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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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divers. Ces plaques sont toutes fabriquées avec des ,feuilles de caoutchouc contenant 50 pour i OU de soufre Ilaminées, puif. exposées pendant un temps qui varie de 7à 1 2 heures, suivant l'épaisseur, à une température de150 degrés, supérieure dès lors de 20 degrés à cellequi est nécessaire pour produire la volcanisution ordi-.naire.

Kn diminuantia proportion du soufre, connue aussila durée et l'intensité de la chaleur, on obtient unematière d’une dureté et d’une llexibilité comparables àcelle du cuir épais, et c’est cette dernière préparationque l’on a essayé de substituer au cuivre pour le dou-blage des coques de navire. Quelques essais en grandont déjà eu lieu, et M. Goodyear assure qu’un navirerecouvert de ce caoutchouc sulfuré a pu faire un voyagede circumnavigation sans que la couche préservatriceait été altérée, et qu’il se soit développé à sa surfacecette végétation sous-marine qu’un vaisseau non doubleemporte avec lui, et qui ralentit sa marche d’une ma-nière si notable. Du reste, le caoutchouc tout à faitdurci lui-même jouit de la propriété de se ramollir lé-gèrement par la chaleur et devient susceptible de rece-voir, par la pression, des empreintes diverses. Cettecirconstance a permis de tenter, avec chance de succès,des essais pour le substituer aux cylindres métalliquesgravés dont on se sert dans l’impression des toilespeintes. Si sa résistance mécanique est suffisante, il estcertain qu’il présentera dans son emploi plus (l’éco-nomie que le cuivre, dont on fait usage généralement,et une matière moins altérable que ce métal par lesproduits chimiques déposés sur les toiles avec les ma-tières colorantes par la voie de l’impression.

Sauf les modifications de détail appropriées à chaqueespèce d’objet, le mode général de fabrication des objetsen caoutchouc durci est le suivant : les objets à surfacesplanes, tels que les peignes, les manches de brosse,les manches de couteau, les cannes, les haleines, lescouteaux à papier, les règles, les équerres, etc., sontobtenus en découpant dans des plaques, par les moyensordinaires, des morceaux de forme convenable qu’onévide ensuite, que l’on contourne et que l’on fendcomme il est nécessaire. L’objet est ensuite poli commes’il était en écaille. Quant aux objets qui ont une par-tie légèrement courbe, tels que les lunettes, les peignesà tenir les cheveux, les chausse-pieds, etc., ils s’ob-tiennent en faisant d’abord ces objets plats, puis en leschauffant assez fortement en les exposant au-dessusd’un fourneau et, profitant de l’espèce de ramollisse-ment qu’ils éprouvent ainsi, pour les bomber sur unmoule où ils se refroidissent rapidement en conservantla forme prise.

Pour tous les objets présentant la forme de boîte,tels que les tabatières, les étuis de tout genre, les tubesde télescopes, les petits coffres, on forme par les moyensindiqués ci-dessus les faces planes ou bombées qui com-posent ces objets, et pour les réunir tous ensemble, onprend des moules intérieurs et extérieurs qui, conve-nablement déposés, laissent entre eux des vides pré-sentant également les dimensions des objets à obtenir ;on place dans ces vides, aux endroits convenables, lesdifférentes faces déjà préparées, et aux points de con-tact de ces faces, là où elles doivent être soudées, onmet de la pondre fine obtenue en râpant le caoutchoucdurci. Le moule alors est soumis à des pressions qui,rapprochant l’intérieur de l’extérieur, compriment très-fortement la matière qui garnit le vide. Il faut, enmême temps qu’on presse, avoir soin de chauffer for-tement, de manière à ramollir un peu la matière. Cesdeux actions continues amènent la réunion parfaite desdiverses parties de l’objet par le moyen de la poudrequi sert en quelque sorte de soudure.

