.
Si, à la place de cet oxyde de zinc, inaltérable par lesoufre, on introduit dans la masse du caoutchouc d’au-tres matières colorantes , inaltérables aussi par cetagent, telles que le vermillon, l’outremer, le chromatede zinc, on peut obtenir ainsi, avec des couleurs fran-ches répandues dans la masse et non sujettes à s’effacer,ce qu’on fabriquait autrefois en recouvrant simplementau pinceau, après la volcanisation, les objets en caout-chouc d’une couche de couleur qui ne présentait jamaisbeaucoup d’adhérence.
On peut mêler, à l’exemple de MM. Aubert et Gé-rard , les caoutchoucs diversement colorés, ramollispar la chaleur de manière à les incorporer d’une ma-nière incomplète, et produire ainsi des masses pré-sentant eet aspect marbré qui caractérise certains sa-vons. On conçoit qu’en découpant ces masses en lamesminces, on peut obtenir ainsi des feuilles de caoutchoucqui présentent l’aspect d’un tissu imprimé. Soude-t-onl’un sur l’autre des disques différemment colorés etd’épaisseur variable, on obtiendra, en les découpant àleur circonférence, des lanières à bandes parallèles di-versement colorées, qui constituent des ceintures élas-tiques simulant parfaitement des ceintures ordinairestissées avec des fils de différentes couleurs.
Cette manière de découper ainsi un bloc cylindriquede caoutchouc suivant une spirale, et de façon à ob-tenir une feuille continue de 50 à 60 mètres de lori^gueur, est uno amélioration importante dans la ma-nière d’obtenir ces feuilles, qui présentent beaucoupd’avantages quand elles sont de grandes dimensions.
Dans la machine qui sert à obtenir ces feuilles, le cou-teau, maintenu dans des coulisses fixes , au lieu de fmarcher en avant comme dans les machines anciennes,n’a qu’un mouvement de va-et-vient et ne se déplacepas. C’est le cylindre de caoutchouc qui, tournant surlui-même, de manière à présenter ainsi les diverspoints de sa circonférence au couteau, avance progres-sivement par le moyen d’une vis adaptée au chariotqui le porte. Ces deux mouvements sont solidaires, ettellement combinés, que la feuille détachée a la mêmeépaisseur dans toute son étendue, et que les rayuresque forme le couteau et qui donnent le grain distinctifde cette espèce de feuilles sont parfaitement équidis-tantes dans toute son étendue, résultat qui n’avait pasété réalisé avant les perfectionnements apportés à lamachine par MM. Guibal et C‘ e .
Caoutchouc durci. — Le durcissement du caoutchouctrop sulfuré était un inconvénient sérieux qui empêchaitde le faire servir à la place du cuir, pour réunir les bri-des des tuyaux où circule la vapeur. On a pu, dans cesderniers tenips , employer le caoutchouc à cet usage,d’une manière très-utile, par deux moyens différents.
On l’associe en petite quantité à des matières textiles,qu’il pénètre uniformément et de manière à réunir larésistance mécanique de ces matières avec les qualitésque présente le caoutchouc lui-même. En observantque le caoutchouc mêlé de carbonate de plomb ne pré-sente cet inconvénient qu’à un très-faible degré, Goranda eu l’idée de le mêler avec de l’hydrate de chaux, quidoit, on le sent bien, produire une désulfuration encoreplus certaine. 100 parties de caoutchouc, i de soufreet 50 d’hydrate de chaux, sont les proportions qu’ilemploie pour préparer une pâte de caoutchouc parfai-tement élastique, qui sc façonne comme à l’ordinaire,et que l’on volcanisé ensuite par le procédé usité,puis à la chauffer à 140 degrés pendant une heure ouune heure et demie, soit dans la vapeur d’eau, soitdans l’eau elle-même, qui, dissolvant plus spécialementle sulfure et la chaux de la surface, la laisse bien plussouple.
On sait que ce durcissement du caoutchouc conve-nablement régularisé est devenu pour M. Goodyear lasource d’applications importantes. L’examen des objetsde ce genre, exposés déjà en 1851 à Londres , permet-tait de concevoir , pour le développement de cette in-dustrie nouvelle, des espérances qui ont paru desréalités à l’Exposition de 1855. On a essayé d’em-ployer à des usages très-divers ce caoutchouc sur-volcanisé, et qui, selon la quantité de soufre qu’ilcontient et la température à laquelle il a été exposé,peut acquérir des intermédiaires entre l’élasticité ducaoutchouc et la rigidité du bois ; on a essayé de losubstituer à la toile pour la peinture à l'huile, aufer pour la fabrication des plumes, au cuivre pour ledoublage des navires, aux .niions de baleine pour fabri-quer les baleines des parapluies, à l’écaille dans laconfection des peignes, ainsi que de plusieurs objets detabletterie. Toutes ces applications nouvelles n’ont pasencore eu un succès complet, et l’expérience leur a étépeu favorable. Elles n’en sont pas moins très-intéres-santes, et quelques-unes subsistent, notamment la fa-brication des peignes en caoutchouc, qui est devenuel’objet d’un commerce assez important.
Quelques-unes des grandes usines où se travaille locaoutchouc confectionnent des plaques de caoutchoucdurci qui, livré aux ouvriers tabletiers, devient poureux la matière première qui sert à la confection d'objet»
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