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Complément du dictionnaire des arts et manufactures / par Ch. Laboulaye
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CARDES.

CARDES.

3450.

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tv dispos© sous la forme d’uije lentille bi-convexcdont les deux surfaces ont le môme rayon (fig. 3150).Dans ce cas, on a déter-miné la figure de la massoen assujettissant sa sur-lace fi passer par une cir-conférence fixe, et la nou-velle forme satisfait fi laIbis à la condition géné-rale et fi une conditionparticulière.

A l'aide de deux con-tours circulaires métalli-ques, on peut obtenir uncylindre d'huile parlait,rumme fi l’aide d’arôtesen fil métallique d'un so-

l.de polyëdraî, des polyèdres dont les faces sont con-vexes si l’huile est en excès, planes si on en enlève unequantité convenable, et concaves si l’on en retire da-vantage.

L’expérience la plus curieuse est celle qui s’exécuteen imprimant, au moyen d’un axe central, un mouve-ment de rotation h la srdière qui se forme directe-ment, ce qui s'obtient en la traversant par une tigemétallique à laquelle on imprime un mouvement rota-toire. Il se communique bientôt à la masse de l’huile(fig. 3451), et lasphère s’aplatit parl’effet de la forcecentrifuge, d’au-tant plus qu’elletourne plus vite.

On sait que c’estfi cette cause quel’on attribue l’a-platissement versles pôles du sphé-roïde terrestre.

Mais quand larapidité de la ro-tation augmente, l’aplatissement de la goutte d’huiles’exagère, elle se creuse, et bientôt se sépare en deuxparties : l’une, intérieure, est un sphéroïde qui resteau centre; l’autre est un anneau qui l’entoure, etque l’on ne peut s’empêcher de comparer, pour sonorigine et son aspect, à l’anneau de la planète .Saturne .

CARDES, CARDAGE. Le travail des anciennescardes î\ manche, dit M. Poncelet, constitue au fondle type sur lequel ont été établies les machines rota-tives modernes. Pour s’en rendre compte, il suffit deremarquer que, selon le sens parallèle du mouve-ment de la carde mobile sur la carde fixe, les fibres,naturellement très-courtes de la laine et du coton,sont ou étirées, dressées et distribuées complètemententre les deux cardes, ou complètement enlevées àl’une d’elles par l’autre.

En enroulant par bandes égales et parallèles descuirs armés de pareilles cardes autour de rouleaux, detambours horizontaux parfaitement cylindriques, ainsique l’avait tenté, dès 1748, Paul-Louis, et faisanttourner l’un vis-à-vis de l’antre, pour ainsi dire tan-gentiellement, ces cylindres, on a pu, selon l’incli-naison des dents, le sens et la différence des vitessesrelatives, opérer d’une manière continue l’étirage, leredressement parallèle des fibres primitivement cour-bées, infléchies, entrelacées de mille manières, actionconsommant un travail de moins en moins grand à me-sure que le parallélisme se produit ; dégarnir alternative-ment le plus gros des cylindres pour en garnir l’autre,ou la succession des autres qui l’entourent extérieure-ment, et finalement produire, à l’aide d’un dernier cy-lindre délivreur, des nappes cylindriques continue*,

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détachées au moyen d’un large peigne horizontal à ma-nivelles extrêmes, attribué par les uns à un certain Lees,par les autres à Arkwright. Ce peigne animé, tangen-tiellemcnt au dernier cylindre cardeur, d’un mouvementalternatif vertical, détache incessamment les fibres danstoute la longueur, pour en former ensuite des nappescontinues ou de simples rubans par le passage au tra-vers d’une sorte d’entonnoir, suivi de cylindres com-presseurs, puis finalement enroulées en hélice autourd’un cylindre uni qui permet de les soumettre à desopérations ultérieures.

Ces diverses et ingénieuses opérations n’ont guèreété modifiées, quant au principe, depuis l’époque de17711, où elles enrichirent l’aïeul de sir Robert Pool,auquel fut délivrée une patente pour divers perfection-nements; elles furent aussi l’une des principales sourcesde la fortune d’Arkwright, en lui fournissant le pointde départ de son ingénieux système de multiplicationet de mélange des rubans par doublages et étiragessuccessifs, conception qui est devenue la base de toute-filature automatique. Avant l’application de ce prin-cipe, on n’était point parvenu à produire des fils dequalités supérieures, à cause du manque d’égalité,d’homogénéité des fibres; ce qui est devenu facile euaugmentant le nombre des étirages avec l’élévatioudu numéro du fil.

L’action de la carde, pour redresser les fibres partraction, exercée sur des fibres adhérentes entre elleset avec l’autre carde, suffit parfaitement pour les fila-ments courts, mais elle ne pourrait s’appliquer avecavntagc aux filaments longs; elle les déchirerait,les laisserait repliés. C’est alors au peignage qu’ilfaut avoir recours. Nous verrons, en parlant de lateigneuse Heilmànn , tous les avantages que l’onpeut retirer du peignage de petites mèches successi-vement détachées et réunies à la masse, pour obtenirdes perfectionnements que la carde seule ne permetpas de réaliser, môme pour les fibres courtes.

Quoi qu’il en soit, la carde ne demeure pas moinsl’outil essentiel de la filature, le moyen par excellence,dans les cas où elle est applicable, de faire entrer lesfibres textiles, dans un état de préparation convenableet en quantité facile à régler, dans le courant des opé-rations de la filature, qui les transforme automatique-ment ensuite, avec la plus grande facilité, en fils degrosseur et de torsion déterminées.

Évidemment ce n’est que la perfection et le bon mar-ché de la fabrication des rubans de cardes, qui ont per-mis de tirer si grand et si utile parti de cet outil, etl'invention de la machine qui sert à les fabriquer dansces conditions est une des bases fondamentales de lafilature automatique.

Nous compléterons ce que nous avons dit de lamachine à bouter les cardes, inventée en 1795 parM. Amos Whittmore des États-Unis d’Amérique ,en donnant la figure et la légende d'une élégante ma-chine de cette nature (fig. 3452) qui excitait l'admira-tion générale à l’Exposition universelle de Londres .

Les pièces qui se meuvent sont montées sur unobase et un piédestal B en fonte, supportant une massoearrée-C. Le ruban qui sert de point de départ à lafabrication de la carde se déroule d’un rouleau placéà la partie inférieure. 1 est la poulie motrice, montéesur l’extrémité (l’un axe garni d’excentriques qui don-nent le mouvement aux diverses pièces que nous allonsdécrire et que des ressorts ramènent à leur place ; 2est le stoppeur , qui permet d'arrêter la machine lorsquele fil de fer manque sur la bobine 4, ou pour quelqueautre cause; 3, les pinces qui amènent la longueur defil convenable; 5, les couteaux qui le coupent à la lon-gueur voulue; 6, 7, 8, pièces qui conduisent le fil auxdeux doigts 9 et 10, qui le replient carrément etl’enfoncent dans les trous percé? dans le ruban ;