CHALEUR. PERDUE.
SG CHALEUR TERDUE.
i.-omlensation. — Lorsque les circonstance® locales exi-gent l’emploi d’une machine sans condensation, ce quiest presque général dans les ateliers de l'intérieur desvilles où l’on dispose rarement d’assez d’eau pourcondenser, il se perd, avec la vapeur qui a travaillé,une quantité considérable de chaleur, dont on peutencore obtenir un important service. Dans une ma-chine de 30 chevaux, au prix de 4 fr. les 100 kilog.<lc houille, la vapeur perdue équivaut à 1,500 kilog.de combustible et à 60 fr. par jour.
« Chauffage de l'eau d'alimentation . — Le chauffagedes ateliers, séchoirs, de l’eau destinée à alimenter lachaudière ou à tout autre usage, comme blanchiment,teintures, tels sont les premiers emplois qui se pré-sentent. Un appareil bien disposé peut recueillir toutecette chaleur sans donner au piston une arrière-pres-sion et, par conséquent, sans gêner en rien la marchede la machine.
« La première pensée qui sc présente est de chaufferdirectement l’eau, en y condensant la vapeur. Mais sil’on fait plonger le tuyau d’échappement dans l’eau,on donne lieu à unfe arrière-pression qui charge lamachine, outre qu’il se fait des claquements continuelspar la condensation de la vapeur dans l’eau froide,c’est un bruit très-désagréable qui produit des ébran-lements et brise les tuyaux et les appareils. Si, aucontraire, la vapeur passe à la surface de l’eau, on nechauffe pas la masse entière, parce que l‘eau chaude,étant plus légère, reste à la surface, et défend lescouches inférieures de l'action de la vapeur. Le chauf-fage est plus complet et plus égal, en faisant agir lavapeur à travers une enveloppe métallique, et un tuyauplacé au fond du réservoir.
« Mauvaise disposition d'appareil. — Le but que scsont proposé quelques constructeurs, dans les appa-reils de ce genre, a été de multiplier considérablementles surlaces, et les circonvolutions que parcourentl’eau et la vapeur, afin de réduire l’emplacement oc-cupé par l’appareil. Mais ils ont ainsi compliqué leursdispositions sans profit, rendu les ajustements diffi-ciles à faire et faciles à déranger.
« Dispositions à adoj>ter. — Au lieu de refouler l’eaudans l’appareil de chauffage contre la pression deschaudières, il faut chauffer l’eau qui descend d’unréservoir supérieur; puis on l’aspire pour l’envoyerdirectement dans les chaudières, sans circulation nichoc. Le réservoir-chauffeur est placé il 2 ou 3 mètresau-dessus de la pompe, pour que la pression de la co-lonne d’eau soulève les clapets, qui no s’ouvriraientpas si la pompe était obligée d’aspirer, de bas enhaut, de l’eau presque bouillante ; quand le corps depompe est rempli d’eau à 00 ou 80°, la vapeur quecette eau développe, à chaque coup de piston, sutfitpour remplir la capacité du cylindre, empêcher levide de se former, et, par conséquent, l’eau demonter.
« Il faut toujours choisir des appareils très-simplespour le réchauffement de l’eau. » Nous en donneronsdeux, l’un construit par M. Grouvellc et l’autre deMM. Le Gris et Choisy.
« Le premier et l’un des meilleurs est un double tuyau,dont l’un, intérieur, est en cuivre, et l’autre, extérieur,en fonte ; la vapeur passe dans le tuyau central, auquelil faut donner un grand diamètre et surtout de la lon-gueur, d’abord pour que la surface de refroidissementsoit suffisante, et ensuite pour que la sortie de vapeuret le travail de la machine ne soient pas gênés ; on ar-rondira aussi les coudes, et on évitera les étranglements.
« Dans le tuyau extérieur, circule Veau destinéeà être chauffée; on l’introduit froide à une extrémité,au moyen d’un tuyau descendant du réservoir, etaprès quelle a circulé et s’est chauffée entre les deuxtuyaux en sens contraire de la vapeur, la pompe ali •
mentaire l'appelle par son tuyau d’aspiration, quiest branché sur le tuyau de fonte.
« Cet appareil, qui chauffe en même temps de l’eaupour le blanchiment des toiles, et un sécdioir, fonc-tionne dans la filature de lin de Gerville (Seinc-Infé-ricure), que nous avons organisée et montée. Lescalculs nécessaires à son établissement, et sa des-cription détaillée, suffiront pour l’exécuter et eu varierles applications. » (Voir le Guide du Chauffeur .)
Appareil de chauffage d'eau d'alimentation de MM. Le-gris et Choisy. — Le principe de ce système est defaire arriver l’eau froide, destinée à l’alimentation deschaudières, tres-divisée et en pluie dans une capsule percéede trous au centre du courant de vapeur perdue d’unemachine à vapeur (fig. 3453).
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3153.
L’appareil consiste en un cylindre en tôle A, duhaut duquel part un tuyau d’échappement de vapeurperdue, d’un diamètre proportionné à la puissancede la machine, et qui porte au dehors tout ce que lechauffage de l’eau d’alimentation n’a pas utilisé.
En bas de ce cylindre et d’un côté arrive, par untuyau C, de même grosseur que le précédent, le jetde vapeur perdue de la machine. En face de ce jet,le courant d’eau froide destinée à l’alimentation estamené par un tuyau D et une cuvette percée de trous Equi réduit l’eau en pluie; le tuyau D est muni d’unrobinet d’arrêt F.
Un peu au-dessous de l’appareil A et à côté, estun cylindre G qui sert de réservoir à l’eau, aprèsqu’elle a été chauffée. Un flotteur H en détermine leniveau ; la tige du flotteur passe à travers une boîte àétoupes, placée en haut du cylindre, et conduit, aumoyen d’un levier, un robinet I qui règle l’entrée del’eau dans le cylindre À.
Quand l’eau a été chauffée par son passage aucentre du jet de vapeur, elle arrive dans le cylindre Gau moyen d’un tuyau K de 0 m ,27 au moins de dia-mètre, du bas duquel une tubulure L, fermée par unrobinet, permet d’extraire les dépôts terreux que laplupart des eaux d’alimentation laissent précipiter ens’échauffant.
L’eau ainsi chauffée est aspirée par le tuyau M dola pompe alimentaire de la machine à vapeur.