Cette poudre est exclusivement employée quand ils’agit de formes très-compliquées, telles que statuettes,

moulures de tout genre, etc. Les grains de cette pou-dre, qui s'agglomèrent sous l’influence de la pressionet ‘le la chaleur, forment une matière cohérente qu'onpolit et qu'on incruste comme l’écaille, à laquelle, onle voit, le caoutchouc ressemble par son aspect, parson emploi, et par son mode de fabrication.

11 en diffère cependant par la propriété de dévelop-per par le frottement des quantités considérables d’é-lectricité, circonstance qui n'a pus lieu d’étonner quandon se rappelle combien est idio-élcctrique et mauvaisconducteur le soufre qui fait partie de ee composé : onavait présenté ce dégagement d’électricité, de mémoque la production légère mais constante, d’acide snll-hydrique, à laquelle donnent lieu les objets en caout-chouc sulfuré, comme un inconvénient attaché à l’em-ploi de cette matière : si cet inconvénient pouvaitdevenir sensible dans un salon où on aurait trop mul-tiplié les meubles en caoutchouc durci, qui. légèrementodorants, pourraient, par l’électricité dont on les char-gerait en les frottant, attirer ù eux les parcelles flot-tant dans l’atmosphère, il ne l’est pas évidemmentpour les peignes, dont la consommation constante afait justice de ces objections.

Si cette faculté de dégager de l’électricité n’est pasdans ce cas un défaut, on peut dire que dans d’autreselle constitue une faculté précieuse dont les physicienssauront tirer parti.

L'Lxposition amérieainecontenait une petite machineélectrique, construite par les soins de M. (.îoodvcar,dans laquelle le plateau et les isoloirs en verre avaientété remplacés par du caoutchouc durci, et qui, montéeau moment même où elle venait d'être déballée, put,sans aucun soin, donner de vives étincelles dans desconditions où les machines ordinaires n’en auraient pasdonné une seule.

Applications du caoutchouc. — Ces applications nou-velles du caoutchouc, quand il a été durci, marchentde pair avec celles où l’on utilise la mollesse et l’élas-ticité que lui communique la volcanisution ordinaire.L’Lxposition universelle a permis d’en constater quel-ques-unes de nouvelles.

Le velouté de la surface du caoutchouc, et la naturede ses éléments, le rendent propre à recevoir l'encregrasse de l’imprimerie et delà lithographie ; M. Good-year, en imprimant sur des feuilles de caoutchoucl’ouvrage qu’il a composé sur ce singulier produit, enfaLant tirer des lithographies sur des feuilles de caout-chouc substituées au papier, a montré combien il étaitpropre à rendre toute la finesse des détails dessinéssur la pierre. C’est cette propriété, jointe à son élas-ticité, que M. Devillers a essayé d’utiliser dans unemachine à amplifier les dessins. Qu’un dessin soittracé avec une encre lithographique sur une plaquede caoutchouc blanche et lisse de forme circulaire, etqu’en tirant uniformément cette lame circulaire partous les points de sa circonférence on donne à la laineune dimension plus grande, qu’on le tende dans tousles sens, le dessin prendra des proportions plus grandessans se déformer, et on pourra en obtenir des repro-ductions amplifiées juste au degré nécessaire.

Parmi les produits anglais figurait une bride, oùl’élasticité du caoutchouc avait été utilisée d’une ma-nière heureuse. J ai courroie de cuir qui constitue labride se bifuvque des deux cotés de la tête du chevalen deux courroies différentes, presque parallèles : l’une,en cuir, s’attachant à l’anneau inférieur du mors ;l’autre, plus courte, en caoutchouc, s'attachant à l’an-neau supérieur. Tire-t-on modérément cette bridecomplexe, on n’agit d'abord que sur l’anneau supé-rieur du mors, et par l'intermédiaire du caoutchouc,qui s'allonge, la courroie de cuir qui lui est parallèlese développe, mais incomplètement et sans so tendre.Mais, dès que par une traction plus grande on a atteint